Pensée pour limiter les ricochets sans sacrifier l’efficacité sur le sanglier, la chevrotine d’Aurèle Mannarini entre désormais dans une phase de tests approfondis.
Il y a quelques mois, Chasses éternelles s’intéressait à une innovation qui suscitait autant de curiosité que de débats : la chevrotine anti-ricochets mise au point par Aurèle Mannarini. Le principe était clair : réduire drastiquement les risques de ricochets, tout en conservant une efficacité létale suffisante sur le sanglier, dans un contexte de chasse collective où la sécurité reste l’enjeu central.
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Aujourd’hui, cette munition franchit une nouvelle étape. Elle ne se contente plus de promesses ou de premiers retours de terrain : elle entre dans une phase de tests approfondis, structurés et comparatifs, destinés à objectiver ce que beaucoup pressentaient déjà.
De l’intuition technique à l’épreuve des faits
Lors de notre premier article, le cœur de l’innovation reposait sur un détail de conception : chaque grain de chevrotine est entaillé de manière à provoquer une fragmentation contrôlée à l’impact. L’objectif est double : casser l’énergie résiduelle en cas de contact avec le sol ou un obstacle dur, et concentrer l’effet terminal lorsque le projectile atteint l’animal.
Depuis, les essais se sont multipliés. Ils ne se limitent plus à des observations empiriques en action de chasse, mais s’appuient aussi sur des protocoles balistiques rigoureux, incluant des tirs sur supports normalisés et sur gel balistique. Cette approche permet d’évaluer précisément la pénétration, la dispersion des fragments et l’effet réel sur les tissus.
Sécurité : le point névralgique de la chevrotine
Si la chevrotine reste une munition controversée, ce n’est pas par idéologie mais pour une raison très concrète : son comportement au ricochet. Les projectiles sphériques, par nature, peuvent rebondir loin et de manière imprévisible, exposant chasseurs, chiens et tiers à des risques inacceptables.
C’est précisément sur ce point que la chevrotine anti-ricochets est attendue. Les premiers résultats issus des essais renforcés vont dans le sens d’une fragmentation rapide dès l’impact sur un sol dur, réduisant fortement la portée dangereuse des éclats secondaires. Autrement dit : moins d’énergie résiduelle, moins de trajectoires erratiques, et donc un gain potentiel réel en matière de sécurité collective.
Efficacité cynégétique : moins de blessés, plus de certitude
L’autre question, tout aussi essentielle, concerne l’efficacité sur le gibier. Une munition plus « sûre » ne peut être pertinente que si elle garantit une mise à mort rapide, sans multiplier les animaux blessés et perdus.
Les retours actuels indiquent que, lorsque la chevrotine anti-ricochets atteint sa cible, l’effet terminal est franc : l’animal reste à proximité du point d’impact, là où des chevrotines classiques peuvent parfois conduire à des distances de fuite importantes. Ce point, s’il est confirmé sur un volume d’essais suffisant, pourrait changer le regard porté sur cette munition, souvent accusée — parfois à juste titre — d’inefficacité létale.
Une innovation à l’épreuve du réel
Il faut rester prudent : ces tests ne sont pas une opération de communication, mais une phase de validation. La chevrotine anti-ricochets n’est ni une solution miracle ni une réponse universelle à tous les problèmes de sécurité à la chasse. Elle s’inscrit dans un cadre précis : distances maîtrisées, angles de tir stricts, et chasseurs formés.
Mais une chose est certaine : on ne peut plus balayer cette innovation d’un revers de main. Elle oblige à sortir des postures idéologiques pour revenir à ce qui devrait toujours guider les décisions en matière de chasse collective : les faits, la balistique, et la réalité du terrain.
Et maintenant ?
Si les résultats finaux confirment les tendances observées, cette chevrotine pourrait devenir un cas d’école : celui d’une évolution technique pensée non pas contre la chasse, mais pour la rendre plus sûre, et plus efficace.
À l’heure où chaque accident est instrumentalisé pour remettre en cause l’ensemble de la pratique, toute innovation sérieuse visant à réduire le risque mérite d’être examinée sans caricature. La chevrotine anti-ricochets n’a pas encore gagné, mais elle est clairement entrée dans la phase où l’on juge sur pièces — et non sur procès d’intention.
A voir en vidéo :











Je n’ai rien contre l’innovation, cependant, je pense que la chevrotine restera plus « blesseuse » qu’une balle. L’idée est pour moi est de ne pas blesser et de limiter le temps des souffrances.
Dans certaines situations notamment dans les engrais verts en plaine pourquoi s’interdire cette possibilité ? Il faut de l’efficacité dans la régulation du sanglier
Quand le concepteur de la munition et ðétenteur du brevet dirige une » étude » sur celle-ci, via des partisans de la chevrotine…
Déjà à la base ces autorisations particulières pour certains départements sont basées sur des déclarations et pressions d’experts autoproclamés.
Le seul risque c’est qu’avec les résultats tellement bons qu’ils vont trouver, on va avoir une autorité qui va décreter que désormais tous les chasseurs français vont tous chasser au 12 et rendre leurs carabines….c’est pour la sécurité on vous dit.
Cette munition est à base de plomb … bientôt interdite par l’Europe … il me semble …