Les chasseurs attaquent l’ONF en justice

Chasse Actu
date 02 novembre 2026
author Léa Massey

Dans le Donon mosellan, l’ONF reconnaît que les cerfs sont moins nombreux et que la forêt va mieux. Il maintient pourtant ses objectifs de tir, contestés devant le tribunal.

Le 20 juin 2026, le groupement d’intérêt cynégétique (GIC) du Donon mosellan a assigné l’Office national des forêts devant le tribunal judiciaire de Metz. Il conteste les objectifs de réalisation que l’ONF impose aux locataires de ses lots de chasse, qu’il juge supérieurs aux minima réglementaires fixés par l’administration. Thierry Jung, administrateur de la fédération des chasseurs de Moselle et président de l’association départementale des chasseurs de grand gibier, explique que les locataires qui n’atteignent pas ces objectifs risquent de compromettre le renouvellement de leur bail.

Le litige porte donc sur deux niveaux distincts : le plan de chasse arrêté par l’administration, qui fixe un minimum et un maximum d’animaux à prélever, et les exigences que l’ONF ajoute dans ses propres conditions de location. C’est ce second niveau que le GIC attaque.

« On n’entend plus de brame du cerf dans de nombreux endroits du massif », déplorait cet été Jean-Pierre Treize, président du GIC, dans Le Républicain Lorrain. Pour les chasseurs, les indicateurs de suivi, qu’il s’agisse des observations de cervidés, du poids des faons ou de l’état de la végétation, montrent que l’effort de régulation a produit ses effets et que les prélèvements devraient baisser. « Le cerf a une valeur patrimoniale dans le Donon », résume Thierry Jung.

Interrogé par France 3 Grand Est, Rodolphe Pierrat, adjoint au directeur territorial de l’ONF Grand Est, reconnaît que la population de cervidés a diminué et que la végétation s’améliore. Il juge pourtant ces résultats insuffisants pour alléger les prélèvements. L’ONF met en avant la difficulté à régénérer le chêne et le sorbier des oiseleurs, très abroutis, au profit du hêtre et de l’épicéa, alors que le changement climatique impose selon lui des forêts mélangées. L’établissement assure ne pas chercher la disparition du cerf du massif et défend une phase transitoire avec moins d’animaux.

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Le désaccord porte sur un effort que les chasseurs ont accepté il y a quatorze ans. Selon une publication de l’ONCFS, un diagnostic avait alors classé 90 % des régénérations forestières du Donon mosellan dans un état dégradé, l’abroutissement par les cervidés étant en cause dans 70 % des cas. Un accord signé en 2012 sous l’égide du préfet de la Moselle avait engagé la fédération départementale et le GIC à prélever au moins 560 cerfs en trois ans, l’ONF s’engageant de son côté à mener une sylviculture favorable à la végétation basse.

Les deux parties s’accordent aujourd’hui sur la baisse des effectifs et sur l’amélioration de la forêt. Elles divergent sur le moment où la réduction doit laisser place à une stabilisation. Le tribunal judiciaire de Metz devra dire si l’ONF peut exiger de ses locataires davantage que les minima fixés par l’administration. Aucune date de jugement n’a été rendue publique.

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