Selon une étude relayée par SciencePost, la domestication du cochon aurait commencé non dans les champs… mais dans nos poubelles.

Dans un article publié le 24 juin 2025, SciencePost revient sur une découverte fascinante : l’analyse du tartre dentaire de cochons néolithiques suggère que les premiers porcs domestiques se sont d’abord approchés des humains pour… manger leurs déchets. L’étude, menée par l’archéologue Jiajing Wang (Dartmouth College), bouleverse les théories classiques sur la domestication des animaux d’élevage.
Les dents parlent
Les cochons étudiés proviennent des sites de Jingtoushan et Kuahuqiao, dans l’actuelle province du Zhejiang, en Chine. Leur tartre fossilisé a révélé :
- des granules d’amidon cuits, provenant de riz, d’ignames ou d’autres tubercules ;
- et surtout, des œufs de trichocéphales, des parasites humains, preuve d’une proximité étroite avec les excréments ou l’eau souillée des populations humaines.
Autrement dit, ces animaux ne vivaient pas simplement près des hommes : ils partageaient leur environnement le plus intime… jusqu’à leurs déchets corporels.
Une cohabitation opportuniste
SciencePost cite les chercheurs : ces cochons ne faisaient pas l’objet d’un élevage structuré à l’origine. Ils profitaient simplement d’une niche écologique créée par l’activité humaine. Cette proximité alimentaire aurait progressivement entraîné une forme de familiarisation, puis une sélection, amorçant ainsi le processus de domestication.
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Ce modèle, dit commensal, est très différent de l’image d’Épinal du fermier domestiquant son bétail à force de patience : ici, c’est l’animal qui s’invite, et l’humain qui finit par l’intégrer.
Une redéfinition de la domestication
Jusqu’à présent, les chercheurs traquaient les signes de domestication dans les os, les gènes ou les morphologies. Mais cette étude suggère que la domestication comportementale précède largement les transformations physiques. En d’autres termes, le cochon a d’abord appris à vivre parmi nous avant de ressembler à ce que nous appelons aujourd’hui un animal d’élevage.
Une histoire qui nous concerne
Relayée par SciencePost, cette découverte replace la gestion des déchets au centre d’un événement fondateur. La domestication du cochon ne serait pas née de l’élevage raisonné, mais d’un désordre organisé : nos restes de nourriture, nos excréments, nos rejets.
Et si, finalement, l’animal le plus emblématique de la ferme était à l’origine… un éboueur opportuniste ?
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