De la Manche à la Lettonie en quelques semaines : le périple migratoire d’un canard pilet équipé par l’ISNEA illustre concrètement le travail de cet institut scientifique méconnu
Le 19 mars dernier, sur un plan d’eau de la commune de Montmarin en Graignes, dans la Manche, des biologistes posent une balise sur un canard pilet qu’ils baptisent « Maxime ». Quarante-huit heures après l’équipement, l’oiseau n’a pas bougé. Puis il descend légèrement vers le sud, s’installe trois semaines sur les prairies humides qui longent la Vire, non loin de Saint-Fromond. Le 16 avril, il décolle cap au nord-est. Vol maritime de 450 kilomètres jusqu’aux abords du Haringvlietdam, en mer du Nord. Reprise le 18 vers le nord des Pays-Bas, pause sur le littoral de la mer des Wadden, escale à l’embouchure de l’Elbe. Passage par le nord de l’Allemagne, survol du Fehmarn Belt avec trois pauses en mer, atterrissage sur l’île danoise de Møn. Départ du Danemark le 21 avril en soirée, 550 kilomètres au-dessus de la Baltique jusqu’aux côtes lituaniennes, étape dans la région de Šiauliai. Le 22 avril, 275 kilomètres supplémentaires pour rejoindre la Lettonie, dans la région de Vidzeme, au bord d’un plan d’eau proche du village de Jaunanna. Plus de 2 200 kilomètres depuis la Manche.
Qui est l’ISNEA ?
L’Institut Scientifique Nord Est Atlantique est une association loi 1901 dont la mission est de conduire des études et programmes de recherche sur la biologie et l’écologie des espèces animales, en particulier aviaires, pour comprendre l’état réel des populations et les mécanismes qui les gouvernent. Son périmètre géographique couvre principalement la moitié nord de la France, avec une vocation à s’étendre vers le nord-ouest de l’Europe, précisément parce que les espèces qu’il étudie sont, comme Maxime, des oiseaux migrateurs qui relient le nord du continent à la péninsule ibérique en traversant la France.
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L’institut fonctionne grâce à la participation financière et technique de plusieurs fédérations départementales des chasseurs, agréées protection de l’environnement. Il est piloté par un conseil d’administration et un conseil scientifique, en lien avec des experts reconnus à l’échelle internationale. Les protocoles appliqués (baguage, télémétrie satellitaire, lectures d’ailes, collecte sur le terrain) sont validés par les instances scientifiques et administratives compétentes.
Ce que l’ISNEA fait concrètement, le suivi de Maxime le montre : équiper un individu, enregistrer chaque étape de son déplacement, accumuler des données sur les corridors migratoires, les haltes, les rythmes de vol. Multiplié par des dizaines d’oiseaux et des années de suivi, ce travail produit une connaissance fine de l’état de conservation des espèces, connaissance qui fait aujourd’hui cruellement défaut dans les débats publics sur la faune sauvage.
La particularité de l’ISNEA tient à ses contributeurs. Les chasseurs y jouent un rôle central : collecte d’ailes d’anatidés, envoi de photos d’oies, participation aux campagnes de capture et de marquage. Cette collaboration entre pratique cynégétique et science est précisément ce que ses détracteurs peinent à admettre, et ce que les données produites tendent pourtant à valider. À ce jour, plus de dix millions d’oiseaux ont été recensés et identifiés dans le cadre des programmes de l’Institut.
Maxime, lui, poursuit sa route vers le nord. Quelqu’un suit chacun de ses battements d’ailes.
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Bonjour, c’est très intéressant, et il ne faut pas oublier que ce canard descend aussi jusqu’en Afrique comme la sarcelle d’été, et ceux là peuvent ne pas prendre la même route au retour, mais avec le dérèglement climatique les choses peuvent changer, d’où l’importance de la recherche, bravo à L’ISNEA,en passant dans mon secteur hier, beaucoup » d’avrillots »en remonte, chevaliers gambettes, aboyeurs,courlis cendré, barges à queue à noire