Le pays brûle : les anti-chasse reculent

Anti-chasse
date 21 octobre 2026
author Richard sur Terre

Alors que le pays défile contre la vie chère et subit des violences inédites, l’ASPAS, One Voice et AVES reportent leur marche anti-chasse. Le « contexte » qu’elles invoquent, c’est que la France s’en tape.

Le samedi 17 octobre, la France a manifesté contre la vie chère, dans le prolongement du mouvement lycéen et étudiant. Lycéens, gilets jaunes et autres mécontents ont fait converger leurs colères. Le ministère de l’Intérieur a compté 550 000 manifestants, dont 110 000 à Paris. La CGT réclamait au Premier ministre la fin de Parcoursup et une refonte du budget. Dans les cortèges, on parlait du plein d’essence, du chariot de courses, des places en fac. 

Les sondages disent la même chose. Publiée le 15 octobre, une enquête CSA place le pouvoir d’achat, l’insécurité et la santé en tête des priorités des Français pour la présidentielle de 2027, le premier étant cité par 46 % des sondés. Le baromètre Cofidis évalue à 512 euros la somme qui manque chaque mois aux ménages pour vivre confortablement. Ils l’affecteraient d’abord à l’alimentation. Près de 84 % des Français constatent la hausse du carburant. 

Dans ce pays-là, une coalition d’associations animalistes avait prévu de défiler le 24 octobre. Le rendez-vous était fixé place Saint-Sulpice à 13h30, avec arrivée au Panthéon. L’objet de la marche était la suspension de la chasse dans les forêts brûlées cet été. La pétition réclame un périmètre d’environ cinq kilomètres autour des zones sinistrées. Une pétition portée par des associations qui veulent interdire la chasse partout, tout le temps. Incendies ou pas.

Les incendies de l’été ont laissé des communes à reconstruire, des exploitations à relever, des familles à reloger. Bruno Valentin, auteur de la pétition, a pourtant écrit à l’Élysée, à Matignon et à la Mission Reconstruction et Adaptation des Territoires. Sur les cendres, l’urgence qu’il a portée jusqu’aux bureaux chargés de la reconstruction, c’est le chevreuil. 

Le Parti animaliste a testé cette ligne dix jours plus tôt à Périgueux, Bordeaux, La Rochelle, Metz et Colmar. Nous avons raconté ces « cortèges » clairsemés ridicules dans nos colonnes. Oui, la France avait d’autres rendez-vous.

A lire aussi : Anti-chasse : où est la marée populaire ?

Mardi, l’ASPAS a annoncé le report. La préfecture aurait « fortement déconseillé » la marche au vu du « contexte politique et social actuel ». Les organisateurs reconnaissent donc que leur cause ne peut pas occuper la rue quand le pays y descend pour ses fins de mois. Sauf qu’ils traitent cette colère comme une météo défavorable à laisser passer avant de ressortir les pancartes.

Le même communiqué déplore que « l’État n’a toujours pas répondu sur le fond ». Cette semaine, l’État compte ses blessés, ses interpellés et le coût d’un hôtel de ville cramé. Le gouvernement a qualifié de gravité inouïe les violences du 17 octobre. La coalition attend de lui une réponse sur la chasse aux abords des parcelles brûlées. 

Les organisateurs annoncent une nouvelle date « au plus tôt début 2027 ». Ils reviendront donc en pleine campagne présidentielle, face à des électeurs qui placent les courses, la sécurité et l’accès aux soins devant tout le reste. 

La marche contre la chasse sera donc un échec, je vous l’annonce. Parce qu’un pays qui n’arrive plus à vivre correctement se cogne de la chasse. Et il a bien raison. Restent les idéologues qui tentent des trucs à droite et à gauche, au gré de l’actualité. Ça tente de surfer. Mais la vague peine à venir. En attendant il reste les rames.

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Richard sur Terre
Richard sur Terre Vidéaste et rédacteur en chef de Chasses Éternelles, Richard sur Terre travaille sur les questions liées à la chasse, à la ruralité et à la biodiversité.
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1 Commentaire :
  1. Ines
    21/10/26

    Désepérant, ils sont vraiment déconnecté de la réalité. Ils ont les moyens quand même pour ne pas se soucier du pouvoir d achat du carburant et j en passe. Comment peut on tenir un discours pareil ?quand des maison sont brûler qu il faut reconstruir, d ailleurs ou était les écolos qui veulent abolir tout lien à la nature. Leur idée de la nature se gère toute seule à disparue ? Personne pour aider les pompiers, les animaux qui pouvaient être sauvé rien. (Je ne parle que de ceux qui se font voir je suis sur qu une minorité qui était dans ce secteur à dû aider). En bref que du vent qui visiblement souffle a contre-sens.
    Bonne journée

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