L’OFB a publié son bilan annuel de la sécurité à la chasse. Quatre morts, un nombre historiquement bas. L’ASPAS y voit pourtant la preuve que « la chasse blesse toujours autant », au prix d’une lecture sélective des chiffres.
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— ASPAS (@aspasnature.bsky.social) 20 juillet 2026 à 08:00
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Le Réseau national sécurité à la chasse a mis en ligne le 17 juillet son bilan de la saison 2025-2026. Quatre-vingt-douze accidents, dont quatre décès. C’est le chiffre le plus bas jamais enregistré pour les accidents mortels depuis que l’OFB tient cette statistique, loin devant la moyenne de quatorze morts par saison sur vingt ans. Aucun non-chasseur n’a perdu la vie pour la quatrième année consécutive.
Le nombre global d’accidents, lui, s’inscrit dans une baisse de 49 % depuis 2006, stabilisée depuis six saisons en dessous de la moyenne de cent vingt-huit accidents par an. Quatre-vingt-douze accidents sur une saison, c’est donc en dessous de la moyenne historique, pas au-dessus. Les victimes non-chasseuses reculent également, de seize la saison passée à dix cette année. Ce sont les chiffres que l’OFB met en avant, et ils sont exacts.
L’article publié par l’ASPAS le 17 juillet retient une autre lecture : « la chasse blesse toujours autant », écrit l’association, en s’appuyant sur une comparaison entre 92 accidents cette saison et les 80 de 2020 ou les 78 de 2022. L’arithmétique est juste. Le choix des points de comparaison ne l’est pas : 2020 et 2022 sont précisément les deux saisons les plus basses de toute la série statistique des vingt dernières années, à l’intérieur d’une fourchette que l’OFB qualifie lui-même de stable. Comparer 92 à ces deux creux plutôt qu’à la moyenne de 128 permet de fabriquer une hausse là où le document source décrit une stabilisation.
Le même procédé s’applique aux victimes non-chasseuses. L’ASPAS met en avant « un blessé grave supplémentaire » par rapport à la saison précédente (un passage de trois à quatre blessés graves) : exact selon le tableau de gravité de l’OFB. Mais l’association ne mentionne pas que le nombre total de victimes non-chasseuses, toutes gravités confondues, est passé de seize à dix, ni qu’aucune n’est décédée depuis quatre saisons. L’indicateur qui monte est cité, les trois qui baissent ne le sont pas. La propagande est ridicule.
Ensuite, l’omission la plus significative porte sur la nature des accidents mortels eux-mêmes. Le bilan de l’OFB indique que trois des quatre décès de la saison sont des auto-accidents : des chasseurs blessés par leur propre arme, sans tiers impliqué. L’article de l’ASPAS, construit autour du risque que la chasse ferait courir aux promeneurs et aux riverains, ne mentionne à aucun moment cette proportion.
Sur la distance des tirs à l’origine d’incidents, l’OFB indique une moyenne de 214 mètres, avec des extrêmes atteignant près de 2000 mètres. L’ASPAS en tire la conclusion que « certaines munitions peuvent être dangereuses jusqu’à 2 km » et réclame un périmètre de sécurité de 3 kilomètres autour des habitations. Le document ne dit pourtant pas cela : il rapporte la distance d’un cas extrême parmi les incidents recensés sur six saisons, pas la portée dangereuse habituelle d’une munition de chasse. Ériger la valeur la plus haute d’une série statistique en règle générale, puis en fonder une revendication chiffrée de périmètre de sécurité, c’est encore une propagande ridicule.
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Le périmètre de 3 kilomètres réclamé par l’ASPAS mérite d’être rapporté à sa surface réelle plutôt qu’à sa seule longueur. Un cercle de 3 kilomètres de rayon couvre environ 28 km² autour de chaque habitation. Dans la France rurale, où l’habitat est structurellement dispersé (fermes isolées, hameaux, corps de ferme au milieu des parcelles cultivées ou boisées) ces cercles se recoupent en continu sur la quasi-totalité du territoire chassable. Une mesure présentée comme un simple périmètre de sécurité autour des maisons revient, une fois rapportée à la géographie du bâti rural, à une interdiction de la chasse sur l’essentiel du territoire national.
Le bilan 2025-2026 raconte une saison où les accidents mortels atteignent leur plus bas niveau historique, où les victimes non-chasseurs reculent, et où les incidents matériels progressent au-delà de la moyenne longue. Ces deux mouvements coexistent dans le même document et n’ont pas besoin d’être opposés l’un à l’autre pour être vrais.
L’ASPAS n’invente pas de chiffres, mais organise leur présentation pour raconter son histoire à elle. Le résultat est un texte ridiculement partisan qui confortera les donateurs de l’ASPAS, mais qui fera sourire tous les autres.
