Chèvres de Passy : faut-il expliquer la biologie à One Voice ?

Chasse Actu
date 13 mai 2025
author Richard sur Terre


En Haute-Savoie, des chèvres domestiques retournées à l’état sauvage inquiètent les autorités. One Voice crie à l’abattage abusif. Mais a-t-elle seulement entendu parler de la féralisation ?

One Voice s’indigne. Une fois de plus. Le préfet de Haute-Savoie aurait « ordonné l’abattage » de paisibles chèvres errantes, accusées de menacer la biodiversité. Le ton est grave, l’indignation automatique. Mais dans sa frénésie militante, One Voice omet une notion pourtant centrale pour comprendre cette affaire : la féralisation.

Qu’est-ce que la féralisation ?

La féralisation (ou marronnage) désigne le retour à l’état sauvage d’animaux domestiques qui, livrés à eux-mêmes, s’adaptent à leur nouvel environnement. Contrairement aux animaux simplement « perdus » ou « abandonnés », les animaux férals (ou marrons) vivent, se nourrissent, se reproduisent en dehors de tout contrôle humain.

Ce phénomène concerne aussi bien les chats, les cochons, les chiens… que les chèvres, comme à Passy. Et il n’est pas anodin : ces populations animales peuvent concurrencer la faune sauvage, modifier les écosystèmes, introduire des maladies, ou encore s’hybrider avec des espèces locales. C’est précisément ce que redoute ici le préfet : une hybridation entre chèvres férales et bouquetins.

Animal domestique ou espèce invasive ?

One Voice joue sur les mots. En appelant ces chèvres des « animaux domestiques », elle tente de faire croire qu’elles relèvent du statut de l’animal de compagnie perdu. Or, les faits démentent cette lecture : les chèvres vivent depuis plusieurs années à l’état libre, en haute montagne, sans propriétaire identifié, et se reproduisent de manière incontrôlée.

A lire aussi : One Voice s'indigne (par principe) 

Nous ne sommes donc plus dans un cas de divagation, mais bien dans une dynamique de constitution d’une population férale, avec les risques que cela implique.

Une décision brutale ? Oui. Injustifiée ? Non.

La décision d’abattre les animaux est-elle brutale ? Évidemment. Elle l’est toujours. Mais l’administration ne peut pas se contenter de bons sentiments : elle doit arbitrer entre le respect de la vie animale et la protection des équilibres écologiques.

Dans un monde idéal, les chèvres auraient pu être capturées, identifiées, relocalisées. Mais dans un massif escarpé, face à des animaux méfiants, cette solution est souvent techniquement irréalisable ou disproportionnée en moyens. Il ne faut pas oublier que certaines chèvres peuvent devenir semi-sauvages en seulement quelques années.

Le cas des chats harets ou des cochons retournés à l’état sauvage

Cette affaire n’est pas isolée. En Australie, la prolifération des chats harets décime la faune endémique. En Corse, des cochons domestiques redevenus sauvages détruisent les cultures et transmettent des maladies. Faut-il les traiter comme des animaux de compagnie ? Évidemment non. Car ce qu’ils sont devenus, ce n’est plus ce qu’ils étaient.

Le piège moraliste

Ce que One Voice refuse de voir, c’est que tous les combats ne se valent pas. La réalité n’est pas binaire. Oui, ces chèvres ont un museau attendrissant. Oui, elles sont victimes de l’abandon humain. Mais non, elles ne peuvent pas être laissées là, comme si de rien n’était.

Refuser d’intervenir, c’est aussi faire un choix : celui de laisser potentiellement une espèce domestique perturber un écosystème fragile.

Plutôt que de hurler à l’abattage et de tordre la réalité pour faire pleurer dans les chaumières, One Voice ferait mieux de réviser ses bases en écologie. Un animal domestique abandonné peut, parfois, devenir une menace. Ça s’appelle la nature. Ce n’est pas toujours beau, ni simple. Mais c’est réel.

A voir aussi en vidéo :

Partager cet article
11 Commentaires :
  1. Ajh
    13/05/25

    Si one voyce souhaite sauver ces chèvres le préfet devrait leur donner délégation pour les capturer vivantes par leurs propres moyens. Évidemment ils seront en charge de trouver des points d’accueil mais ça ce n’est pas un problème car il n’y en aurai pas beaucoup à caser. 😀

  2. Parlais
    13/05/25

    Le préfet a autorisé ces opérations sur le fondement de l’article L. 427-6 du code de l’environnement relatif aux battues administratives. Ces battues ne peuvent viser que des espèces « non domestiques ». Ces chèvres sont férales, soit des chèvres de race domestique échappées.
    Le préfet ne peut donc pas organiser de battues administratives les concernant. Ca semble assez clair.

