Loups : l’ASPAS en enfumade

Chasse Actu
date 04 septembre 2026
author Richard sur Terre

L’ASPAS reproche à l’État de tirer sur les loups de Haute-Marne. Le bilan de la préfecture au 1er août recense un tir effectué et un loup tué depuis janvier.

Dans un courrier adressé au préfet coordonnateur du PNA loup, l’ASPAS alerte sur l’arrivée, en Haute-Marne, d’une brigade de l’OFB spécialisée dans l’abattage de loups pour seconder les lieutenants de louveterie https://www.aspas-nature.org/loups-en-haute-marne-laspas-denonce-le-double-jeu-de-letat/

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— ASPAS (@aspasnature.bsky.social) 4 septembre 2026 à 10:36

31 exploitants haut-marnais possèdent un arrêté de tir actif. C’est la préfecture qui l’écrit dans son bilan de prédation arrêté au 1er août. Sur la même page, deux autres chiffres : un tir effectué, un loup détruit depuis le 1er janvier. 31 possibilités, un animal. Pendant ce temps, le même document recense 84 prédations imputées au loup et 462 animaux victimes.

L’ASPAS a publié le 2 septembre un texte appelant le gouvernement à abandonner sa politique de destruction aveugle. Le lendemain, elle dénonçait l’arrivée en Haute-Marne d’une brigade de l’OFB envoyée, écrit-elle, pour tirer sur les loups. Un loup en sept mois, dans le département de plaine le plus touché de France.

Pour démontrer que les clôtures suffisent, l’association avance un rapport : 29 prédations, dont 3 seulement sur des parcelles protégées. Ça paraît imparable. Ça ne l’est pas, et la raison tient en une image.

Sur 29 attaques, 3 ont eu lieu derrière une clôture. Ça ne suffit pas à conclure. Imaginons 100 parcelles. Si 20 sont clôturées, 3 attaques seulement sur ces vingt-là, c’est plutôt bon signe. En revanche, si 4 seulement sont clôturées, 3 attaques sur ces quatre parcelles, c’est mauvais. Les deux chiffres de départ sont identiques, la conclusion s’inverse. Sans savoir combien de parcelles étaient protégées, sur quelle surface, avec combien de bêtes…bah on sait rien du tout.

Elle écrit d’ailleurs que dans les trois cas, l’intrusion est probablement due à des trous préexistants sous la clôture. Probablement. 

D’autre part, l’association attribue ses 29 prédations à un bilan préfectoral du 17 juillet, en précisant qu’elles concernent le département. Les bilans mensuels de la direction départementale des territoires sont en ligne. Au 1er juillet, la Haute-Marne comptait 67 prédations imputées au loup depuis janvier. Au 1er août, 84. Le 17 juillet tombe entre les deux.

Reste à savoir ce que sont ces 29. Le document du 17 juillet ne figure pas parmi ceux que la préfecture publie : sa page passe du bilan de juin, mis en ligne le 9 juillet, à celui de juillet, mis en ligne le 24 août. Le chiffre existe peut-être, il ne correspond simplement pas à la série officielle du département sur laquelle chacun peut se pencher.

La préfecture constate, le 18 août, que là où des moyens de protection ont été mis en place, la prédation a fortement diminué. Le débat n’est donc pas sur le principe. Il est sur ce que la clôture réclame une fois posée : la retendre, débroussailler dessous, vérifier les passages d’eau, boucher le trou qu’un blaireau a creusé la semaine précédente. Certains éleveurs du département refusent même le mot protection et parlent de moyens qui ralentissent, estimant que le loup finira par s’adapter.

A lire aussi : Loup : la loi agricole passe l’épreuve constitutionnelle

En janvier, l’AFP suivait à Chaumont-la-Ville un éleveur découvrant un bélier éventré. Une inspectrice de l’OFB a relevé des marques compatibles avec le loup, passé en creusant sous le filet. L’éleveur dit avoir installé ce qu’il fallait. C’est son témoignage, et c’est aussi la réalité de milliers de mètres de fil qu’un homme seul doit tenir chaque jour.

Une association qui parle de destruction aveugle pour un loup abattu en sept mois choisit un mot plus gros que le fait. Le statut du loup a changé en Europe, l’animal reste protégé, l’État reste tenu de garantir sa conservation. Les 31 arrêtés de tir actifs en Haute-Marne ont produit un seul prélèvement.

Le prochain bilan mensuel paraîtra dans quelques semaines sur le site de la préfecture, avec le même tableau et les mêmes colonnes. Il dira combien de loups auront été tirés depuis janvier. Chacun pourra comparer ce nombre aux mots employés pour le décrire.

A voir en vidéo :

Richard sur Terre
Richard sur Terre Vidéaste et rédacteur en chef de Chasses Éternelles, Richard sur Terre travaille sur les questions liées à la chasse, à la ruralité et à la biodiversité.
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4 Commentaires :
  1. Taklaw
    04/09/26

    Les membres de l’ASPAS pourraient venir poser les clôtures …Ah ben non, c’est vrai c’est pas possible : il faut sortir de chez soi, mettre des bottes et se décoller de son PC ou de son smartphone au risque de louper la prochaine signature d’une pétition anti chasse ou des commentaires haineux sur les chasseurs… Ce serait dommage ! Et puis ils pourraient s’enrhumer avec l’air frais !

    1. quentin
      04/09/26

      Ils pourraient même venir surveiller les troupeaux la nuit ! Ca ferait une présence humaine, il parait que ça fait peur aux loups.

    2. Jean 1
      04/09/26

      Il pourrait apprendre aux éleveurs comment coexister avec le loup mais surtout les indemniser en cas d attaques car en plus le loup ne se contente pas de tuer un ovin et de le dévorer,non il en tué plusieurs.ces gens sont tombés dans l extrémisme et n ont aucune compation pour ceux qui bossent.

  2. Ines
    05/09/26

    L’aspas refusent de voir la réalité en face. Des éleveurs qui chaque matin on peur de voir leurs troupeaux massacré. Je trouve que le pire reste la manipulation, on peut rester dans le déni (c est son choix) mais avancer des chiffres qui ne correspondent pas pour faire valoir leur argument (qui en plus est faux on la bien vue des Noël dernier) devrait être punit pat la loi. Je sais on peut toujours rêvé. En tout cas se n est pas eux qui iront voir les éleveurs pour voir comment ça se passe c est tellement plus simple de loin.

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