Quatre ans d’attente pour quinze jours de pantes

Chasse Actu
date 06 novembre 2026
author Léa Massey

Les pantayres retrouvent leurs filets ce vendredi 6 novembre, après quatre saisons d’interruption. Le quota est publié, la saison ferme le 20 novembre. Il leur reste quinze jours.

Un filet, un poste, une alouette d’appel

Les filets se retendent ce vendredi 6 novembre dans les Landes, en Gironde, dans le Lot-et-Garonne et dans les Pyrénées-Atlantiques. La pante est un grand filet posé à plat sur un sol dégagé. Une alouette leurre attire ses congénères, le chasseur observe depuis son poste et déclenche lui-même la fermeture du filet, à la main, une fois les oiseaux identifiés. Personne n’avait pu le faire depuis l’automne 2022.

La fenêtre est étroite. La saison s’achève le 20 novembre, ce qui laisse quinze jours de pratique. Dans les Landes, la fédération départementale a délivré 200 autorisations annuelles et formé 360 chasseurs au cours du mois d’octobre pour préparer cette campagne écourtée.

98 702 alouettes, le même plafond qu’en 2021

L’arrêté publié au Journal officiel le 5 novembre fixe le nombre maximum de captures département par département : 56 672 dans les Landes, 38 600 en Gironde, 2 200 dans les Pyrénées-Atlantiques et 1 230 dans le Lot-et-Garonne, soit 98 702 oiseaux. Le total reprend à l’unité celui que le ministère proposait déjà pour la saison 2021-2022.

Ces chiffres sont des plafonds départementaux. L’historique du dossier montre l’écart possible avec les prises réelles : en 2017, selon le ministère, le quota de l’époque n’avait été atteint qu’à 28,7 %.

A lire aussi : Pantes et pantières : ce que prévoient les projets

Ce que le Conseil d’État a validé

Le 2 octobre, le Conseil d’État a rejeté les recours de la LPO et de One Voice contre les arrêtés du 28 août 2025 qui encadrent la pratique. Les juges ont estimé réunies les trois conditions de dérogation posées par la directive Oiseaux : sélectivité du mode de capture, prélèvement en petites quantités, absence d’autre solution satisfaisante. Sur la sélectivité, ils se sont appuyés sur les expérimentations conduites en 2023 et 2024, qui établissent un taux supérieur à 99,9 %.

Le cadre reste serré. Chaque chasseur doit détenir une autorisation, chaque capture doit être déclarée, et les installations sont soumises au contrôle. Dans les Pyrénées-Atlantiques, le président de la fédération, Didier Garat, a indiqué que l’OFB interviendrait sur les installations du Béarn et du Pays basque pour poursuivre l’évaluation de leur sélectivité.

La suite se joue sur les déclarations

La LPO a prévenu après la décision : « Nous n’avons pas épuisé toutes les voies de recours. » Les captures déclarées d’ici le 20 novembre seront les premières depuis l’interruption de 2022. Elles entreront dans le calcul des prochains plafonds, qui tiennent compte des prélèvements des saisons précédentes.

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