Un an de prison pour les spectateurs, 37 000 animaux à entretenir aux frais de la Fédération nationale des chasseurs : avec sa nouvelle proposition de loi, Aymeric Caron avance un peu plus dans le grand-gignol.

Aymeric Caron (accompagné de la sémillante et mesurée Sandrine Rousseau) vient de découvrir une nouvelle catégorie de délinquants : les gens qui regardent les autres. Après le chasseur, voici le spectateur. Un individu particulièrement dangereux…puisqu’il regarde.
Dans une proposition de loi déposée le 13 octobre, le député entend interdire la chasse à courre. Jusque-là, rien de neuf. La vénerie est régulièrement promise à l’échafaud parlementaire, avec à peu près autant de succès que les motions de censure de ses amis insoumis.
Mais Caron a décidé d’innover. Son texte prévoit un an de prison et 15 000 euros d’amende pour toute personne participant à une chasse à courre « comme chasseur ou spectateur ».
Et naturellement, monsieur le député a oublié de le définir la notion de spectateur.
Celui qui suit une chasse à vélo ? Celui qui accompagne les cavaliers ? Celui qui se poste au carrefour pour voir passer les chiens ? À partir de combien de minutes d’observation devient-on un criminel en puissance ? Faut-il détourner les yeux au son d’une trompe ?
Le plus drôle, c’est que les militants animalistes passent leur temps à suivre les équipages pour les filmer. Avec une rédaction aussi vague, certains pourraient finir par devoir expliquer à un juge la différence entre observer une chasse pour la dénoncer et y participer comme spectateur. Voilà qui promet de passionnants débats sur la liberté de regarder les gens.
Mais le député a aussi des idées sur la manière de dépenser l’argent des autres.
Sa proposition impose la retraite des quelque 30 000 chiens et 7 000 chevaux des équipages. Direction des structures adaptées, dont les conditions seront précisées ultérieurement par décret. Et qui paiera l’hébergement, la nourriture et l’entretien de cette petite arche de Noé ? La Fédération nationale des chasseurs.
C’est magnifique.
On interdit une pratique à des gens, puis on présente la facture à tous leurs collègues. Le chasseur de bécasses, qui n’a jamais approché un cheval de vénerie, contribuera indirectement, par les ressources de son organisation nationale, à l’entretien des animaux des autres. Le sauvaginier financera la pension des chiens courants. Et personne ne sait combien coûtera l’opération.
Pas de budget. Pas de calcul. Pas de calendrier détaillé. La générosité politique atteint toujours des sommets lorsqu’elle est financée par quelqu’un d’autre.
On pourrait au moins espérer qu’un texte aussi radical repose sur une démonstration particulièrement solide. Que nenni.
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Pour établir que la chasse à courre ne contribue pas à la régulation du gibier, l’exposé des motifs ressort une déclaration ministérielle d’octobre 2020. Souvenez-vous : le Covid, les attestations dérogatoires, les déplacements réglementés et les Français enfermés chez eux. Le ministère devait alors déterminer quelles activités de chasse pouvaient continuer pour des raisons de régulation.
Six ans plus tard, cette appréciation circonstancielle devient un argument général contre la vénerie.
Avec la même méthode, on pourrait démontrer que le théâtre est inutile puisque les salles étaient fermées pendant le confinement.
Pour le reste, le dossier donne largement la parole aux associations animalistes, aux adversaires historiques de la vénerie et à leurs récits biaisés de toutes parts. Plus rien ne semble plus audible pour Caron, au-delà de l’outrance inhérente à l’activisme.
Le contradictoire tient une place nettement plus modeste. Un sondage annonçant 78 % de Français favorables à l’interdiction vient coiffer le tout. Comme si une majorité dans une enquête d’opinion dispensait de rédiger correctement une loi.
Bon disons les choses : cette proposition a toutes les chances de rejoindre la collection de ses devancières, déposées depuis vingt ans par des députés de presque toutes les couleurs politiques et jamais adoptées. Pour le moment, elle n’a même pas de date de discussion en séance.
Aymeric Caron ne se contente pas de vouloir interdire une pratique qu’il condamne. Il entend étendre la menace pénale à ceux qui la regardent, imposer à une organisation professionnelle la prise en charge d’animaux qui ne lui appartiennent pas et remettre à plus tard les détails embarrassants.
Le tout au nom du progrès.
La chasse à courre consiste à poursuivre un animal jusqu’à son épuisement, nous expliquent ses adversaires. À voir revenir régulièrement leurs propositions d’interdiction, on finirait presque par se demander si les députés abolitionnistes ne pratiquent pas eux-mêmes une forme de vénerie parlementaire. Avec une différence notable : dans celle d’Aymeric Caron, c’est la liberté qui risque de finir à l’hallali.
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Savoureux 😊
Bonsoir,espérons que tous ces farfelues disparaissent en 2027 aux législatives.
Le jour où ces extrémistes proposeront quelque chose de constructif, au lieu de vouloir tout interdire, les poules auront des dents.