La putasserie de nos opposants peut parfois prendre des atours surprenants. Le site U-Trail vient d’en offrir une démonstration magistrale avec son article sur l’accident de chasse du Jura. Allez on passe à la caisse.
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— Franc Aller (@FrancAller_info) January 25, 2026
Coup de gueule ☝️
Parce que, bon, #bienveillance #chassePartage, merdre, à la fin.
La #chasse n'a pas à être justifiée, il faut l'expliquer, OK.
Mais les haineux mal-comprenants, ça suffit, hein.
On ne fait pas "profil bas", là, pauvre crétin 🤦♂️…
Une jeune femme de 25 ans reçoit une balle dans le pied lors d’un footing. Elle subit une lourde opération. Sa vie bascule parce qu’un abruti a encore choisi de s’affranchir des règles élémentaires de sécurité. Ce qu’il a fait, c’est littéralement le pendant d’un chauffard qui prendrait l’autoroute à contresens.
Et U-Trail, un site tenu par un gars qu’on pourrait qualifier de particulier, transforme ce drame en opportunité commerciale, glissant non pas un, mais deux liens publicitaires vers des gilets fluorescents Amazon au beau milieu de son « analyse ». Pleine page. Le tout assorti de boutons aguicheurs : « EN STOCK – COMMANDEZ MAINTENANT ».
L’indignation Wish
L’article commence fort. Indignation, consternation, appels à la responsabilité. U-Trail se drape dans les habits du défenseur des coureurs, fustige l’irresponsabilité des chasseurs, martèle que « trop, c’est trop ». Il est en colère, le lanceur d’alerte.
Il est en colère, mais quand-même…pas folle la guêpe : entre deux paragraphes enflammés, apparaissent des encarts publicitaires pour des gilets de sécurité. Pas discrets : en plein cœur du texte, juste après avoir évoqué la « lourde opération » subie par la victime. Sans trembler : « Vous avez peur ? Vous êtes choqués ? Parfait. Nous avons exactement ce qu’il vous faut. Cliquez ici. »
C’est du marketing ordurier dans ce qu’il a de plus abouti. Créer l’anxiété, puis vendre la solution. Une mécanique rodée, mais rarement appliquée avec un tel sens du timing. Il vient carrément monter son petit stand de foire devant le lit de la malheureuse victime.
Une rhétorique préfabriquée
Sur le fond, le message de u-Trail tient en peu de mots : la nature serait devenue un espace intrinsèquement dangereux, la chasse une menace diffuse, et la solution relèverait du comportement individuel des non-chasseurs, sommés de se signaler, de s’équiper, de s’adapter.
A lire aussi : Utrail.com : le business du mensonge anti-chasse
L’accident n’est pas présenté comme une défaillance individuelle, mais comme une conséquence quasi naturelle de la chasse elle-même. Or la fédération s’est portée partie civile précisément pour dire l’inverse : cet homme-là n’a rien à faire à la chasse. Parce qu’un chasseur qui tire sans identifier, qui blesse une joggeuse, sort du cadre, viole les règles, doit dégager. Point.
Plus savoureuse encore est la tentative d’analyse sociologique du changement de discours des chasseurs. U-Trail s’émerveille de constater que, cette fois, les chasseurs reconnaissent leurs manquements sans chercher à minimiser. Extraordinaire retournement, selon eux ! Signe que « le vent tourne » ! Preuve que les chasseurs « sentent le rapport de force symbolique bouger » !
Mais quel ramassis de fariboles mes amis… Les chasseurs, à l’image de Chasses Eternelles, n’ont jamais nié les faits lorsqu’ils étaient établis. Contrairement à ce qu’imagine ce marchand de gilets, personne ne se réfugie derrière des « histoires de ricochets » ou de « propriété privée » quand un accident grave survient. Cette prétendue évolution du discours n’existe que dans l’esprit créatif d’un dropshipper à deux sesterces.
Les fédérations de chasse ont toujours sanctionné les manquements graves et se sont constituées partie civile dans de nombreuses affaires par le passé. Mais reconnaître cette constance historique ne permettrait pas de vendre l’idée d’un « tournant décisif » — et donc de multiplier les clics anxiogènes vers les liens affiliés. U-Trail fabrique de toutes pièces une évolution qui lui permet de justifier son alarmisme commercial. C’est aussi simple que malhonnête.
