On célèbre le retour de l’ara de Spix comme une victoire de la nature. Pourtant, cet oiseau ne doit rien à la nature livrée à elle-même. Il est vivant parce que des hommes l’ont gardé en cage.
🦜 Déclaré éteint à l’état sauvage il y a sept ans puis réintroduit au Brésil, le perroquet le plus rare au monde se trouve au centre d’une double crise, politique et sanitaire.
— Le Point (@LePoint) June 1, 2026
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On nous raconte volontiers de belles histoires avec des animaux sauvés. Celle de l’ara de Spix a tout pour plaire : un perroquet disparu, le souvenir du dessin animé Rio, un retour au Brésil en avion, des caméras sur le tarmac.
Sauf qu’il manque du contexte dans le décor.
En mars 2020, cinquante-deux aras de Spix arrivent d’Allemagne jusqu’à Petrolina, dans l’État de Bahia. Ils ne viennent pas d’une forêt préservée mais de la volière d’un passionné.
Le dernier individu sauvage a disparu autour de l’an 2000. L’espèce est officiellement classée éteinte à l’état sauvage. Dans la Caatinga, il ne restait plus rien. Plus de cris dans les arbres. Plus rien d’autre qu’un oiseau devenu patrimoine fantôme, conservé en cage loin de son pays d’origine.
On peut trouver ça inquiétant. On doit même trouver ça inquiétant. Une espèce brésilienne dépend aujourd’hui d’acteurs privés étrangers, de collectionneurs, d’associations opaques, de transferts internationaux, de décisions prises entre l’Allemagne, le Brésil, le Qatar ou l’Inde. L’histoire de l’ACTP et de Martin Guth, soupçonnée de naviguer dans cette zone trouble où la conservation touche au commerce d’espèces rares, n’arrange rien.
Mais ce malaise ne supprime pas le fait central : sans ces cages, il n’y aurait plus d’ara de Spix.
C’est là que le discours animaliste se heurte à son propre mur. Les militants dénoncent les zoos, les bassins, les enclos, la reproduction encadrée, la captivité, la main de l’homme sur l’animal. Ils parlent de liberté comme d’un absolu. Mais appliqué jusqu’au bout, ce principe aurait condamné l’ara de Spix à une disparition irréversible. Mort libre, en somme.
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Les oiseaux relâchés au Brésil ont été préparés, nourris, surveillés, accompagnés. On leur a appris à voler dehors. On les a habitués à chercher leur nourriture. On les a même relâchés avec des maracanãs, une espèce proche, pour leur servir de professeurs de vie libre.
Il faut imaginer la scène : des oiseaux qu’on présente comme rendus à la nature, mais qui doivent encore apprendre comment vivre dans la nature.
Et aujourd’hui encore, cette liberté reste sous perfusion. Les derniers aras vivant dehors dépendent du suivi humain. En mai 2025, onze individus en liberté ont été testés positifs au PBFD, la maladie du bec et des plumes.
L’ara de Spix ne prouve donc pas que toutes les captivités soient bonnes. Il n’absout pas les trafics ni les intérêts commerciaux.
Il prouve seulement une chose, mais elle suffit : certaines espèces ne survivent plus que parce qu’on a accepté de les enfermer.
Au moment où la France ferme Marineland et regarde ses parcs zoologiques avec une suspicion morale croissante, l’ara de Spix oblige à poser une question simple : préfère-t-on une espèce vivante en volière, ou une espèce libre dans les livres d’histoire naturelle ?
La conservation c’est parfois une mangeoire sale à nettoyer, une seringue, une quarantaine, un test PCR, une volière d’adaptation, un soigneur qui vérifie le matin si l’oiseau respire encore. La liberté animale est un joli mot. Pour l’ara de Spix, sans cage, elle aurait eu la couleur de l’extinction.
A voir en vidéo :











Bonsoir, comme pour la préservation de graines ,la réserve mondiale de semences de Svalbard 🇸🇯, les parcs zoologiques ont aussi ce rôle de préservation d’espèces pour réintroduction en cas de risque d’extinction pour causes diverses (encore faut-il comprendre et traiter la ou les causes ,c’est comme relâcher des truites dans une rivière polluée avec un fond et des berges modifiées inadéquats à la survie et à la reproduction)
Pour moi , toute disparition d’espèces est un drame , que ce sois un batracien , un insecte ou un superbe oiseau comme ce ara . Tout doit être fait pour éviter ces extinctions qui annoncent doucement la notre . les parcs animaliers et les zoos ont un rôle très important et plutôt que de les critiquer du matin au soir , ces pseudos écolos feraient mieux de les soutenir et même de les financer , mais là …