Jean-Lionel Duru veut créer en France un musée consacré aux pièges du monde, des engins médiévaux aux techniques laotiennes. Le projet cherche aujourd’hui un lieu et des partenaires.

Le piège compte parmi les plus anciennes techniques cynégétiques. Se nourrir, protéger les récoltes, garder les troupeaux, tenir certains prédateurs à distance : capturer un animal sans l’affronter répondait à des besoins concrets bien avant que la chasse ne devienne une pratique réglementée. Ce pan de l’histoire reste pourtant absent des musées français.
Jean-Lionel Duru veut y consacrer un lieu. Son ambition : réunir ou reconstituer à taille réelle des engins de capture venus de différentes régions et de différentes époques, puis les présenter dans leur contexte historique et ethnographique. Le parcours pourrait s’organiser par continents, par espèces ou par familles de techniques, avec des reproductions dont le public pourrait observer le fonctionnement et un volet pédagogique destiné aux enfants.
Le projet prolonge le travail d’un personnage aujourd’hui méconnu. Peintre, sculpteur animalier et professeur de dessin au Muséum national d’Histoire naturelle, Édouard Mérite avait constitué au début du XXe siècle une collection ethnographique de pièges, cages, appeaux et leurres venus du monde entier. Elle a nourri son ouvrage Les Pièges, étude sur les engins de capture utilisés dans le monde, publié chez Payot en 1942 et réédité depuis. La Bibliothèque nationale de France en conserve la référence.
La collection, elle, a été démembrée. Le Musée national des Arts et Traditions populaires en acquiert 286 pièces en 1953 ; le reste part l’année suivante chez différents acheteurs. Duru voudrait en reconstituer l’esprit et le prolonger par de nouvelles reproductions.
Tout commence en 2022, quand il fabrique des pièges médiévaux à échelle réduite pour pouvoir les transporter et les montrer lors de fêtes historiques. Ses sources sont le Livre du roi Modus et de la reine Ratio d’Henri de Ferrières et le Livre de chasse de Gaston Phébus, composé entre 1387 et 1391, dont la BnF rappelle l’influence durable sur la littérature cynégétique. Plusieurs enluminures y montrent des procédés de capture entièrement sortis de l’usage.
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S’y ajoute une expérience plus inhabituelle. Duru dit avoir travaillé au musée ethnologique de Vientiane, au Laos, aux côtés d’un piégeur local, et y avoir fabriqué plusieurs dizaines d’engins. Il en retient les similitudes entre certaines techniques décrites dans les textes européens anciens et celles encore pratiquées dans des communautés rurales d’Asie du Sud-Est. L’étude de Damrong Tayanin et Kristina Lindell, Hunting and Fishing in a Kammu Village, parue en 1991, documente précisément ces pratiques laotiennes.
Duru vise un terrain partiellement boisé de plusieurs hectares, qui permettrait de présenter les dispositifs en extérieur et d’organiser plusieurs parcours. Plutôt que de bâtir une structure entière, il cherche un partenariat avec un site existant : domaine patrimonial, château, parc historique ou musée de plein air. Il cite le musée de Cuzals, écomusée rural installé sur un vaste domaine à Sauliac-sur-Célé, dans le Lot, et titulaire de l’appellation « Musée de France ».
Il a déjà contacté plusieurs acteurs des mondes cynégétique et muséal. Aucune structure n’a repris le projet à son compte. Il lui manque donc un terrain, des menuisiers capables de reconstruire les engins aux normes de sécurité exigées par l’accueil du public, et un partenaire prêt à porter le montage juridique et financier.
Pour contacter Jean-Lionel Duru ou proposer un partenariat : chassemedievale@gmail.com
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Les musées sont intéressants pour montrer les évolutions.
S’agissant du piègeage en France nous pouvons parler de régression, voir de disparition annoncée.
Pour preuve après respect des procèdures, retard de publication de l’arrêté triennal d’ESOD du groupe 2, le département de la Savoie pour exemple ne retient que le renard sur sa liste triennale. La corneille noire n’y parait plus ce qui n’est pas le cas de tous les départements limitrophes.
Richard, je pense que le piégeage en France mériterait bien un petit reportage dont tu as le secret.