Les formules sont calibrées pour faire réagir. « Les bras nous en tombent », « trop, c’est trop », « zéro accident est une fiction ». Du prêt-à-penser livré clé en main, avec sa dose d’indignation et ses questions rhétoriques qui n’attendent aucune réponse. Le lecteur n’est pas invité à réfléchir, mais à s’indigner, à avoir peur, et surtout à acheter.
Le cynisme comme modèle économique
U Trail passe par un système d’affiliation Amazon. Autrement dit, le site empoche une commission à chaque achat déclenché par la peur qu’il a contribué à nourrir. Un business model bâti sur l’exploitation méthodique de l’angoisse collective.
On pourrait objecter que vendre des gilets de sécurité n’a rien de condamnable en soi. Certes. Mais tout est dans la manière. Glisser des publicités entre deux phrases sur une femme hospitalisée, c’est franchir une ligne. Transformer un fait divers en rampe de lancement pour du merchandising, c’est faire du malheur d’autrui un produit dérivé.
Et puis il y a ce dernier paragraphe, presque touchant d’hypocrisie : « uTrail tient à adresser à la victime tous ses vœux de bon rétablissement. » Comme si, après avoir transformé son accident en vecteur publicitaire, un petit mot compatissant suffisait à rattraper l’ensemble.
U-Trail ne semble même pas percevoir le problème. Le site surfe sur la vague émotionnelle avec l’assurance tranquille de celui qui sait que l’indignation paie, littéralement.
Une question de dignité
On peut défendre la cause des coureurs. On peut alerter sur les dangers de la chasse. On peut même vendre des gilets de sécurité. Mais on ne peut pas faire les trois en même temps sur le dos d’une femme hospitalisée.
Pendant ce temps, dans le monde réel, les acteurs sérieux travaillent à des solutions concrètes. En novembre 2025, la Fédération Nationale des Chasseurs et la Fédération Française de la Randonnée Pédestre ont renouvelé leur convention de partenariat intitulée « Vivre la nature ensemble ». Formation des adhérents, signalétique des zones de chasse, charte commune des bons comportements, actions de médiation locale : voilà ce que font ceux qui cherchent véritablement à améliorer la cohabitation.
Il y a quelque chose de profondément malsain dans cette façon de transformer un drame en opportunité commerciale. Quelque chose qui dépasse la simple question du bon goût pour toucher à la dignité humaine. On peut s’indigner des accidents de chasse. On peut même en faire un combat. Mais on ne devrait jamais en faire un commerce.
A voir en vidéo :











Utrail c’est du ChatGPT en automatique. Je pense que le gars relit à peine ses textes avant de shooter. Seul objectif : Max buzz.
Richard, ce site est anti chasse notoire ,j’ai déjà lu plusieurs interventions, et le trail est bien secondaire, ce qui a été remarqué plusieurs fois par les pratiquants de ce sport.
Et vous vous y connaissez en marketing! En éthique moins …
Relayer des propos venus d’influenceurs-insulteurs aux discours limites et problématiques sur X, fallait oser! Je serais curieux de croiser le nombre de trailers ( on ne parlera pas de moyenne d’âge ni autre conditions de santé… ) ,de chasseurs et de citoyens opposés à l’une et/ou l’autre pratique. Allez, tant que vous continuez a vendre des mugs ..
Gotti,d après vous faudrait se laisser insulter, parfois avec des mensonges,sans dénoncer.le plus important,souhaitons un bon rétablissement a cette dame et agissons ENSEMBLE pour éviter que cela se reproduise en partageant l espace en bonne intelligence.
Bonjour, soyons pragmatiques,on demande, et même c’est une obligation, un gilet de haute visibilité pour les cyclistes par mauvaise visibilité de jour ainsi que de nuit(224 décès en 2024 sur la route plus les blessés),on l’oblige en battues,alors pourquoi pas pour les autres usagers de la nature (coureurs, marcheurs, vététistes, etc..)car certains ignorent les panneaux , bien sûr les risques sont infimes,mais allons quand même tous dans le sens de la sécurité.