L’ASPAS fait campagne dans le métro

Antispécisme
date 01 septembre 2026
author Richard sur Terre

Du 3 au 10 septembre, l’ASPAS couvre le métro parisien d’affiches pour les renards. Le message s’adresse à des voyageurs qui n’ont sans doute jamais vu un renard de leur vie.

L’association a annoncé le 28 août le déploiement d’une campagne d’affichage dans les stations aériennes et souterraines de Paris et de sa banlieue, du 3 au 10 septembre 2026. Des affiches grand format, des écrans rétroéclairés dans les couloirs où le renard cligne des yeux, une pétition adressée au ministère de l’Écologie et un renvoi vers la journée « Avec les Renards » organisée à Rouen le 19 septembre. L’opération est financée avec le soutien de la Fondation 30 Millions d’Amis. L’ASPAS appelle par ailleurs au don pour la soutenir.

La campagne reprend l’argumentaire que l’association porte depuis avril. Elle avance le chiffre de 600 000 renards tués chaque année par le tir, le piégeage et le déterrage, affirme que l’espèce ne bénéficie d’aucune protection juridique en France, et met en avant son rôle de prédateur de micromammifères et son intérêt sanitaire. Le chiffre est une estimation produite par l’association elle-même, reconstituée à partir d’une enquête ONCFS de 2014 qui évaluait à environ 400 000 les renards prélevés à la chasse à tir, à quoi l’ASPAS ajoute les autres modes de destruction. L’État, lui, ne publie aucun décompte national consolidé.

L’affichage se déploie sur un territoire où la question ne se pose pas. À Paris, aucune espèce n’est classée susceptible d’occasionner des dégâts. Dans les Hauts-de-Seine et en Seine-Saint-Denis, l’arrêté du 10 août 2026 ne retient que la fouine, et seulement au piégeage. Le renard est classé sur l’ensemble du territoire en Seine-et-Marne, dans les Yvelines, en Essonne et dans le Val-d’Oise, c’est-à-dire dans les quatre départements de grande couronne où le réseau ne va pas.

La géographie de la campagne est donc l’inverse de celle de la décision. Le voyageur qui croise l’affiche à Châtelet ne subit aucun dégât. Le piégeur agréé qui vérifie ses cages au petit matin dans la Brie, l’aviculteur de l’Hurepoix qui compte ses volailles, l’agent de l’OFB qui instruit une déclaration de dommages ne prennent pas le métro pour aller travailler. Les deux publics ne se rencontrent nulle part sur le trajet.

A lire aussi : Renards : le service public au garde-à-vous derrière l’ASPAS

Le 10 avril 2026, l’ASPAS a adressé au ministère une lettre recommandée demandant le retrait du renard de la liste ESOD ou la révision de ses modalités de destruction, en annonçant qu’elle irait devant le juge en cas de refus. La réponse est arrivée sous forme d’arrêté : le texte du 10 août 2026, publié au Journal officiel du 21 août, reconduit les neuf espèces du groupe 2 pour la période 2026-2029, renard compris, après cinquante jours de vide juridique. La campagne d’affichage démarre treize jours plus tard.

Le ministère de la Transition écologique est à Paris. Le Conseil d’État est à Paris. Les journalistes qui reprendront l’opération sont à Paris. L’audience visée n’est pas celle qui vit avec l’espèce, c’est celle qui signe, qui donne et qui relaie. 

La campagne ne changera pas une ligne de l’annexe départementale de l’arrêté du 10 août. Elle alimentera un compteur de signatures et une collecte, tous deux destinés à appuyer le recours annoncé contre un texte qui court jusqu’au 30 juin 2029. La décision se jouera devant le juge administratif, sur les pièces que le ministère sera capable de produire département par département pour justifier chaque classement. Les habitants des communes concernées, eux, apprendront le résultat par la préfecture, sans avoir jamais vu l’affiche.

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2 Commentaires :
  1. GUILLAUME
    01/09/26

    Il serait intéressant de calculer le montant que représente cette campagne d’affichage de l’ASPAS et 30 MILLIONS D’AMIS.

    Si on suit l’ASPAS, l’espèce renard se porte merveilleusement bien si on peut en éliminer 600.000 individus chaque année.

  2. gilbert
    01/09/26

    MASSACRES, sans doute dans les forêts brulées ce qui désespère chasseurs et promeneurs qui ne se croiseront pas dans un métro.
    Les chasseurs sont aussi touchés que les forestiers, dans leur cœur et parler de massacre c’est ne pas connaitre l’espace rural.

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