L’ONF ne reconduira pas le rideau souple testé en forêt domaniale de Dreux. La REV y voit une victoire militante. Le dossier officiel décrit une expérimentation arrêtée pour des raisons de gestion forestière.
La REV félicite tous celles et ceux, associations ou particuliers, élues et élus qui se sont mobilisé·es massivement contre la bâche de trois mètres de haut et de près de de deux kilomètres de long qui avait été tendue en forêt de Dreux.
— REV | Révolution Écologique pour le Vivant (@revpourlevivant.bsky.social) 1 mai 2026 à 08:36
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La bâche installée en forêt de Dreux avait tout pour faire parler. Trois mètres de haut, 1 700 mètres linéaires entre les arbres, et la chasse à courre en arrière-plan. Sur les réseaux sociaux, l’image se suffisait à elle-même.
La REV, Révolution Écologique pour le Vivant, a aussitôt salué la mobilisation contre cette installation et son abandon comme une victoire : les militants dénoncent, l’ONF recule, la bâche tombe.
Sauf que le communiqué de l’ONF raconte une autre histoire.
Un dispositif autorisé et limité
Le rideau souple de Dreux n’a pas été posé comme ça, au hasard. L’ONF indique qu’il s’agissait d’un dispositif BOMA destiné à éviter les débordements du gibier vers les zones habitées ou les routes lors des chasses à courre. L’expérimentation a été acceptée après consultation, avis favorable de l’OFB après vérification de sa légalité.
L’installation devait être temporaire. L’ONF précise qu’elle était déployée uniquement les jours de chasse à courre, puis repliée en fin de journée par les veneurs. Son emprise représentait moins de 4 % du périmètre concerné.
Soyons clairs, ces éléments n’obligent personne à trouver le dispositif acceptable. Une bâche de cette taille dans une forêt domaniale pose une vraie question d’usage et de perception. Mais ils interdisent de présenter l’affaire comme une installation sauvage imposée par des chasseurs hors contrôle.
Le bilan que les militants ne racontent pas
Selon l’expertise citée par l’ONF, le dispositif ne capturait pas les animaux et n’entravait pas leur mobilité. Son rôle était visuel et temporaire : canaliser les trajectoires du gibier pour l’écarter des routes et des habitations pendant la chasse.
La décision de non-reconduction repose sur une appréciation d’ordre général. L’ONF constate l’efficacité technique du dispositif, mais juge sa compatibilité trop faible avec la pluralité des usages de la forêt et les attentes des usagers. Le directeur territorial de l’ONF en Val de Loire évoque une artificialisation de la forêt perçue comme insatisfaisante.
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La bâche répondait donc à un objectif pratique. Elle posait un problème d’acceptabilité dans un massif fréquenté par plusieurs publics. C’est un arbitrage de gestion, et certainenement pas une reddition.
Une décision publique transformée en trophée
La REV s’attribue une décision qui ne lui appartient pas. L’ONF avait autorisé une expérimentation. L’ONF avait prévu d’en tirer un bilan. L’ONF a décidé de ne pas la reconduire après retour d’expérience.
Bon après la récupération est classique. Une image choque, un communiqué militant la charge politiquement, puis toute décision favorable est revendiquée comme une victoire. C’est qu’il faut bien justifier de son utilité auprès des sympathisants.
La non-reconduction du rideau souple peut se défendre. Dans une forêt domaniale, un aménagement visible sur 1 700 mètres modifie l’expérience des promeneurs, des riverains, des cyclistes et des autres usagers. Une forêt publique ne se gère pas seulement par efficacité technique. Elle se gère aussi par acceptabilité.
L’ONF a tranché sur ce terrain. Le dispositif a été démonté. L’expérience s’arrête.
La REV transforme cet arrêt en victoire politique. Elle plante son drapeau sur une décision administrative. La bâche de Dreux tombe. L’instrumentalisation, elle, a de beaux jours devant elle.
A voir en vidéo :










Ce que personne ne dit dans cette affaire c’est que la bâche a été lacérée (ce qui génère des débris de plastique au sol) et cela a forcément peser dans la décision de l’ONF. Que les anti-chasse braillent, n’est pas une surprise, il n’y avait pas besoin de mettre une bâche pour les faire brailler.
Il semble donc qu’il soit plus simple de dégrader le truc pour crier victoire au final. Si au passage, il faut balancer un peu de plastique dans le sol, c’est un détail !
Et les chasseurs qui balancent des tonnes de plombs nocif dans la nature, c’est aussi un détail ?