L’ASPAS publie un article à charge contre la politique gouvernementale sur le loup. Derrière les bonnes intentions affichées, une rhétorique militante qui dessert sa propre cause.
En déplacement en Haute-Marne ce lundi 16 février 2026, les ministres Annie Genevard et Mathieu Lefèvre ont fait de nouvelles annonces totalement ahurissantes contre les loups… 👊 Lire la réaction de l'ASPAS : https://www.aspas-nature.org/loup-le-plan-diabolique-du-gouvernement-se-precise/
— ASPAS (@aspasnature.bsky.social) 16 février 2026 à 18:36
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« Loup : le plan diabolique du gouvernement se précise… » — voilà ce que l’ASPAS (Association pour la Protection des Animaux Sauvages) a choisi de publier le 16 février 2026, au lendemain d’annonces ministérielles sur la gestion du loup en France. Diabolique. Le mot est lâché, et avec lui, le ton de tout ce qui suit : un réquisitoire foutraque, émaillé de données solides, mais si peu soucieux de nuance qu’il finit par affaiblir les arguments qu’il prétend défendre.
Ce que la ministre a réellement annoncé
Avant d’examiner la réaction de l’ASPAS, rappelons les faits. Dans un tweet publié le même jour, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, détaillait les mesures annoncées lors de son déplacement en Haute-Marne — territoire frappé la veille par une attaque de loups sur un élevage ovin :
« Je ne laisserai jamais les éleveurs seuls face au loup. »
🐺 Je ne laisserai jamais les éleveurs seuls face au loup.
— Annie Genevard (@AnnieGenevard) February 16, 2026
Aujourd’hui en Haute-Marne en déplacement avec @MathieuMlefevre, au lendemain même d’une attaque d’ovins sur ce territoire éprouvé, j’ai tenu à réaffirmer que l’État est aux côtés de ceux qui vivent chaque jour… pic.twitter.com/qpa0crnDYN
Parmi les annonces concrètes : une augmentation du plafond de tirs de 19 % à 21 %, avec possibilité d’aller jusqu’à 23 % en cours d’année (soit jusqu’à 56 loups supplémentaires pouvant être éliminés) ; le passage du régime d’autorisation préfectorale à un simple régime déclaratif ; la possibilité pour les éleveurs d’éliminer un loup sans condition de protection préalable ; et la mobilisation de louvetiers et brigades professionnelles même en l’absence de clôture ou de chien de protection. La ministre annonçait également la validation d’une clôture expérimentale conçue par des éleveurs du Bassigny, désormais déployable sur tout le territoire avec soutien public.
Des annonces qui, quelles que soient les critiques qu’on peut leur adresser, s’inscrivent dans un contexte précis : des éleveurs épuisés, une attaque la veille, et un engagement politique clair en faveur du monde agricole.
Oui, sauf que tout ça est « Diabolique »
« Diabolique ». Le mot suppose une intentionnalité mauvaise, un plan concerté pour nuire. Or le tweet de la ministre Genevard dresse un tableau radicalement différent : une visite de terrain au lendemain d’une attaque, un engagement direct auprès d’éleveurs en détresse, et des mesures qui répondent — qu’on les approuve ou non — à une demande concrète du monde agricole. On peut débattre de leur pertinence. Les traiter de « diaboliques » relève d’une logique outrancière à laquelle on finit par s’habituer.
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Les éleveurs sont d’ailleurs les grands absents de l’article de l’ASPAS. Leurs pertes — 12 000 animaux l’an passé, chiffre pourtant cité par l’association elle-même — ne sont mentionnées qu’en passant, comme un détail statistique, sans jamais s’interroger sur ce que cela représente concrètement pour une famille dont c’est le gagne-pain. Sans parler des animaux eux-mêmes, croqués vivants sans la moindre compassion de l’association de protection des animaux…ah oui sauvages. Les autres, l’ASPAS s’en lave les mains.
La rhétorique du « bon sens »
L’un des procédés rhétoriques les plus révélateurs du texte est le recours répété à l’évidence : « le bon sens voudrait que… », « totalement absurde », « ahurissant ». Cette façon de présenter ses propres positions comme relevant du simple bon sens a une fonction bien précise : elle interdit le désaccord. Celui qui ne partage pas cette « évidence » ne peut être, au choix, qu’ignorant ou de mauvaise foi.
C’est précisément ce type de raisonnement qui empoisonne le débat public sur le loup depuis des décennies. D’un côté, des « défenseurs de la nature » qui traitent tout assouplissement comme une trahison ; de l’autre, des éleveurs et des élus ruraux qui voient dans toute protection du prédateur un mépris de classe. Les deux camps s’excommunient mutuellement, et pendant ce temps, ni la conservation du loup ni la viabilité de l’élevage ne progressent vraiment.
Quand le militantisme nuit à la cause
Le paradoxe de ce type d’article, c’est qu’il est susceptible de desservir la cause qu’il défend. En présentant toute politique de régulation comme une abomination, l’ASPAS se coupe d’emblée de tous ceux qui ne partagent pas déjà sa grille de lecture. Elle confirme, aux yeux du monde rural, l’image d’une association dogmatique, imperméable aux réalités du terrain. Elle rend plus difficile la construction des compromis nécessaires à une cohabitation durable.
Pourtant, le tweet de la ministre contenait au moins un élément que l’ASPAS aurait pu saisir : la validation d’une clôture expérimentale conçue par des éleveurs du Bassigny, désormais déployable sur l’ensemble du territoire avec soutien public. C’est exactement le type de mesure préventive que les défenseurs du loup réclament. Une association véritablement soucieuse de la cohabitation aurait pu s’en emparer, saluer ce point, et construire à partir de là une critique plus ciblée et plus crédible des mesures létales. Elle a préféré l’anathème. Qui est surpris ?
A voir en vidéo :











Non tous les éleveurs ne demandent pas les mesures décidées par Mme Genevard. Certains veulent un VRAI COMPTAGE notamment via les analyses génétiques salivaires. Ils veulent aussi que les moyens de protection soient financés à 100% (au lieu de 80% aujourd’hui) sur le budget du ministère de l’écologie et pas avec l’argent de la PAC… et que le bénévolat pour tirer les loups (éleveurs, chasseurs, Lieutenants de louveterie) soit l’exception plutôt que la règle !
Cout du loup,plus de 30000000 d euros pour le contribuable et vous trouvez que ce n est pas assez..quant aux éleveurs ils en ont plein le c..du loup,d ailleurs certains ont déjà jeté l éponge,ces mesures sont absolument nécessaires voir insuffisantes pour certains.l aspas préfère le loup aux éleveurs, comme la LPO le cormoran aux pisciculteurs ect.ect.comme souvent ceux qui tiennent ces propos ne sont pas concernés.