Trophées de chasse : Lefèvre refuse de reculer

Chasse Actu
date 02 novembre 2026
author Léa Massey

Interpellé au Sénat par Pierre Cuypers, le ministre a défendu le projet d’interdiction des trophées en le présentant comme limité. L’interdiction annoncée en juillet couvre pourtant les annexes A et B.

Lors des questions au gouvernement du 28 octobre, le sénateur de Seine-et-Marne Pierre Cuypers, président du groupe d’études Chasse et pêche, a demandé le retrait du projet d’arrêté interdisant l’importation de trophées de chasse, soumis à consultation publique depuis le 22 octobre. Il a défendu les recettes que la chasse encadrée apporte à la conservation et aux communautés africaines.

Selon le compte rendu de la séance, Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique, a répondu que le dispositif visait les espèces les plus protégées et a avancé le chiffre de vingt-quatre permis d’importation délivrés en 2025. Il a reconnu que certains modèles de chasse, en Afrique du Sud et en Namibie notamment, contribuent au financement de la biodiversité, tout en distinguant le fait d’autoriser une chasse dans un pays de celui d’accepter l’entrée du trophée en France. Il n’a annoncé aucun retrait et s’est dit prêt à travailler avec le groupe d’études pendant la consultation.

Le 8 septembre, le même ministère répondait au député Daniel Labaronne, qui l’interrogeait sur ce projet. Sa réponse, publiée au Journal officiel, indique que le Premier ministre a annoncé le 28 juillet l’interdiction de l’importation des trophées de chasse des espèces inscrites aux annexes A et B du règlement européen sur le commerce des espèces sauvages. Le ministère y qualifie ces espèces de menacées du fait du commerce et cite la Belgique et les Pays-Bas, qui ont déjà adopté des interdictions comparables.

A lire aussi : Trophées de chasse : ce que l’arrêté interdit vraiment

L’annexe A regroupe les espèces les plus menacées, celles de l’annexe I de la convention de Washington. L’annexe B reprend pour l’essentiel l’annexe II, que la convention réserve aux espèces susceptibles de devenir menacées d’extinction sans un contrôle strict de leur commerce. Le lion d’Afrique, l’hippopotame et les éléphants de Namibie et d’Afrique du Sud y figurent.

Les deux pays dont le ministre a salué les modèles de chasse sont ceux dont les éléphants relèvent de l’annexe B. Leurs trophées tomberaient donc sous l’interdiction annoncée en juillet. Tant que l’arrêté n’est pas publié, les importations restent soumises au régime de la convention de Washington et du règlement européen, et les permis continuent d’être instruits au cas par cas.

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