L’arrivée du chacal doré en France

Chasse Actu
date 05 février 2024
author Léa Massey

Depuis la première identification visuelle il y a trois ans, l’Office français de la biodiversité (OFB) confirme la présence du chacal doré dans le département des Bouches-du-Rhône.

Cette confirmation repose sur une analyse génétique pionnière réalisée sur des fèces collectées dans le Pays salonais, marquant ainsi un indice concret de la colonisation de cette espèce en France.

Initialement repéré en 2017 en Haute-Savoie, le chacal doré (Canis aureus) s’étend désormais dans plusieurs départements français, tels que les Deux-Sèvres, l’Essonne, les Alpes-Maritimes et le Finistère. Cependant, les observations se limitent à des individus isolés, ne fournissant pas encore de preuves de groupes constitués ou de reproduction sur le territoire.

Face à cette expansion, le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires a mandaté l’OFB pour centraliser les données et surveiller l’arrivée de ce nouveau prédateur. Le suivi est confié au Réseau Loup-Lynx de l’OFB, chargé de collecter sur le terrain des indices tels que excréments, urines, poils, photos et vidéos, afin d’enrichir les connaissances sur cette espèce.

Dans les Bouches-du-Rhône, une analyse génétique récente sur des excréments récoltés en juin 2022 a formellement identifié la présence d’un chacal doré. Cette avancée permet le génotypage du spécimen, facilitant ainsi la comparaison avec les futurs échantillons d’ADN.

Ces résultats font écho à l’identification visuelle effectuée fin 2020 par la Ligue de protection des oiseaux (LPO) dans le même territoire, où un chacal doré avait été photographié à plusieurs reprises lors du suivi d’un écoduc sous l’autoroute A7.

Un Canidé polyvalent, entre loup et renard

Avec une masse variant de 7 à 17 kg et une hauteur au garrot de 45 à 50 cm, le chacal doré se positionne entre le loup et le renard en termes de taille. En tant que prédateur généraliste, il peut être la proie du loup et rivalise avec le renard pour son régime omnivore. Affichant un penchant marqué pour la charogne, le chacal se nourrit de carcasses de proies domestiques ou sauvages, bien que sa prédation sur des proies adaptées à sa petite taille reste peu documentée en Europe.

Une Colonisation Naturelle dans le Paysage Européen

Le chacal doré, présent depuis plus de 2000 ans en Europe, a étendu son territoire depuis les Balkans vers l’ouest et le nord depuis les années 1960. L’espèce a été détectée en Italie et en Autriche dans les années 1980, en Allemagne dans les années 1990, en Suisse depuis 2011 et en France depuis 2017. Toutefois, aucune preuve de reproduction n’a encore été établie en France.

La plasticité du chacal dans l’utilisation des milieux le conduit à affectionner les zones humides, les marais et les berges des cours d’eau. Bien adapté à la cohabitation humaine, il évite toutefois les zones habitées par les loups et celles soumises à un enneigement important.

Statut Réglementaire en Faveur du Chacal Doré

En 2016, une étude génétique de la Commission européenne a conclu que le chacal doré ne pouvait être considéré comme une espèce introduite par l’Homme. Inscrit à l’annexe V de la Directive Habitats 92/43/CEE, il fait partie du patrimoine naturel européen, exigeant des États membres de garantir le maintien de ses populations dans un état de conservation favorable.

En France, le chacal doré ne fait pas partie des espèces chassables.

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8 Commentaires :
  1. Francoise Leygnac
    05/02/24

    Ces chacals auraient fait tout le voyage depuis les Balkans ?

  2. Francoise Leygnac
    05/02/24

    Ces chacals auraient fait tout le voyage depuis les Balkans ?
    D’Italie ? De Suisse ? D’Allemagne ?

  3. Lolo0126
    05/02/24

    Ce ne sont que des jeunes en recherche de nouveaux territoire.

  4. Lucien
    05/02/24

    Ça ne doit pas être de bons chercheurs alors…!
    Ça va faire comme pour les loups répartis sur tout le territoire de manière éparse, même en Bretagne. Des déplacements miraculeux bravant tous les gros obstacles au déplacement des animaux🤔😉🙄
    De plus pour le chacal doré, on ne lui connaît pas de cas de reproduction mais il y a tout de même un accroissement de la population 🤔🤢.
    Mais de qui se moque t on ?
    Les gens qui nous mentent existent au travers la présence de ces espèces.
    Ça sera sans fin !

  5. Philippe
    06/02/24

    On va donc laisser une nouvelle espèce se développer chez nous sans rien faire jusqu’à ce qu’elle pose beaucoup de problèmes. Comme il sera trop tard, on nous dira qu’il faudra faire avec et supporter les conséquences.

  6. Nestor
    07/02/24

    Petite rectification en passant et pour répondre au théoricien des lâchers de chacals (on dit pas des chacaux ?), et apporter une nouvelle information :
    On a des preuves de reproduction du Chacal doré au sud du Pô depuis 2021. Il est possible, voir probable, que l’espèce se reproduise en Italie depuis bien plus longtemps (comme dit dans l’article, il y est présent depuis les années 80)
    Et surtout il y a une forte suspicion de reproduction en France également à proximité de Marseille : une jeune femelle percutée fin 2023 a été autopsiée et estimée comme ayant environ un an.
    C’est pas encore une preuve irréfutable de reproduction en France, mais y’a un faisceau d’indices, on va dire.
    C’est une espèce avec une très forte capacité de dispersion, il n’est pas étonnant que des individus soient détectés isolés assez loin des noyaux de reproductions… Comme le Loup !

  7. Michel DEDIEU
    08/02/24

    A cette annexe V de la Directive Habitats 92/43/CEE, elle est bien commode, on peut y mettre beaucoup d’espèces même celles qui sont arrivées en parachute, train, bateau ou autre.

    1. Luc
      11/02/24

      Nestor, vous feriez partie de ces personnes qui existent grâce à l’apparition des ces espèces sur notre territoire que je ne serais pas étonné !?

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