Chasse : Nuñez dénonce l’ultragauche

Chasse Actu
date 16 octobre 2026
author Richard sur Terre

Un chasseur au fémur brisé, une députée RN en tragédienne, un Insoumis en perroquet, un ministre en gendarme de théâtre et des militants AVA qui réclament le premier rôle alors que personne ne les a sonnés. Mercredi 14 octobre, l’Assemblée nationale jouait sa comédie politique en plusieurs actes. Distribution prestigieuse, dialogues consternants et final délicieux.

Mercredi 14 octobre, la troupe parlementaire présentait sa dernière création : La sécurité des chasseurs. Une pièce contemporaine, quelque part entre Molière et une réunion de copropriété qui part en quenouille.

Le décor est posé dans le Lot. Le 27 septembre, un jeune chasseur qui installait des panneaux de signalisation avant une battue a été percuté par une voiture. Bilan rapporté : un fémur fracturé et 21 jours d’incapacité totale de travail. La députée RN Stéphanie Galzy soupçonne un acte volontaire. La justice enquête. Chasses Eternelles avait relayé cette affaire.

Jusque-là, personne ne rit. Il faut attendre l’entrée des comédiens.

Stéphanie Galzy demande au ministre de l’Intérieur ce qu’il compte faire pour protéger les chasseurs, notamment face aux appels à entraver leur activité. Une question assez simple, finalement : peut-on pratiquer une activité légale sans risquer de finir aux urgences ?

C’est alors qu’Arnaud Saint-Martin, député LFI, nous offre sa contribution au débat. Du fond de l’hémicycle, il lance : « La passion de tuer ! ». C’est hors sujet, mais ça fait plaisir aux camarades. Bordélisation habituelle de l’élu LFI lambda qui n’a rien à dire, mais qui le dit quand-même. Copyright. 

Arrive Laurent Nuñez, dans le rôle du ministre de l’Intérieur. Costume impeccable, diction administrative et gravité réglementaire. Il reconnaît les tensions, évoque les sabotages, les entraves aux chasses à courre et les groupuscules de l’écologie radicale proches de l’ultragauche. Certains, explique-t-il, mènent des actions violentes et sont suivis par ses services.

Dans la salle, ça frémit. La socialiste Anna Pic s’écrie : « C’est incroyable ! » Pierre Cordier, côté Droite républicaine, réplique : « Y’en a marre des escrologistes ! »

On touche au sommet dramaturgique. L’un s’indigne à la manière d’un gentilhomme devant les saillies de Cyrano, l’autre nous ressort un vieux calembour usé jusqu’à la corde, tandis que le ministre tente de terminer sa tirade. Il ne manque que les portes qui claquent, l’amant caché dans le placard et le mari qui rentre plus tôt que prévu.

Nuñez rappelle enfin l’existence de conventions entre fédérations de chasseurs et gendarmerie. Rien de nouveau n’est annoncé. Les chasseurs sont priés de se sentir rassurés, puisque le ministère surveille une situation qu’il surveillait déjà. Le théâtre de l’État a ses traditions : beaucoup de paroles, quelques applaudissements et le rideau tombe sur une promesse de vigilance.

Mais la pièce n’est pas terminée. Car voici qu’entre en scène un personnage extraordinaire : AVA, Abolissons la Vénerie Aujourd’hui.

Changement de style. On quitte le vaudeville parlementaire pour aller vers Guignol.

Oui chers amis, il faut savoir apprécier toute la finesse du scénario. Laurent Nuñez n’a jamais prononcé le nom d’AVA. Il a parlé de certains groupuscules radicaux et d’actions violentes. Il n’a pas davantage établi de lien entre ces mouvements et l’accident du Lot.

Qu’importe ! AVA a entendu l’appel de la rampe. L’organisation publie aussitôt une réponse indignée, convaincue d’être visée. Le metteur en scène cherchait des figurants, quelqu’un a ouvert la porte de sa loge et crié : « C’est nous ! »

AVA dénonce alors un État dépassé par la situation, présente son organisation comme un outil au service du peuple (c’est tordant) et explique que son existence répond au chaos qui régnerait dans les campagnes. Nous on se régale. Le chaos serait donc tel que des citoyens auraient dû s’organiser eux-mêmes pour rétablir l’ordre. AVA est décidément la voix du peuple ! On en chialerait.

A lire aussi : AVA et le “carambolage” imaginaire

AVA, dans une saillie dramatique à peine forcée, prévient que tenter de faire taire le mouvement est vain, puisqu’il continuera sous d’autres noms et d’autres formes, comme ses prédécesseurs depuis cinquante ans. Nous précisons à Chasses Eternelles, et ça renforme même les propos de AVA, que Guignol existe depuis 1808. Ce n’est donc pas 50 ans d’histoire, mais bien deux siècles !

Puis vient la grande tirade finale. AVA proclame : « AVA est votre bras, votre œil, votre voix. » C’est fascinant de voir à quel point ils s’enjaillent tout seuls. C’est de la poésie.

Le spectacle est terminé. Chacun a joué le rôle qu’on attendait de lui. Pendant ce temps, dans le Lot, un jeune homme se remet d’une fracture du fémur. L’enquête devra déterminer dans quelles circonstances il a été percuté. Et samedi prochain, ailleurs en France, des chasseurs installeront leurs panneaux pour signaler une battue.

Rideau.

A voir en vidéo :

Richard sur Terre
Richard sur Terre Vidéaste et rédacteur en chef de Chasses Éternelles, Richard sur Terre travaille sur les questions liées à la chasse, à la ruralité et à la biodiversité.
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1 Commentaire :
  1. Jean 2
    16/10/26

    Bonjour, il me semble que ce ministre est chasseur,donc, être bien au fait du problème, maintenant la justice doit faire son travail et condamner sévèrement.

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