L’influenceur animaliste poursuivi pour intrusion dans les arènes de Nîmes a été relaxé le 10 juin. Il dit préférer la condamnation. C’est vrai que la relaxe, c’est nul en story.
Il avait brandi une pancarte "F*ck corrida" aux arènes de Nîmes : l'influenceur Jeremstar relaxé https://t.co/Ej066FrYOS
— RTL France (@RTLFrance) June 9, 2026
Le 19 septembre 2025, Jeremstar saute des gradins des arènes de Nîmes, agite un foulard blanc frappé « Fuck la corrida », et reste quelques secondes sur la piste avant d’être évacué par six areneros. Le taureau est déjà mort. La corrida se poursuit. Le chroniqueur de Midi Libre consacre une ligne à l’incident, préférant saluer la prestation du torero Tomas Rufo. Du côté de l’influenceur, en revanche, l’arc narratif ne fait que commencer.
Garde à vue de 48 heures, procès en avril, publications en rafale sur Instagram, Snapchat et TikTok, centaine de militants devant le tribunal le jour de l’audience : chaque étape de la procédure judiciaire a été convertie en contenu. Le procès n’était pas la sanction redoutée d’une action militante mais son prolongement attendu. Ce que confirme Jeremstar lui-même au moment de la relaxe : il « aurait préféré être condamné ». Le martyr manqué est le seul aveu sincère de toute l’affaire.
La relaxe repose sur un point de qualification pénale étroit. Le tribunal a estimé que « l’activité de corrida ne saurait revêtir la qualité de sport » et que les arènes ne constituaient donc pas une enceinte sportive au sens du délit poursuivi. Décision de première instance, sur un texte pénal spécifique, dans une affaire où le parquet dispose de six jours pour faire appel. La portée juridique réelle est proche de zéro. Ça n’empêchera pas le camp abolitionniste de la recycler comme argument de fond dans tous les débats à venir.
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Parmi les quatre acolytes interpellés ce soir-là, deux étaient membres de PETA : l’organisation pratique depuis des décennies le même protocole (action visible, arrestation calculée, retombées presse maximisées). PETA apporte le cadre juridique anticipé et l’expérience du coup médiatique, Jeremstar apporte son audience. Les 2,5 millions d’abonnés Instagram sont la valeur d’échange.
Ce qui reste, une fois la relaxe prononcée et les micros rangés, c’est exactement ce qu’il y avait avant : une corrida qui s’est déroulée normalement, un torero salué par la presse locale, et une séquence de contenu militant bouclée proprement. Le monde taurin, « habitué aux actions de détracteurs virulents » selon le Figaro, n’a pas cillé. C’est peut-être la seule information durable de cette affaire.
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