L’ASPAS avait interpellé 44 préfets pour réclamer des suspensions de chasse après les incendies et la sécheresse de l’été. Onze lui ont répondu. Ça suffit à l’association pour titrer « les préfets répondent », puis pour conclure que « l’État refuse presque partout ».
Sur les 44 préfets officiellement interpellés par l’ASPAS courant août, seulement 10 ont répondu à nos courriers. Aucun (ou presque) n’a pris la décision de suspendre la chasse dans son département… 👇 www.aspas-nature.org/chasse-incen…
— ASPAS (@aspasnature.bsky.social) 30 septembre 2026 à 16:44
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« Chasse, incendies et sécheresse : les préfets répondent à l’ASPAS ». Le titre implique que l’ASPAS interpelle l’État, puis que l’État lui répond. On pousse la chansonnette de l’interlocuteur crédible. C’est mignon.
Sur les 44 préfets sollicités, 11 ont répondu. Avec exactement les mêmes chiffres, on pouvait titrer : « Trois préfets sur quatre ne répondent pas à l’ASPAS ». C’était tout aussi vrai. Un peu moins flatteur, certes.
Bon après c’est bien l’objectif : « Les préfets répondent » n’est pas formellement faux puisque plusieurs l’ont fait. Mais la formulation donne à onze réponses l’allure d’une réaction collective. Le lecteur retient une institution qui répond à l’ASPAS.
Quelques lignes plus loin, l’ASPAS explique que leurs réponses « concordent sur le fond » et en déduit que « l’État refuse presque partout » de donner du répit à la faune sauvage.
On sait ce qu’ont répondu onze préfectures. On ignore la position des trente-trois autres, qui ont peut-être autre chose à faire que de répondre à des idéologues.
Dans tous les cas, les onze aventuriers deviennent « les préfets » dans le titre, puis « l’État » dans le corps du texte. Sacrée carrière !
Alors les préfectures, quand elles répondent, motivent les choses : absence de mortalité massive constatée, retour des pluies ou encore nécessité de poursuivre la régulation de certaines espèces (ah bon ?).
Lorsque l’ASPAS lance son appel en août, elle demande des suspensions dans les territoires gravement touchés par les incendies, les canicules et la sécheresse. Un mois plus tard, son bilan souligne qu’aucune préfecture n’a accepté de « suspension généralisée de la chasse ».
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La réglementation, elle, permet au préfet de suspendre temporairement la chasse sur tout ou partie d’un département. C’est un outil local et modulable. Or le bilan tend à présenter l’absence de suspension générale comme le signe que rien n’aurait été fait avec l’idée que du coup l’Etat est complice des chasseurs et sans doute soumis au lobby.
Chers amis, tout ça est en réalité un piège de communication somme toute assez classique : quelle que soit la réponse de l’administration, l’association peut la convertir en argument à son avantage. Le préfet refuse ? L’Etat est complice des chasseurs. Il ne répond pas ? Le silence devient la preuve que l’État se moque du sort des animaux. Il accepte la demande ? L’ASPAS revendiquera une victoire et présentera sa mobilisation comme décisive.
La démarche ne sert donc pas à obtenir une décision administrative : elle produit, quoi qu’il arrive, une matière militante exploitable. C’est ce qui rend ces campagnes à la fois efficaces en termes de com, et catastrophiques sur le plan de l’information au public. Un dispositif dans lequel toutes les réponses possibles confirment le récit de départ reste une mise en scène. Appelez ça comme vous voulez, propagande ou communication militante, mais la mécanique est la même : on tend le piège, puis on écrit le communiqué en fonction de la façon dont l’administration tombe dedans.
A voir en vidéo :










Quelle est l’utilité de l’ASPAS pour la collectivité ? Et pour d’autres du même style, même si cela concerne d’autres domaines ?
On doit se poser la question au moment où la France est extrêmement endettée et incapable (politiquement) de construire des budgets à l’équilibre.
Parce qu’un grand nombre d’associations vivent en fait de dons qui sont défiscalisés à 66%, et pour certains jusqu’à 75%, pour un apport minime à l’intérêt général et parfois au profit d’un nombre restreint de personnes.
Vu ce que représente le montant en réductions d’impôts lié aux dons à ces associations qui permettent d’en bénéficier, et vu l’état des finances du pays, il serait temps de faire un peu le tri et privilégier les organismes, associations ou œuvres de réel intérêt général en leur réservant les taux actuels de réductions d’impôts pour les dons et en diminuant ces taux si l’intérêt général n’est pas évident ou démontré pour les autres.
Pour un intérêt qui n’est pas général, les taux de réductions d’impôts sont excessifs. On est en plein bisounours en ne portant pas un regard précis sur ces montants.