Les futures porcheries de l’État ?

Chasse Actu
date 23 janvier 2026
author Richard sur Terre

Interdire la chasse dans les Corbières brûlées au nom de la sécurité et ainsi organiser des zones de reproduction idéales pour le sanglier : voilà le projet de l‘Etat. Une décision sans cap qui pose une question : qui en assumera les conséquences ?

Après le feu, le silence administratif

Dans les Corbières, la forêt a brûlé. Des hectares noircis, des lignes de crête calcinées, et des chemins rendus dangereux par les arbres morts. 

Reste un territoire fragile, instable oui…mais vivant. Et une décision préfectorale tombée en janvier : interdiction d’accès et de chasse dans les zones boisées sinistrées. Motif invoqué : la sécurité. Formellement irréprochable. 

Mais une fois l’arrêté signé, plus rien. Aucun discours sur l’après. Aucun cap sur ce que deviennent ces espaces. On ferme, on interdit, et on regarde ailleurs.

Ce que l’arrêté ne dit pas

Un massif brûlé n’est pas un désert. C’est un milieu ouvert, riche, transitoire. Les repousses arrivent vite. Les sols se couvrent d’herbacées. Les vignes proches offrent nourriture et couvert. Et surtout : le dérangement humain disparaît.

Dans ce contexte, le sanglier ne “résiste” pas au feu. Il s’y adapte, s’y installe et surtout…s’y reproduit. 

L’interdiction de chasse crée donc un effet très concret : des zones de quiétude absolue qui deviendront très vite des porcheries à ciel ouvert.

Sanctuariser sans le dire

Sauf qu’ici, rien n’est pensé comme une réserve. Pas de suivi scientifique structuré. Pas d’objectifs de population. Pas de stratégie de sortie.

A lire aussi : Sangliers : le ras-le-bol des chasseurs de l’Aude 

Et surtout, aucune lucidité : même dans les réserves naturelles nationales ou régionales, la régulation des ongulés est une nécessité absolue, pratiquée en permanence pour éviter les déséquilibres, la dégradation des milieux et l’explosion des populations. La protection ne supprime jamais la gestion. 

Ici, il n’y a ni protection pensée, ni gestion assumée. Juste un interdit administratif, juridiquement confortable, et écologiquement aveugle.

Résultat : des poches de reproduction qui fonctionneront à plein, pendant que les exploitations agricoles autour, déjà fragiles, encaisseront les dégâts. Puis viendra le temps des indemnisations. Puis celui des cris d’alarme. Et enfin celui des battues d’urgence, quand il sera trop tard.

Les Corbières brûlées n’ont pas besoin d’un réservoir d’ongulés. Elles ont besoin d’une vision post-incendie claire, assumée, et arbitrée. Tant que cette vision n’existe pas, chaque arrêté “de sécurité” devient une bombe à retardement écologique. 

On aura prévenu.

A voir en vidéo :

Richard sur Terre
Richard sur Terre Vidéaste et rédacteur en chef de Chasses Éternelles, Richard sur Terre travaille sur les questions liées à la chasse, à la ruralité et à la biodiversité.
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2 Commentaires :
  1. Chtivarois
    26/01/26

    Manque de lucidité avez vous dis! Cela fait plus de 8 ans, si l’on se réfère à un passé proche qu’il n’y a plus de lucidité pour tous les problèmes quels qu’ils soient dans ce pays.

  2. Chtivarois
    26/01/26

    J’ajouterais que le 29 décembre 2025, deux cas de peste porcine Africaine sont confirmés en Catalogne. La surveillance est au maximum des deux côtés de la frontière France/Espagne. Bon, il ne reste plus qu’à l’ASPAS et au Préfet de localiser les Corbières, l’Aude, la Catalogne.

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