Winter Productions, la société d’Hugo Clément, aurait multiplié son chiffre d’affaires par sept en trois ans, grâce aux commandes du service public. Rigolez pas, c’est avec votre pognon.
Les juteux dividendes d’Hugo Clément grâce à Quelle époque ! et Sur le Front https://t.co/748m6c7pCf
— l'Informé (@LInforme_) April 30, 2026
Le 24 février dernier, auditionné par la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, Hugo Clément a formulé cette phrase : « France Télévisions décide de faire appel à nous en tant que production et en tant qu’incarnation. C’est une prestation qui leur est facturée. » Ça a le grand mérite de la clarté : Winter Productions, la société cofondée à 50/50 avec Régis Lamanna-Rodat en 2019, vend une incarnation. Comprenez : une posture.
Les chiffres publiés par L’Informé fin avril 2026 précisent ce que cette posture rapporte. Entre 2021 et 2024, le chiffre d’affaires de Winter Prod a été multiplié par sept, pour atteindre 17,7 millions d’euros. Sur les trois derniers exercices, les deux associés se sont partagé 1,7 million d’euros de dividendes. En 2025 seul, la distribution a atteint 768 000 euros. L’essentiel de ces recettes vient de commandes du service public : France 2, France 5, TV5 Monde. Autrement dit, du budget de France Télévisions. Autrement dit, de l’impôt.
Hugo Clément passe donc une fraction significative de son temps d’antenne à dénoncer les pratiques d’acteurs divers (chasseurs, éleveurs, agriculteurs, industriels) qu’il présente comme des prédateurs d’intérêt général. Son modèle, lui, repose structurellement sur la commande publique. C’est l’État qui finance la critique de ceux que l’État est censé réguler.
L’indépendance comme produit d’appel
En parallèle de Winter Prod, Clément et Lamanna-Rodat ont fondé en 2022 Vakita, présenté comme un « média indépendant » dédié à l’investigation environnementale. En mars dernier, dans une vidéo publiée sur le site, Clément expliquait aux internautes « combien c’est difficile en 2026 de financer un média indépendant qui fait de l’investigation et qui dérange ». Il détaillait les coûts de fonctionnement (85 000 euros par mois) et appelait à 20 000 abonnés payants à 5 euros pour sécuriser la plateforme. C’est que le combat est si fragile face au lobbies !
Vakita a pourtant levé 1,5 million d’euros en 2023, puis 815 000 euros supplémentaires mi-2024, selon L’Informé. Parmi les soutiens figurent Jacques-Antoine Granjon, Xavier Niel, Marc Simoncini, Mediawan, et Artemis, la holding de la famille Pinault. Ce n’est pas le profil moyen du média associatif qui survit grâce aux dons des abonnés convaincus.
L’indépendance est un produit vendu aux abonnés. La dépendance réelle (vis-à-vis du service public, des grands groupes audiovisuels, des investisseurs fortunés) est logée dans la structure voisine. Les deux sociétés travaillent d’ailleurs ensemble : en 2025, Winter Prod a produit une émission pour la chaîne YouTube de Vakita. Le cloisonnement est poreux.
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La marque avant le reportage
Winter Prod ne produit pas que des émissions militantes. Sa filiale Première Saison, créée en 2024, produit des contenus pour des entreprises. Parmi ses clients figurent des start-ups comme Yuka, Back Market, WalletConnect, Fairmat, et Ledger, que dirige l’ancien journaliste Cyril Blanc, désormais directeur délégué de la filiale. L’éditorial militant et le contenu corporate partagent la même maison mère. Je décris le modèle.
Ce qu’il révèle, ce modèle, c’est qu’Hugo Clément n’est pas un journaliste au sens fonctionnel du terme : c’est une marque. France Télévisions achète cette marque parce qu’elle représente une certaine image du journalisme engagé, utile à la programmation du service public. Quand Clément s’en prend aux chasseurs, aux filières animales, aux pratiques agricoles ou aux industriels, il « active un positionnement ». La prestation est facturée. L’émotion est comprise dans le prix, rassurez-vous.
Alors évidemment, ça ne disqualifie pas pour autant ses opinions. Mais ça oblige quand-même à les situer. Quand il accuse d’autres acteurs de défendre leurs intérêts sous couvert de bien commun, il décrit un mécanisme qu’il connaît intimement.
Clément n’est pas une exception. Il est l’exemple le plus visible d’un système : la constitution d’un militantisme médiatique subventionné, où la posture critique est produite, packagée et vendue à des diffuseurs publics qui y trouvent une caution éthique à moindre risque éditorial. Le producteur assume les prises de position, la chaîne en récolte l’image, le téléspectateur finance l’ensemble. Jusqu’à quand ?
A voir en vidéo :










La privatisation du service public c’est au moins 4 milliards d’économie, et surtout la fin de la propagande financée par l’argent public, on verra aux prochaines élections si les français veulent continuer de payer le bilan carbone de H Clément.
Bonjour,
Drôle de société dans laquelle nous vivons.
Malgré la mise en évidence des « biais », pour être gentil, de ce personnage, il continue son petit bonhomme de chemin.
Pourtant les exemples de ratés et de mauvaise foi sont nombreux. Il suffit de lire ou de voir tous les reportages publiés ici, et pas que.
Mais le confort de nos journalistes est trop précieux. Il ne faut surtout pas voir pour eux, il faudrait bosser après…
bon ,reste a supose que l info privatisée soit plus objective , sujet sur lequel ,je me permet d émettre quelques doutes..et pour cause , on en a quelques exemples
Sauf que c est avec notre argent que ce monsieur s enrichit(bon il aurait tort de se priver puisque les gestionnaires de France tv distribuent gracieusement et apparemment ne s s’oublient pas)a chacun de se faire son opinion mais j ai lu que d après certains gauchistes, ceux qui regarde par exemple cnew ont le QI de l huitre, forcément on apprend certains faits jamais dévoilés sur France tv.
Bonjour, hé bien,c’est un businessman, il a compris ou il fallait aller,le service public orienté dans son sens,la tendance du marché dirons-nous, mais une chaîne privée pourrait être aussi concernée, donc reste le contenu , vrais ou fausses informations ,est-ce aux téléspectateurs de faire la part des choses ?Pas toujours facile, quand on voit la facilité de survie des fake news auprès de nos concitoyens, reste un garde fou,le contrôle ,mais celui-ci vérifie t’il la véracité des contenus ?
Il faut boycotter le service public puisqu’à priori il continuera d’exister. Mais moins il y aura d’audience, moins de reportages de m…. comme les siens seront diffusés. Il faut faire chuter l’audimat du service public le plus bas possible. D’autant comme c’est déjà évoqué au dessus, c’est quand même notre argent…