A voir en vidéo :











Si la prochaine saison est sanctionnée de 5 morts (5 de trop) l’ASPAS communiquera sur une augmentation de 25 % des décès le raisonnement est me même pour les victimes non chasseuses et les accidents. Encore une belle bataille de chiffres à venir.
Si l’assurance est de 20 € c’est qu’il n’y a pas beaucoup à discuter..
Ils auraient tort de s’en priver. Dans un pays où on a arrêté de former des citoyens au sens critique, qui soit prennent tout au 1er degré soit sont complotistes au dernier degré, les idéologies se diffusent facilement.
Évidemment, les chiffres des accidents à la chasse vont dans le sens d’une diminution, avec tout ce qui est fait pour sensibiliser, former les chasseurs. C’est une très bonne chose. Il faut poursuivre pour une meilleure sécurité à la chasse.
Il y a des points qui m’énervent particulièrement.
– Les tirs sans avoir préalablement identifié.
– Les tirs dans la traque
– Les tirs dans l’angle des 30% bien sûr (un pourcentage très fort)
Comme cela a provoqué 45% des accidents grand gibier, il me semble qu’il faut être intransigeant pour ces attitudes qui ne sont pas admissibles.
Et pour les accidents petit gibier, c’est 40% pour le non respect de l’environnement. C’est pas sérieux du tout.
Il faut qu’on s’aide entre chasseurs à être plus prudents et surtout respectueux des règles de sécurité. Nous pouvons et devons le faire. Les chiffres d’accidents vont dans le bon sens. Mais c’est encore trop de mon point de vue.
Angle des 30°, bien sûr !
Guillaume,vous êtes parfait,vous commettez jamais d erreur,un accident c est toujours un de trop et quasiment tous,comme sur la route sont dus a des erreurs humaines.la chasse est une activité de plein air,qui contrairement a ce que l on veut nous faire croire des moins accidentogene comparée aux sports d hiver, sports nautiques.ect.bien sur qu il faut tout faire pour les éviter mais moi je ne juge personne.
Pour JOJO,
Je ne vais pas dire que je suis ou ai été toujours parfait.
En réalité, je crois que j’ai toujours été très prudent avec mon fusil ou ma carabine, respectant pleinement les règles de sécurité. Et cela pendant des décennies.
Je peux même vous dire qu’en conduite automobile je n’ai jamais eu d’accident responsable ou d’accident à 50/50 en responsabilité. Juste un accident où un zigoto m’a tamponné sur une rocade lors d’un embouteillage.
C’est tout de même pas trop difficile de rester concentré et prudent un fusil à la main.
Bon, après un tir on est tout chose, d’accord. Mais c’est après, avec l’émotion.
Dans combien de chasses on donne encore la consigne de se poster ventre au bois, et combien de chasseurs se posltionnent encore ainsi, face à la traque? Dans des conditions de plaine, c’est la pire position car quand ça sort, la olupart du temps l’épaulé est avant les 30°, quand ce n’est pas pire avec le canon qui balaye la ligne.
PINEAU,
Oui, c’est exact. Il existe des sociétés de chasse ou des ACCA où on demande parfois ou souvent de se positionner face à la traque.
J’ai connu cette situation une fois. J’ai rappelé que ce n’était pas à faire. Je ne suis pas resté. J’ai remis mon fusil dans la voiture et je suis rentré chez moi où ils ont été surpris de me voir de retour si tôt.
Pour moi, on devrait dissoudre les ACCA et les sociétés de chasse qui demandent aux chasseurs de se positionner face à la traque.
Bravo a vous,moi non plus je n ai pas eu d accrochage en temps que responsable mais j avoue qu il m est arrivé ,suite a de gros soucis ,par exemple,de n avoir pas eu la concentration optimum.en 50 ans de permis,il m est arrivé une fois de laisser mon fusil chargé,je m.en suis aperçu a la maisonnée..donc je ne donne de leçon de morale a personne et je suis sur de ‘e pas être le seul.il est évident que la prudence doit être maximum mais comme beaucoup on est pas parfait.
Hello Richard,
On met rarement en perspective les accidents de la route mortels liés à la divagation d’ongulés (sangliers, chevreuils, cerfs). Le Chasseur Français parle de 40 000 accidents par an, 50 morts, 120 blessés.
Demain on arrête ou on limite la chasse de ces animaux, et, mécaniquement, c’est l’hécatombe sur nos routes. Heureusement que les chasseurs limitent (tant bien que mal) la casse et les drames familiaux inhérents.
Et bravo pour ton travail (et ton analyse ciselée, perspicace et aguerrie), même s’il s’en trouve parfois grandement facilité par les inepties de l’ASPAS.
Le problème, c’est qu’il y encore, malgré tout, des gens pour les croire…