Le sénateur écologiste demande d’interrompre la chasse au moins six mois après un incendie. Le gouvernement avait déjà répondu sur ce sujet à l’Assemblée, seize jours plus tôt.
🚫🦌🔥🌳 CHASSE : Le sénateur Yannick Jadot (EELV) dépose la Question écrite N°10412 visant à suspendre la chasse dans les zones forestières détruites par des incendies pour préserver les animaux survivants. 🟢 FAVORABLE À LA CAUSE ANIMALE Source: https://t.co/xewuRL4ij0
— ANIMALEMENT POLITIQUE (@AnimalementPol) October 28, 2026
Yannick Jadot a fait publier le 22 octobre, au Journal officiel du Sénat, une question écrite intitulée « Suspension de la chasse dans les forêts détruites par un incendie ». Le sénateur écologiste de Paris y demande au gouvernement une circulaire invitant les préfets à suspendre systématiquement la chasse dans les zones significativement incendiées. Il réclame aussi une modification du cadre réglementaire, afin que la suspension couvre le temps du rétablissement biologique des milieux, avec un minimum de six mois. À l’appui, il cite la mortalité causée par le feu, le dérangement des animaux survivants, les besoins de recolonisation et le rôle des mammifères dans la dispersion des graines.
La réponse existe depuis le 6 octobre
Le 4 août, le député Emmanuel Maurel (Gauche démocrate et républicaine, Val-d’Oise) avait interrogé la ministre de la Transition écologique sur une suspension temporaire de la chasse dans les massifs touchés par les grands incendies de l’été. La réponse a été publiée au Journal officiel de l’Assemblée nationale le 6 octobre, seize jours avant la question de Yannick Jadot.
Le ministère y indique que le ministre délégué chargé de la transition écologique a invité les préfets, le 21 août, à apprécier localement l’opportunité de recourir à l’article R. 424-3 du code de l’environnement, au cas par cas. Le premier volet de la demande du sénateur, la mobilisation des préfets, était engagé deux mois avant qu’il la formule.
La même réponse détaille ce que les préfets ont décidé. Dans l’Aude, un arrêté du 5 août, précisé par six arrêtés complémentaires, réserve l’accès aux forêts et bois de plus de 4 hectares aux seules personnes autorisées, liste dont les chasseurs sont exclus. Dans le Var, un arrêté du 3 septembre interdit toute action de chasse pendant un an, renouvelable, sur les surfaces boisées incendiées.
Le Var a doublé le plancher
L’arrêté varois fait suite aux incendies du Gros Bessillon, qui a parcouru 6 300 hectares, et des Arcs-Taradeau. Il s’applique depuis l’ouverture générale du 13 septembre aux zones boisées brûlées de neuf communes : Les Arcs-sur-Argens, Barjols, Châteauvert, Correns, Cotignac, Montfort-sur-Argens, Pontevès, Taradeau et Le Val. Le préfet l’a pris après consultation de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage, avec un objectif affiché : favoriser le repeuplement des zones incendiées par le petit gibier.
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Le texte prévoit une exception. La chasse du sanglier en battue reste autorisée, en raison des dégâts que l’animal cause aux exploitations agricoles situées en lisière des massifs incendiés. Les battues se poursuivent au bord des parcelles calcinées, pendant que la chasse de toutes les autres espèces y est fermée pour douze mois, soit le double du minimum réclamé par le sénateur.
Le vrai sujet tient en dix jours
Sur un point, Yannick Jadot vise juste. L’article R. 424-3 permet au préfet, en cas de calamité, incendie, inondation ou gel prolongé susceptible de provoquer ou de favoriser la destruction du gibier, de suspendre la chasse sur tout ou partie du département. Cette suspension dure dix jours au maximum et peut être renouvelée. Ce format correspond à des crises brèves comme le gel, pour lequel une circulaire de 2013 organise déjà le recours à l’article.
Les préfets de l’Aude et du Var ont obtenu des durées plus longues par d’autres voies : la police de la prévention des incendies dans l’Aude, un arrêté d’un an renouvelable dans le Var, dont la réponse ministérielle ne précise pas le fondement juridique. La demande d’un cadre plus stable se défend. Un plancher uniforme fixé à Paris pour toutes les zones incendiées soulève en revanche une question que l’arrêté varois a réglée sur place : le sort du sanglier en lisière des forêts brûlées.
Au 29 octobre, aucune réponse n’a été publiée à la question de Yannick Jadot. Le ministère dispose déjà du modèle, rédigé le 6 octobre. Dans le Var, la prochaine décision tombera en septembre 2027, quand le préfet devra renouveler l’interdiction ou rouvrir la chasse sur les neuf communes.
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Si le sénateur EELV, Yannick JADOT, pouvait nous épargner pendant 6 mois au moins ses questions et demandes qui ne correspondent pas aux besoins du terrain… que ce soit pour la faune ou la flore.