En Corse, la chasse fait vivre un territoire

Chasse Actu
date 05 mars 2026
author Léa Massey

Derrière les débats idéologiques qui saturent l’espace médiatique, la chasse reste une réalité concrète dans de nombreux territoires. En Corse, elle représente près de 30 millions d’euros de retombées économiques.

L’article publié par Corse Matin rappelle une réalité que les observateurs de terrain connaissent bien : la chasse occupe encore une place centrale dans la société corse.

On estime qu’environ vingt mille personnes pratiquent la chasse sur l’île. Rapporté à la population, ce niveau de pratique est très supérieur à la moyenne nationale. Dans de nombreux villages de l’intérieur, la saison cynégétique rythme encore les week-ends et les retrouvailles entre habitants.

À l’aube, les pick-ups se garent au bord d’une piste. Les chiens sortent des caisses, les conversations s’engagent autour d’un café brûlant. Les équipes se répartissent les secteurs avant de disparaître dans le maquis. Ces scènes ordinaires appartiennent encore au paysage social de l’île.

La chasse n’y apparaît pas comme une activité périphérique. Elle fait partie des usages.

Une économie diffuse mais bien réelle

L’enquête évoque une estimation d’environ trente millions d’euros de retombées économiques liées à la chasse en Corse. Ce chiffre ne correspond pas à un secteur industriel identifiable. Il provient d’une multitude de dépenses ordinaires réparties dans l’économie locale.

Un chasseur entretient ses chiens, fait réparer son véhicule, achète de l’équipement, du carburant, des munitions. Il passe parfois la nuit dans un gîte ou s’arrête déjeuner dans une auberge après une matinée de battue. Chacun de ces gestes nourrit un tissu économique dispersé mais constant.

Dans une île où l’activité économique reste fortement concentrée sur le tourisme et les services, ces dépenses régulières apportent une forme de respiration à certains territoires ruraux.

A lire aussi : Ajaccio : une cage de capture de sangliers sabotée

La chasse ne crée pas un marché spectaculaire. Elle irrigue simplement la vie économique quotidienne.

Une présence humaine dans les espaces ruraux

La dimension économique ne dit pas tout. La chasse entretient aussi une présence humaine dans des espaces parfois peu fréquentés en dehors de la saison touristique.

Les chasseurs connaissent les chemins, surveillent les massifs, signalent des clôtures abîmées ou des animaux blessés. Ils fréquentent les vallées et les collines à des périodes de l’année où d’autres usages se raréfient.

Cette présence participe à maintenir une forme de continuité entre les villages et leur environnement. Dans certaines communes de l’intérieur, la société de chasse reste l’une des dernières structures associatives réellement actives.

Une réalité rarement évoquée

Dans les débats nationaux, la chasse est souvent abordée à travers des controverses morales ou des séquences militantes. La dimension matérielle de cette pratique disparaît alors derrière les slogans.

Les données rappelées par Corse Matin montrent pourtant une réalité simple. Dans certains territoires, la chasse demeure une activité sociale, économique et culturelle qui participe encore à l’équilibre local.

A voir en vidéo :

Partager cet article
1 Commentaire :
  1. Jean 2
    05/03/26

    Bonjour, oui bravo à eux,vive les traditions ,à mon avis personne ne viendra les embêter………

Soumettre un commentaire

Dans la même catégorie

Articles les plus récents