Sangliers : toujours la faute des chasseurs ?

Chasse Actu
date 17 septembre 2025
author Richard sur Terre

Un reportage sur les sangliers de la métropole lyonnaise reprend, encore une fois, la vieille rengaine : si les populations explosent, c’est la faute des chasseurs. Une lecture biaisée, répétée à l’infini, qui fatigue autant qu’elle déforme la réalité.

À lire l’article de Radio France sur La Tour-de-Salvagny, on a comme un sentiment de déjà-vu. Des sangliers dans les lotissements, des jardins retournés, des maraîchers excédés… Et, au détour d’une citation, la cause désignée : les chasseurs. Pierre Athanaze, élu écologiste (ô surprise !), pointe aussitôt l’agrainage comme facteur majeur et réclame son interdiction. L’histoire est servie : si les sangliers prolifèrent, c’est que les chasseurs les entretiennent.

Sauf que cette explication, répétée à longueur d’années, est aussi fausse que fatigante.

D’abord les chiffres. On nous parle d’“un million de sangliers” en France. En réalité, la population avoisine sans doute les deux millions, et chaque année les chasseurs en prélèvent environ 800 000. C’est un effort colossal, qui n’empêche pourtant pas les animaux d’être de plus en plus visibles en périphérie des grandes villes. Pourquoi ? Parce que là, tout simplement, il est interdit de chasser. On reproche donc aux chasseurs de ne pas réguler… là où la régulation leur est impossible.

Ensuite l’agrainage. Oui, il y a des abus, et certains l’utilisent pour fixer les animaux. Ces dérives doivent être sanctionnées par une vraie police de l’environnement. Mais il faut être honnête : aucune étude ne démontre que l’agrainage augmente la population de sangliers. Les cultures agricoles offrent déjà une abondance de nourriture bien supérieure à ce que quelques seaux de maïs en forêt pourraient représenter. L’agrainage peut concentrer les animaux, mais il ne les multiplie pas.

Ce que l’article ne dit pas, en revanche, c’est que l’étalement urbain crée un effet réserve. Les villes gagnent sur les terres agricoles, les zones boisées ou en friche se multiplient, et les sangliers y trouvent refuge. Des “sanctuaires involontaires” où la chasse ne peut s’exercer. Voilà pourquoi ils apparaissent ensuite au pied des immeubles, dans les jardins, voire sur les bretelles d’autoroute.

A lire aussi : Sanglier : le choc d’un couple de retraités à Fréjus

La solution ? Certainement pas d’interdire la chasse, comme le suggèrent certains (selon une logique qui leur apprtient). Au contraire, il faut permettre une régulation adaptée, y compris en zones sensibles. Cela passe, par exemple, par le recours aux chasseurs à l’arc, dont la pratique silencieuse et précise est adaptée aux zones périurbaines où les armes à feu sont évidemment exclues.

Et puis, rappel essentiel : les chasseurs paient. Ils assument seuls la conséquence économique de cette explosion démographique, pendant que d’autres se contentent de désigner des coupables commodes.

Alors oui, à force, la lassitude s’installe. Lassitude d’entendre les mêmes accusations. Lassitude de voir répéter que “les chasseurs fabriquent des sangliers”. Lassitude de constater que l’on préfère brandir le mot “agrainage” comme une explication magique plutôt que de regarder en face les véritables causes : urbanisation, changements agricoles, hivers doux etc.

Un mensonge répété mille fois ne devient pas une vérité. Mais il devient un confort. Et cet article lyonnais le prouve encore : c’est tellement plus simple d’accuser les chasseurs que de s’attaquer aux vraies responsabilités.

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2 Commentaires :
  1. serge
    17/09/25

    C’est tellement simple de répéter des phrases toutes faites sans vraiment se poser des questions. Il y a trop de sangliers, c’est surement vrai il n’est pas rare de rencontrer des laies (maman de sanglier) en décembre avec des marcassins (bébé sanglier), en principe à la fin de l’automne il y a des bêtes rousses (ado sanglier) déjà bien solides pour affronter l’hiver. Sauf que depuis un moment il n’y a plus d’hiver ma brave dame est-ce à cause des satellites ? Je ne sais pas… pas de mort hivernale donc plus de sangliers au printemps qui se reproduisent et la suite est connue
    voilà une des explications il y en a d’autres
    Mais si le préfet décide d’organiser des battues dans les quartiers il le fera sans moi. Il faut savoir, interdire la chasse ou tuer des sangliers sans les chasser.

  2. user-031908
    28/09/25

    awesome

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