L’OFB seul maître du profil de ses agents

Les plumes de Richard
date 15 juin 2026
author Richard sur Terre

Le 12 juin, un décret durcit les conditions médicales des techniciens de l’environnement et transfère à l’OFB la fixation de leurs critères d’aptitude. Un nouveau levier confié à une gouvernance dont la neutralité fait désormais débat.

Le décret n° 2026-472, publié au Journal officiel le 12 juin 2026, introduit l’article 6-1 dans le statut du corps des techniciens de l’environnement. Il liste les aptitudes physiques désormais exigées pour exercer : service de jour comme de nuit en tous lieux, marche prolongée, port de charges, conduite prolongée, port et usage des armes, interpellation et usage de la force. Un médecin agréé devra valider ces aptitudes à l’entrée dans le corps, avant le stage, à chaque mobilité fonctionnelle, et au minimum tous les sept ans.

Des régimes spécifiques s’ajoutent pour le milieu marin (navigation soumise au code des transports, plongée régie par le code du travail) et le milieu montagnard (marche et conduite « en toutes saisons »). L’annexe cible nommément les gardes-moniteurs, inspecteurs de l’environnement et agents des brigades mobiles d’intervention — les effectifs qui patrouillent et contrôlent sur le terrain.

Au-delà du volet médical, le décret acte un changement de gouvernance : l’organisation des concours, la fixation du nombre de places, la nomination des stagiaires et la détermination par arrêté des conditions de santé par emploi-type relevaient du ministre chargé de l’Environnement. Elles relèvent désormais du directeur général de l’OFB.

L’établissement public qui emploie déjà ces agents devient celui qui fixe lui-même, par arrêté, le profil d’aptitude requis pour chaque fonction, y compris les emplois-types liés à l’interpellation et à l’usage de la force.

Ce transfert de compétence intervient dans un contexte où la gouvernance de l’OFB fait l’objet de critiques documentées sur sa porosité avec le monde associatif militant.  En effet, nous avions alors dénoncé le fait que l’OFB verse environ 500 000 € par an à France Nature Environnement, l’une des principales fédérations associatives engagées contre la chasse, alors même qu’elle est financée pour partie par la redevance cynégétique nationale, à laquelle les chasseurs contribuent à hauteur de 40 à 45 millions d’euros par an.

A lire aussi : OFB : un contrat d’objectifs sous tension

Nous documentions également les trajectoires de Christophe Aubel, ancien directeur de Humanité et Biodiversité pendant quatorze ans devenu directeur général de l’OFB jusqu’en 2025, et de Sandrine Bélier, ancienne eurodéputée Europe Écologie et directrice de H&B, aujourd’hui première vice-présidente du conseil d’administration de l’OFB. La nomination d’Anne Le Strat à la tête de l’OFB, décrite par certains commentateurs comme issue de la même mouvance, a suscité des réactions similaires.

Le décret n’instruit aucune orientation particulière. Mais il place la définition du profil-type des inspecteurs de l’environnement (y compris sur les critères liés à l’usage de la force) entre les mains d’une direction dont l’indépendance vis-à-vis des réseaux militants associatifs a déjà été publiquement questionnée. Les arrêtés OFB à venir, fixant ces critères par emploi-type, seront le premier test concret de ce nouveau pouvoir. Nous serons attentifs.

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7 Commentaires :
  1. Nlstv
    15/06/26

    « service de jour comme de nuit « … », port et usage des armes, interpellation et usage de la force ».
    Visiblement il y a la volonté de créer une force d’intervention spécialisée dans l’environnement,… « dont acte » !
    La Gendarmerie tout en gardant le statut militaire de ses effectifs a été versée au Ministère de l’Intérieur pour harmoniser le travail des deux entités (formations, enquêtes croisées, renforts d’effectifs,…).
    A l’heure des économies indispensables à notre pays, envoyons l’OFB se former en tronc commun dans les écoles de Police/Gendarmerie puis suivre les apprentissages spécifiques à leur métier dans un second temps.
    Puis, allons au bout de la réflexion ! Puisse qu’il s’agit essentiellement de contrôles, d’enquêtes, de verbalisations, et bien… harmonisons : que ces effectifs soient versés au Ministère de l’Intérieur, au moins les choses seront claires pour nous. Là, pas sûr que les dogmatiques et militants radicaux souhaitent passer le concours de l’OFB 😉 .
    Il resterait bien assez de travail d’ingénierie et de recherche sur lesquels les agents du ministère de l’environnement pourraient se recentrer, rien n’empêcherait la chasse d’être gérée par ce ministère mais au moins ils arrêteraient d’être juges et parti.
    Bon après vous me direz « et les Douanes alors ??? ». Bien vu, ils sont au ministère des finances…

    1. Benoît
      22/06/26

      Bonjour, ce n’est pas une création, ces missions existaient depuis le début de l’ONC, puis ONCFS, idem pour CSP puis ONEMA.
      Avec en plus à l’époque à l’ONC, la BAB, Brigade Anti Braconnage, « forces spéciales ».

  2. gilbert
    15/06/26

    Opposer chasseurs et OFB ne me semble pas pertinent. Dans la même direction nous devons aller la nature est plus belle quand tous nous nous en occupons.

  3. Jean 2
    15/06/26

    Bonjour, un contribuable qui regarde ça, peut se poser certaines questions, la police n’est-elle pas débordée?la justice n’est-elle pas débordée ?les quartiers ne sont-ils plus maîtrisés ?environ 700 millions d’euros à l’ofb avec des déficits abyssals du pays France ?la nature est-elle vraiment en danger en France ?les chasseurs et agriculteurs sont-ils des grands délinquants ?quelles sont les vrais priorités ?ne serait-ce pas dans les quartiers DZ mafias de nos villes ?etc. .etc .. ,nous on a bien compris la priorité de ces gouvernements depuis 2017!!!!

    1. Jojo
      15/06/26

      C’est beau de vivre dans le monde des bisounours!!!!

  4. Christian
    18/06/26

    Réduire les actions de l’OFB en faveur de la biodiversité qui, oui, est en danger en France comme ailleurs, avec la disparition de millions d’oiseaux, d’insectes et de pollinisateurs qui sont la base de bien des écosystèmes, est une pratique paresseuse et malhonnête. Qu’il y ait des choses à revoir, c’est probable mais dénoncer une forme de complot est totalement absurde. C’est comme expliquer que l’ONF est pro-chasse et contre la biodiversité simplement parce qu’elle accueille la chasse à courre dans les forêts domaniales et que cette activité est interdite ou ultra contrainte partout ailleurs en Europe. Humanité et Biodiversité ne s’oppose pas à la chasse en général mais aux chasses cruelles qui font souffrir les animaux inutilement et sans excuse alimentaire ou de régulation. Prenez de la hauteur, soyez objectifs, acceptez le dialogue et cessez d’encourager un clivage qui n’a jamais mené nulle part.

    1. Jean 1
      20/06/26

      Prendre de la hauteur,être objectif, justement pour la chasse a courre, quelle différence entre des chiens ou des loups, beaucoup plus efficaces, même mode de chasse,aucune.la chasse à courre est la plus écologique et de loin la moins meurtrière.le loup dont vous êtes certainement pour la réintroduction.quant a certains agents ,ils sont viscéralement anti chasse et ennuient les agriculteurs pour quelques centimètres,on jamais dit qu il ne fallait pas lutter contre le braconnage .

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