La décision obtenue au Conseil d’État en 2024 par les associations animalistes bloque aujourd’hui tout transfert des cétacés de Marineland. Un an de stagnation dont personne ne rendra compte.
🔵 INFO LP | Les autorités sommées d'agir sur les animaux de Marineland
— Le Parisien (@le_Parisien) May 4, 2026
Le delphinarium d’Antibes a beau être fermé depuis janvier 2025, les deux orques comme les douze dauphins du lieu tournent toujours dans les bassins de la Côte d'Azur ➡️ https://t.co/tuf9VQn7FX pic.twitter.com/uCcxuM7dFR
Marineland d’Antibes a baissé définitivement le rideau en janvier 2025. Ses deux orques et ses douze dauphins sont toujours là. Les bassins sont inactifs et les soigneurs réduits à l’entretien du lieu. À quelques mètres, Aquasplash (même propriétaire, même groupe) prépare sa réouverture pour le 13 juin avec de nouvelles attractions estivales. Le contraste n’a pas besoin d’être commenté.
Pourquoi ces animaux n’ont-ils pas été transférés depuis plus d’un an ? Parce qu’une décision du Conseil d’État obtenue en 2024 par l’association « C’est assez » soumet tout transfert à une condition posée par leur avocate Maître Arielle Moreau : il ne doit pas obéir à des motifs « principalement commerciaux ». Or déplacer Keijo et Wikie vers un parc japonais ou espagnol, ou les douze dauphins vers Beauval, implique nécessairement une transaction entre établissements. Le critère ne laisse ouverte aucune porte praticable.
L’objection et sa limite
On dira que sans cette décision, les animaux auraient pu être cédés à des parcs aux conditions dégradées. L’argument existe. Il ne tient pas longtemps face au résultat : seize mois de stagnation, aucune perspective documentée, aucune échéance connue. Bloquer un mauvais transfert n’est pas protéger un animal. C’est suspendre son sort dans le vide en attendant qu’un juge ou un ministre tranche à la place de ceux qui ont actionné le recours.
A lire aussi : Marineland : One Voice découvre le désordre qu’elle a contribué à créer
C’est assez ne se contente pas de surveiller. L’association, par la voix de Maître Arielle Moreau, réclame des cartes d’identité individuelles pour chaque animal, des avis vétérinaires indépendants, des inspections préalables des sites d’accueil. Chaque exigence est juridiquement défendable prise séparément. Ensemble, elles forment un verrou procédural que l’association tient dans sa main. Aucune solution de sortie concrète n’a été proposée en contrepartie. La victoire judiciaire de 2024 leur a permis de peser sur le dossier sans en devenir responsables. C’est précisément ce que le contentieux environnemental permet : agir sans assumer.
L’activisme juridique produit des effets réels sur des êtres réels. Quand ces effets sont négatifs, personne ne comparaît. « C’est assez » passera au prochain dossier, au prochain recours, à la prochaine victoire communiquée en conférence de presse. Les orques Keijo et Wikie, elles, seront toujours dans leurs bassins.
A voir en vidéo :