    C’est au maire de régler cette situation, non au préfet, c’est lui qui est en charge de la gestion des animaux domestiques divagants. Normalement les animaux domestiques divagants doivent être capturés et ne peuvent être abattus qu’en cas de « danger grave ou imminent » pour les personnes ou les animaux domestiques. Aucun texte ne prévoit qu’ils peuvent être abattus en cas de risque d’hybridation. Libre à vous de proposer une modification de la loi, mais force est de constater qu’aujourd’hui ça n’est pas possible.

    Et puis il est faux de dire que ces chèvres sont là depuis des années. Les propriétaires de la zone indiquent en perdre régulièrement. De ce que je vois dans les médias celles-ci auraient été perdues fin 2024. Il ne faudrait pas oublier leur responsabilité non plus…

    La question de l’effet du retour à la vie sauvage d’animaux domestiques se pose. Mais la gestion de ces situations n’autorise pas à tout, et notamment pas à méconnaitre la loi ! Si certains doivent réviser la biologie, d’autres doivent réviser le droit 😉

    1. Richard
      13/05/25

      Une solution,puisqu il ne faut pas les éliminer,les capturer et les mettre dans votre jardin.la battue est une solution simple et qui ne coûte rien au contribuable a moins que certains veillent en récupérer.

    2. Bruckner daniel
      13/05/25

      Je ne saisis pas la raison de votre commentaire. Richard explique très bien la situation et la raison de l’arrêté. Faut il toujours des gens qui se croient plus smart que d’autres à pinailler, à brasser du vent. Je préfère de loin que ces chèvres disparaissent que toute la population de bouquetins soit abattue à cause d’une possible hybridation. Si vous avez bonne mémoire je souhaite vous rappeler le devenir des cerfs « autour  » du domaine de l’ASPAS de Valfanjouse qui ont dû être abattu à cause du risque d’hybridation avec le cerf sika ( ce n’était pas une action de chasse ).

  3. Thierry
    13/05/25

    Un écolo ça débute sa journée en cherchant bien ce sur quoi il peut s’indigner, mais vite, sans chercher à comprendre et surtout un bon produit émotionnel. Puis ça s’indigne en tant que membre d’honneur du camp du Bien, et en rappelant qu’on peut donner contre ça. Ça va chercher ses subventions. Ça mange son steak de soja. Ça passe l’après midi dans les tribunaux et le soir ça compte les sommes gagnées.

  4. Fillol simone
    14/05/25

    Arrêtez vos massacres!laissez les vivre!

    1. Jojo
      14/05/25

      Va les récupérer alors!!!
      Ah non c’est vrai, il faudrait se tirer les doigts du c.., chose impossible pour un animaliste.

  5. Jéjé
    14/05/25

    Si il y avait des loups , ça réglerait assez rapidement le problème 🙂

    1. Gerard
      21/05/25

      C’est vrai. Comme la Chêvre de Mr Seguin (Alphonse Daudet)…🤣🤣🤣

  6. Jéjé
    14/05/25

    Si il y avait des loups , ça réglerait assez rapidement le problème 🙂

  7. Rsr
    14/05/25

    Et le père noël passe le 24 décembre au soir….
    Vous espérez qu’un prédateur opportuniste avec des effectifs relativement faibles par rapport au problème et un vaste terrain de jeu gère la situation ? Autant demander à Binet de gérer ArcelorMittal France 🤣🤣🤣
    Non, la présence du loup ne règle rien car c’est un animal territorial et opportuniste. Grosso modo, un loup consomme 1095kg de viande par an étalé sur de gros repas et des périodes de jeûne. La meute est composé de 4-5 individus opérant sur des territoires d’une centaine de km²… Il mange effectivement de gros animaux comme des cerfs ou des chevreuils mais aussi du bétail et des petits mammifères ou amphibiens. Son mode de prédation repose sur le repérage des individus les moins protégés et l’isolement de la ou les cibles. Il préfère donc largement le mouton en parc que la chèvre en liberté… Il est aussi à noter que les canidés sont de mauvais montagnards de part leurs pattes dotées de coussinets et de griffes (idéal dans les bois ou près mais peu efficientes dans les pierriers ou les sentes de montagnes). Bon bref, encore un fantasme idéologique…

Soumettre un commentaire

Dans la même catégorie

Articles les plus récents