Le recrutement d’Anne Le Strat à l’Office français de la biodiversité interroge la trajectoire, les arbitrages et la ligne assumée par Olivier Thibault à la tête de l’établissement.
Il y a de quoi être interloqué par la nomination d’Anne Le Strat comme directrice déléguée à la "mobilisation de la société" à l’Office français de la biodiversité (OFB). Comment, en effet, une écologiste signataire d’un appel de collectifs décroissants à une "convergence… pic.twitter.com/5ckPLOM4Um
— Gil Rivière-Wekstein (@AEGRW) January 23, 2026
Une procédure régulière, un sens politique
Selon nos informations, Anne Le Strat a été recrutée à l’Office français de la biodiversité à l’issue d’un processus de recrutement classique. Aucune nomination directe, aucune intervention ministérielle, aucun contournement des règles de la fonction publique. Sur le plan formel, le cadre est respecté.
C’est précisément ce point qui mérite d’être posé clairement. Lorsque la procédure est régulière, le débat se déplace. Il ne porte plus sur la légalité, mais sur le sens. Un recrutement aussi radical traduit pour le moins une orientation, un cap, une vision de ce que doit être un établissement public et de la manière dont il exerce son autorité.
Olivier Thibault n’arrive pas par hasard
Olivier Thibault n’est ni un dirigeant parachuté, ni un novice des tensions qui entourent l’OFB. Ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts, formé à Polytechnique et à l’ENGREF, il a passé l’essentiel de sa carrière dans les rouages de l’administration environnementale. Direction de l’eau et de la biodiversité au ministère, agences de l’eau, services déconcentrés de l’État : son parcours est celui d’un haut fonctionnaire habitué aux équilibres institutionnels.
Surtout, entre 2017 et 2019, il a dirigé l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. À ce titre, il a été un acteur direct de la fusion avec l’Agence française pour la biodiversité, qui donnera naissance à l’OFB. Il connaît les tensions internes issues de cette fusion, les cultures professionnelles opposées, la défiance persistante sur le terrain. Il sait ce que représente l’OFB pour les chasseurs, les élus ruraux, les gestionnaires d’espaces naturels. Ce ne sont pas pour lui des abstractions.
Un profil clairement situé
Le parcours d’Anne Le Strat est public. Son engagement chez les Ecologistes est ancien, structurant, et assumé. Sa lecture des enjeux environnementaux est militante, et elle l’a revendiquée comme telle tout au long de sa trajectoire. Elle ne s’inscrit pas dans une tradition de neutralité technicienne, mais dans une logique de rapport de force, toujours critique à l’égard des usages traditionnels et des acteurs de terrain.
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Ce constat (je vous vois venir) ne relève pourtant ni de l’attaque personnelle ni du procès d’intention. Il est descriptif. Il suffit de se pencher sur ses prises de position passées pour comprendre qu’il ne s’agit pas d’un profil de médiation, mais de militantisme.
Une enquête qui confirme le malaise
La controverse autour de ce recrutement a rapidement dépassé le cadre des réseaux spécialisés. À l’Assemblée nationale, des élus ont publiquement mis en cause l’opportunité de ce choix, estimant qu’il envoyait un signal négatif aux mondes agricole et rural. En réponse, le gouvernement a annoncé l’ouverture d’une enquête administrative sur les modalités du recrutement, saisissant plusieurs corps d’inspection afin de vérifier le respect des exigences de neutralité et de compétence.
Une telle démarche reste rare pour ce type de nomination. Elle n’implique pas l’irrégularité du processus, mais elle acte un fait politique : la régularité administrative ne suffit pas à dissiper les interrogations sur la portée et les conséquences de ce choix.
Une ligne qui se dessine
Le recrutement d’Anne Le Strat ne peut donc être analysé isolément. Il s’inscrit dans un contexte où l’OFB est soumis à des pressions constantes de la part d’organisations militantes qui le jugent trop conciliant avec certains usages, en particulier la chasse. Contentieux, campagnes publiques, accusations récurrentes : cette critique est installée.
Dans ce cadre, l’intégration d’un profil aussi nettement marqué peut être lue comme un signal. Au minimum une inflexion culturelle. L’équilibre déjà fragile issu de la fusion ONCFS–AFB semble céder la place à une orientation où l’idéologie prend davantage de poids dans la définition de l’action publique.
Le choix
C’est ici que le parcours d’Olivier Thibault pose question. Ancien directeur de l’ONCFS, acteur central de la construction de l’OFB, il connaît les réalités de terrain, les fédérations, les équilibres ruraux. Il sait ce que coûte une écologie administrative perçue comme hostile ou hors-sol. Il sait ce que produit une rupture de confiance avec les acteurs locaux.
Dans ces conditions, le recrutement d’Anne Le Strat ne peut être interprété ni comme une naïveté ni comme un accident. Il s’agit d’un choix. Un choix qui engage une direction intellectuelle et politique pour l’établissement.
Une conséquence claire
À force d’intégrer des profils en rupture avec les pratiques qu’il est chargé d’encadrer, l’OFB prend un risque clair : celui de ne plus être perçu comme un arbitre, mais comme un acteur engagé d’un camp contre les autres. Et cette perte d’équilibre a des effets concrets sur l’acceptation de la norme, sur la coopération de terrain, et sur la capacité même de l’État à faire appliquer ses décisions.
Le recrutement d’Anne Le Strat ne dit peut-être pas ce que l’OFB est déjà devenu. Il dit, en revanche, ce que sa direction accepte désormais d’assumer.
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Bonsoir, que dire de plus….de mauvais politiques ne peuvent que prendre de mauvaises décisions .D’où l’importance de voter avec une bonne réflexion
Préparons nous à des attaques et même des coups bas . Je pense qu’à la saison prochaine nous aurons des surprises .
Le renard est dans le poulailler.
Nommer des partisans politiques au sein des institutions n’est plus viables et coulent très durement la France. La neutralité devrait être une norme pour garder la capacité d’écouter tout le monde mais c’est hélas très rarement le cas. Chaque nomination devrait être soumise à un vote de la part des intéressés. Chaque ministre, haut fonctionnaire et autres, devraient avoir leur place par les urnes et non les copinages, je vous garantis que la France tournerait mieux.
Malheureusement cela ne date pas d aujourd’hui. Combien de départements et régions ,d administrations,de ministeres sont infiltrés depuis les années 80 et maintenant les médias pour des clics qui rapportent
Idéologie et le mensonge prennent l ascenseur et la vérité les escaliers