Lot : 10 000 sangliers prélevés, les dégâts reculent

Chasse Actu
date 16 septembre 2026
author Léa Massey

Environ 32 000 sangliers ont été prélevés en trois saisons dans le Lot. La Fédération annonce dans le même temps une nette baisse des dégâts agricoles et ajoute un QR code sur les panneaux de battue.

La saison 2026-2027 débute dans le Lot avec un chiffre qui résume à lui seul l’évolution de la chasse au grand gibier dans le département. En 2025-2026, environ 10 000 sangliers ont été prélevés. Ils étaient 10 100 en 2023-2024 et près de 12 000 en 2024-2025, soit environ 32 000 animaux en trois saisons.

La progression est encore plus nette à plus long terme. Interrogé par La Dépêche du Midi, Michel Bouscary, président de la Fédération départementale des chasseurs du Lot, indique que les prélèvements annuels sont passés d’environ 5 300 sangliers à près de 12 000 au plus haut en sept ou huit ans. Contrairement aux cervidés soumis à un plan de chasse, le sanglier ne fait pas l’objet d’un quota de prélèvement dans le département.

Cette pression répond à un enjeu devenu central pour les territoires ruraux : les dégâts aux cultures. Selon les chiffres communiqués par la Fédération, leur montant avait atteint environ un million d’euros il y a deux ans. La Fédération avait alors bénéficié d’environ 60 000 euros d’aide de l’État dans le cadre d’un plan triennal, laissant près de 940 000 euros à sa charge.

La situation financière s’est nettement améliorée depuis. La Fédération indique avoir enregistré environ 380 000 euros de dégâts cette année. La somme directement versée aux agriculteurs serait, elle, passée de 610 000 à 187 000 euros. Le recul est important, mais il serait abusif de l’attribuer aux seuls prélèvements.

La Fédération met en avant plusieurs leviers utilisés simultanément. Elle a renforcé la protection des cultures, notamment par le financement de clôtures électriques et de grillages, et demandé aux chasseurs d’intervenir plus rapidement lorsque des concentrations de sangliers sont signalées. La diminution des dégâts intervient donc dans un contexte associant prélèvements élevés, prévention et réactivité sur le terrain.

Cette orientation correspond au cadre retenu par les pouvoirs publics dans le Lot. Le schéma départemental de gestion cynégétique 2025-2031, approuvé par la préfète en juillet 2025, prévoit des dispositions renforcées pour lutter contre la prolifération du sanglier et contribuer à l’équilibre agro-cynégétique. Pour la saison 2026-2027, l’espèce est également classée susceptible d’occasionner des dégâts du groupe 3 sur l’ensemble des communes du département.

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Le sanglier occupe d’autant plus de place que le grand gibier structure désormais une grande partie de l’activité cynégétique lotoise. Le département comptait environ 5 800 chasseurs lors de la saison précédente. Michel Bouscary souligne que le petit gibier de plaine est devenu rare dans de nombreux secteurs, tandis que la chasse du grand gibier mobilise une part importante des pratiquants.

La saison apporte aussi une nouveauté concernant la sécurité et la cohabitation avec les autres usagers de la nature. Des panneaux signalent les battues sur les principaux axes concernés et comportent désormais un QR code. Celui-ci permet aux randonneurs, vététistes, cavaliers ou riverains d’accéder à des informations sur le déroulement d’une battue et sur les règles de sécurité.

Le dispositif complète les prescriptions déjà applicables dans le département, notamment sur les angles de sécurité, les tirs fichants et la proximité des voies goudronnées. Le schéma cynégétique 2025-2031 avait d’ailleurs fait du renforcement de la sécurité des chasseurs et des non-chasseurs l’un de ses axes prioritaires, avec des contrôles annoncés par la gendarmerie et l’Office français de la biodiversité.

Dans le Lot, la question n’est donc plus seulement de savoir combien de sangliers sont prélevés. Les chiffres de ces dernières saisons montrent surtout l’ampleur des moyens mobilisés pour contenir les populations et leurs conséquences agricoles. La baisse récente des dégâts constitue un signal favorable, mais elle devra être confirmée dans la durée pour mesurer l’efficacité réelle de cette combinaison entre régulation, protection des cultures et prévention.

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