Un cerf décapité, une photo, et aussitôt un coupable : la chasse. Sauf que la Fédération de l’Orne raconte désormais une histoire beaucoup moins pratique pour le réalisateur.
Après avoir égorgé un cerf sous les yeux de ma mère, l’année dernière, la chasse est à nouveau ouverte ! Maintenant, ils décapitent les cerfs devant chez moi et laissent pourrir les corps. Et on ose parler de la « noblesse » de la chasse ? pic.twitter.com/ekn1Xqha7f
— Luc Besson (@lucbesson) September 20, 2026
La photo est dégueulasse. Un cerf décapité, abandonné comme un déchet au bord d’un grillage, ça n’appelle aucune réjouissance. Absolument aucune. Mais contrairement à ce qu’on pouvait penser en découvrant l’image, on ne sait même pas aujourd’hui comment cet animal est mort, ni quand sa tête a été coupée. Et ça change quand même légèrement les choses.
Luc Besson, lui, n’a pas attendu le générique. Dimanche, jour de l’ouverture générale dans l’Orne, il publie la photo : « la chasse est à nouveau ouverte ! Maintenant, ils décapitent les cerfs devant chez moi ». Puis vient la petite charge sur la « noblesse » de la chasse. Le scénario est simple : la chasse ouvre, des chasseurs tuent un cerf, le décapitent et abandonnent le corps devant chez lui. Les réseaux sociaux font le reste et une bonne partie de la presse reprend l’histoire avec la délicatesse habituelle d’un troupeau de gnous qui se jettent dans la rivière Mara.
Sauf que la Fédération des chasseurs de l’Orne vient de balancer un énorme caillou dans la flotte. Selon elle, le cerf n’a pas été tué à la chasse ce week-end-là, ne présente aucune blessure par balle, était déjà dans un état de décomposition avancé et avait été retrouvé puis signalé à l’OFB plus d’une semaine auparavant. Elle avance plusieurs causes possibles de mortalité, notamment le brame, une collision ou le grillage contre lequel l’animal se trouvait. Pour l’instant, ce sont des hypothèses, pas un rapport d’autopsie gravé dans le marbre. Mais la réponse de la Fédération et l’ancienneté supposée du cadavre sont désormais publiquement rapportées.
En clair, on ne sait pas ce qui est arrivé à ce cerf. Peut-être que quelqu’un lui a coupé la tête après sa mort pour récupérer les bois. Peut-être qu’un abruti est effectivement passé par là. Il faudra l’établir. Mais entre « voilà un cerf mort et décapité » et « maintenant, ils décapitent les cerfs », il existe normalement des étapes.
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Mais quand on est bêtement anti-chasse (je précise qu’on peut être anti-chasse sans l’être bêtement), le seul outil dont on dispose c’est souvent un marteau…et dans ces cas-là, tout ressemble à un clou.
Luc Besson a le droit d’avoir les boules. Mais est-ce bien utile de transformer chaque saloperie commise autour de chez lui en procès de la chasse tout entière ? Et si finalement tout ça, c’était l’histoire d’un abruti qui fait des trucs d’abruti chez un type pas bien plus inspiré que lui ? Je pose une question ouverte.
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