Ruger : Beretta touche le plafond

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date 21 octobre 2026
author Léa Massey

Beretta Holding détient désormais 25 % du fabricant américain Ruger. C’est le plafond fixé sans limite de durée par l’accord qui a clos un an de bras de fer.

Le 20 octobre, Beretta Holding a publié les résultats définitifs de son offre publique d’achat partielle sur Sturm, Ruger & Company, close le 15 octobre. Le groupe italien, dont la holding est basée au Luxembourg, proposait d’acheter 2 400 184 actions à 44,80 dollars, soit environ 107,5 millions de dollars. Ce prix représentait une prime de 20,8 % sur le dernier cours avant l’ouverture de l’offre.

Les actionnaires ont apporté 6 094 325 titres, l’équivalent de 38 % du capital. Il a donc fallu réduire chaque ordre. Un porteur qui avait apporté 1 000 actions en a vendu environ 394 et récupère les autres. Avec les 1 587 000 actions qu’il détenait déjà, Beretta atteint environ 25 % de Ruger.

Le dossier remonte au 22 septembre 2025. Ce jour-là, Beretta Holding déclare 7,7 % du capital sans avoir prévenu Ruger. Le fabricant américain répond trois semaines plus tard par une « pilule empoisonnée », qui bloque toute montée au-delà de 10 %. En février 2026, Beretta présente quatre candidats au conseil d’administration. Selon le dossier déposé par Ruger auprès de la SEC, Pietro Gussalli Beretta jugeait alors l’entreprise « excellente, mais trop petite ».

L’accord de coopération signé le 2 mai 2026 met fin à la course aux procurations. Il a ensuite fallu le feu vert du comité qui contrôle les investissements étrangers aux États-Unis, puis un accord de consentement avec l’autorité fédérale de la concurrence, la FTC, conclu sans reconnaissance de faute par Beretta.

Les 25 % s’accompagnent de contraintes fortes. Le plafond s’applique sans limite de durée, sauf décision contraire du conseil de Ruger. Jusqu’à la préparation de l’assemblée générale de 2029, Beretta doit voter dans le sens du conseil sur la plupart des résolutions. Au-delà de 10 % du capital, ses voix suivent la répartition des votes des autres actionnaires. Il peut proposer deux administrateurs, qui doivent être indépendants de lui et agréés par Ruger.

Sur le plan commercial, des filiales de Beretta distribuent déjà des produits Ruger sur certains territoires européens. L’accord prévoit d’explorer, sans engagement, des pistes communes sur les ventes, l’approvisionnement et la fabrication.

Tout projet de rapprochement capitalistique entre les deux groupes devra d’abord être approuvé par un comité d’administrateurs indépendants de Beretta. S’il s’agit d’une fusion, il faudra en plus un vote des actionnaires non liés au groupe italien.

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