Tirer sur « quelque chose » : 1 mort

Chasse Actu
date 19 octobre 2026
author Richard sur Terre

À Cassagnas, un homme de 65 ans extérieur à la chasse a été tué lors d’une battue. Selon le parquet, le tireur a vu bouger des fougères. 

Dimanche 18 octobre, vers midi, une battue au sanglier se déroule sur la commune de Cassagnas, en Lozère. Un chasseur de 50 ans, habitant du village, fait feu. La balle atteint un homme de 65 ans, présenté comme promeneur par Midi Libre. Il fait deux arrêts cardiaques, et l’hélicoptère envoyé sur place ne peut pas le sauver. Le procureur de la République de Mende, cité par ICI Gard Lozère, rapporte l’explication du tireur : il « aurait vu quelque chose bouger dans des fougères et a tiré ». Le chasseur a été placé en garde à vue pour homicide involontaire. Il est présumé innocent, et l’enquête dira si cette version tient.

Si elle est confirmée, cette phrase décrit le tir sans identification dans sa forme la plus simple et la plus révoltante. Dans le récit rapporté par le parquet, le tireur évoque un mouvement de végétation, sans nommer d’animal, puis il presse la détente.

Tout chasseur de grand gibier connaît ce moment. Au poste, les chiens mènent plus haut dans le versant, les fougères s’agitent à trente mètres, le pouls monte. Le geste attendu à ce moment-là, le seul possible, tient en peu de choses : le canon reste orienté vers le sol ou l’angle de tir autorisé. L’index reste allongé le long du pontet, et on attend que la tête, l’épaule, puis l’animal entier sortent du couvert. Si rien ne sort, l’animal passe, et le poste voisin le verra peut-être.

A lire aussi : Accident de chasse : un chasseur de 64 ans perd la vie

Identifier sa cible avant de tirer fait partie de l’apprentissage du permis de chasser. La consigne est rappelée au rond avant chaque battue et elle est inscrite dans les règles de sécurité des schémas départementaux. Depuis la loi du 24 juillet 2019, les chasseurs suivent en plus une remise à niveau sécurité tous les dix ans. L’OFB range le tir sans identification parmi les principales causes d’accidents au grand gibier, avec le non-respect de l’angle des 30 degrés.

Le vocabulaire courant parle d’accident de chasse. Ce mot place dans la même colonne la balle qui dévie sur une pierre invisible et la balle tirée vers une fougère qui bouge. La première tient au hasard. La seconde procède d’une décision, prise en une seconde, par un homme qui tient une arme chargée.

Le Code pénal fait d’ailleurs cette distinction. L’article 221-6 punit l’homicide involontaire de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. La peine monte à cinq ans et 75 000 euros en cas de violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement. Les « cinq ans » annoncés dimanche supposent donc déjà cette circonstance aggravante. Toute l’enquête de Mende portera sur ce point : quelle règle écrite s’appliquait à ce poste ce jour-là, et a-t-elle été enfreinte en connaissance de cause.

En juillet, l’OFB publiait son bilan de la saison 2025-2026 : 92 accidents, dont quatre mortels, et aucun non-chasseur tué pour la quatrième saison consécutive. Chasses Eternelles a relayé ce chiffre, comme les fédérations. La série s’interrompt donc un mois après l’ouverture 2026.

La phrase du tireur circule déjà. Les opposants à la chasse s’en serviront, et ils seront dans leur rôle. Le monde de la chasse dispose d’une seule réponse recevable : appeler la faute par son nom, si l’enquête l’établit, et rappeler des règles de base, encore et encore.

Le parquet de Mende doit faire connaître l’issue de la garde à vue. Le prochain bilan de l’OFB, attendu l’été prochain, comptera au moins un non-chasseur tué au cours de la saison 2026-2027. Le « zéro » cité depuis quatre ans disparaîtra des communiqués.

A voir en vidéo :

Richard sur Terre
Richard sur Terre Vidéaste et rédacteur en chef de Chasses Éternelles, Richard sur Terre travaille sur les questions liées à la chasse, à la ruralité et à la biodiversité.
Partager cet article
18 Commentaires :
  1. Robert
    19/10/26

    Bonjour, petite question :
    Pourquoi ne pas créer une application et un site internet recensant les lieux et dates de chasses ?
    Cela permettrait à tout le monde de partager l’espace de façon intelligente.
    Il suffirait d’une obligation de déclaration au moins 48 heures avant d’aller chasser. Car malheureusement les panneaux « chasse en cours » ne sont pas toujours placés partout où il le faudrait.
    En tant que promeneur, j’ai régulièrement été surpris par la présence de chasseurs sans avoir vu quoi que ce soit annonçant une chasse.
    On est bientôt en 2027, les moyens technologiques existent pour mettre en place un telle application. Pourquoi donc rien n’est fait ? Je trouve cela inexplicable.

    1. Quentin
      19/10/26

      Bonjour,
      Dire que rien n’est fait du côté des chasseurs est FAUX.
      Les panneaux sont mis en place sur les voies ouvertes à la circulation (c’est la loi), pas derrière chaque arbre…
      Les battues sont déclarées en mairie, à l’OFB et à la FDC ainsi qu’à l’ONF pour la partie domaniale.
      Par contre, est-ce que vous, promeneur, vous prenez soin de vérifier qu’à minima vous n’êtes pas chez quelqu’un (pour mémoire 75 % de la forêt française est privée)? Et que vous êtes bien sur un chemin et pas en plein milieu d’une parcelle ?
      Evidemment le chasseur reste responsable de son tir et tirer sur une cible non identifiée est inexcusable.
      Mais peut-être faut-il aussi que chacun y mette un peu du sien…

      1. Jean 1
        19/10/26

        J ajouterai que les cueilleurs de châtaignes, champignons,ect.devraient porter un haut coloré visible ça éviterait peut être un drame comme celui-ci . Compation aux familles.,

        1. Pineau
          19/10/26

          N’ajoutez rien la prochaine fois c’est mieux

          1. Jean 1
            19/10/26

            Pineau,je ne comprends pas votre réponse, conseiller aux utilisateurs de la nature de se rendre visible ne justifie rien aux circonstances de ce drame

      2. Pierrot
        19/10/26

        Depuis quand les promeneurs ont-ils l’interdiction de quitter les chemins en forêt ?

