FFTir : 587 000 tireurs fichés à vendre

Chasse Actu
date 20 octobre 2026
author Léa Massey

Un pirate affirme détenir les données de 586 854 licenciés de la Fédération française de tir, photos d’identité et certificats médicaux compris. La fédération ne s’est pas exprimée publiquement.

Le 17 octobre, le site spécialisé FrenchBreaches a signalé la mise en vente, sur un forum cybercriminel, d’une base attribuée à la Fédération française de tir. Son auteur, qui signe ChimeraZ, revendique 586 854 fiches de licenciés, 64 000 photos d’identité et 19 000 documents, dont des certificats médicaux, ainsi que des informations sur 1 659 clubs. L’archive pèserait 40 Go pour 988 569 lignes, selon ZATAZ. Ces volumes reposent sur les seules déclarations du pirate. D’après lui, environ 140 000 fiches comporteraient une adresse postale.

Toujours selon FrenchBreaches, le pirate serait entré par un compte dépourvu de double authentification, puis aurait exploité une faille donnant accès aux dossiers à partir de leurs identifiants internes. Les services informatiques de la fédération auraient mis plusieurs jours à repérer l’intrusion, alors que photos et documents étaient en cours d’extraction.

L’extrait diffusé avec l’annonce compte 300 lignes, portant sur 200 licenciés et 100 clubs alsaciens. Selon Fuites Infos, 95 de ces clubs figurent sous le même nom et à la même adresse dans l’annuaire public de la fédération. Vingt-cinq des licenciés appartiennent aux catégories jeunes.

Le site de la FFTir affiche 300 012 licenciés, soit environ la moitié du volume annoncé. FrenchBreaches évoque une base mêlant environ 250 000 membres actifs et 350 000 anciens adhérents. Cyberattaque.org signale dans les fichiers des traces datées de septembre 2026, dont des validations de licence et de certificats médicaux pour la saison 2026-2027. Aucun lien technique avec l’intrusion de 2025 n’est établi à ce stade.

Entre le 18 et le 20 octobre 2025, la fédération avait subi une intrusion dans ITAC, son système de gestion des licences, et l’avait reconnue publiquement le 23 octobre. Le parquet de Paris avait alors évoqué environ 250 000 licenciés actifs et 750 000 anciens adhérents concernés. Des agressions et des vols d’armes à feu ont suivi chez plusieurs adhérents, dans différentes régions.

A lire aussi : Permis de chasser : vos données exposées

À Nice, un homme s’est présenté chez un tireur sportif comme policier chargé de contrôler ses armes, puis il est reparti avec plusieurs d’entre elles. Le 6 janvier 2026, la brigade de lutte contre la cybercriminalité de la préfecture de police de Paris a interpellé un jeune homme de 18 ans, soupçonné par le parquet d’avoir participé à la fuite et à la revente des données sur Telegram et des forums cybercriminels.

Des chasseurs dans le fichier

Une partie des chasseurs est licenciée à la FFTir pour s’entraîner en stand. La licence ne renseigne ni sur la détention d’une arme ni sur son lieu de rangement. Après la fuite de 2025, la fédération avait rappelé à ses licenciés que la police ne procède jamais à un contrôle d’armes improvisé au domicile.

Le RGPD impose à tout responsable de traitement de notifier une violation de données à la CNIL dans les 72 heures suivant sa découverte, et d’en informer directement les personnes concernées lorsque le risque pour elles est élevé. Les certificats médicaux revendiqués relèvent des données de santé. Si la fédération confirme l’intrusion, chaque licencié saura par ce courrier si sa fiche figure dans le lot.

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3 Commentaires :
  1. Pineau
    20/10/26

    Prochainement ce sera certainement le SIA….belle invention!
    Ces fichiers intéresseront les mouvements insurrectionnels à la manoeuvre.

    1. Marc
      20/10/26

      Oui , je suis bien d’accord avec vous . Tout ça n’est qu’un début , on n’est pas sortis des ronces .

  2. GUILLAUME
    20/10/26

    C’est tout de même dingue qu’on puisse avoir encore de nos jours des bases de données des adhérents d’une fédération aussi importante qui ne soient pas cryptées ou chiffrées, rendant autrement plus difficile la lecture des fiches.

    C’est coupable cette négligence.

    Les TPE et PME sont invitées depuis plusieurs années à chiffrer leurs données.

    Voir par exemple, le site ministériel FRANCE NUM FR

    Et bien d’autres.

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