        1. patrick judas
          19/10/26

          ne justifie pas, mais serait utile, on oblige bien à porter une ceinture en voiture et à avoir une chasuble dans le véhicule!

        2. Herve
          20/10/26

          Depuis que la plupart des forets e France sont privées , donc promeneurs renseignez vous et restez sur les chemins si ces derniers sont communaux , sinon vous êtes chez quelqu’un. C est pas plus compliqué . De plus comme l’a dit Quentin un peu plus haut , les battues sont déclarées en mairie , à la préfecture , aux fédérations , à l OFB . Renseignez vous !

          1. Grégoire
            20/10/26

            Une forêt ou un une parcelle privée n’interdit pas qu’on s’y promène. Je suis mois propriétaire d’une parcelle en bois/taillis et je n’ai aucun droit d’interdire d’y circuler, aux chasseurs comme aux promeneurs. Je suis chasseur moi-même.

    2. Vincent Graule
      19/10/26

      D’accord avec vous. Il existe des applications qui permettent de signaler les battues .
      Il existe aussi une application avec QR code sur les chemins, sentiers etc.
      Dans une des sociétés ou je chasse nous mentionnons les lieux et dates de nos battues sur le panneau Pocket ( appli pour les infos communales)

      1. patrick judas
        19/10/26

        depuis que les parcelles qui bordent les chemins sont privées!

      2. patrick judas
        19/10/26

        nous faisons le pied le matin et nous attaquons les sangliers seulement vers 10 ou 11h, sans jamais savoir ou ils sont avant, et nous nous déplaçons en fonction des résultats (parfois trois enceintes différentes! impossible de prévenir avant!

  2. gilbert
    19/10/26

    Toujours compliqué de polémiquer au pied d’une tombe, le respect prime et j’apporte mon soutien à la famille. En droit du travail on parlerait d’une faute inexcusable et c’est bien le cas si les faits rapportés sont correctement énoncés.
    Avant chaque battue le chef de chasse dit clairement » identifiez avant de tirer, la seule balle qu’on ne regrette pas c’est celle qu’on n’a pas tiré ».
    Que dire de plus, c’est désolant.

    1. AJH
      20/10/26

      Pour aller dans votre sens . A l’analyse scrupuleuse des faits les enquêteurs risquent de détecter des situations antérieures ou l’accident aurait pu se produire et c’est justement ces situations la qu’il faut prendre au sérieux et corriger les attitudes et façons de faire pour éviter d’en arriver à l’accident. En conclusion aucune situation où fait anormal n’est benine.

  3. Pineau
    19/10/26

    @ Jean1
    C’est plus que maladroit d’évoquer un manque d’équipement de visibilité dont serait coupable la personne tuée.
    Si les circonstances sont vérifiées c’est la faute du chasseur à 100%. Le fluo de toute façon dans certaines végétations il faut en sortir pour le voir, alors quand on ouvre le feu quand ça bouge….
    Les usagers de la nature non chasseurs n’ont pas à s’équiper alors qu’au poste ça tire au 1er craquement. Il faut en revenir à la faute principale, qui est plus qu’une faute d’ailleurs.

    1. patrick judas
      19/10/26

      sans préjuger des responsabilités, le tireur semble indéfendable! mais si on veut de la sécurité, à quoi ça rime d’obliger les chasseurs à porter une chasuble et pas les autres usagers!ils courrent théoriquement plus de risque que les tireurs? (en réalité les morts sont plus souvent des chasseurs que des promeneurs) si, à un moment , le tireur avait entrevu un bout de fluo, et pas un bout de gabardine marron ou noire, peut être que, nous chasseurs sommes dévastés par ces accidents , surtout quand ils résultent d’un manquement aux règles que , directeur de battue, nous ressassons à chaque sortie pendant plus d’un quart d’heure!

    2. Jean 1
      20/10/26

      Vous comprenez rien,je n excuse rien,je dis simplement que porter un vêtement clair peut éviter ce genre de drame,vous portez bien un gilet orange ou une casquette quand vous chassez.perso je ne juge personne (plombé deux fois car possesseur de chiens courants)mais on a certainement a faire a quelques un de parfait.

  4. coco
    20/10/26

    BJR, toutes mes condoléances a la famille , moi meme étant chasseur au chien d’arret , lorsque je ne chasse pas , que je me proméne , champignons , chataignes , etc , mon premier réflexe , c’est de mettre des habits fluo , pour déja , ma propre sécurité , pour cet accident , évitable , incompréhensible , les yeux, sont faits pour identifier clairement , et meme si , avec le doute , dans l’incertitude , c’est un gibier qui s’échappe et qu’alors vous n’avez pas tiré , c’est pas grave , vous le retrouverai , plus tard , un autre jour , le tableau , n’est pas a l’ordre du jour , il faut avoir une philosophie de la bonne pratique , cela améne a optimiser la sécurité , , pour éviter de telles situations dramatique

Soumettre un commentaire

Dans la même catégorie

Articles les plus récents