La consultation sur les pantes et pantières se termine le 28 septembre. À moins d’une semaine de la clôture, le compteur reste sous les 7 400 contributions. Pour un monde de la chasse qui dit régulièrement devoir défendre ses pratiques, le chiffre mérite introspection.
Deux projets soumis à #consultation jusqu’au 28 septembre encadrent les captures de #pigeons au filet dans le Sud-Ouest, avec quotas et suivi renforcé. A lire ⬇️https://t.co/ej8eVxOT70
— Chasses Éternelles (@ChassesEtern) September 16, 2026
On l’entend régulièrement cette phrase : la chasse est attaquée, les pratiques traditionnelles sont fragilisées, il faut les défendre. Très bien. Mais vient toujours un moment assez désagréable où les postures rencontrent les chiffres.
La consultation publique consacrée aux pantes et aux pantières est ouverte depuis le 7 septembre. Ce mardi matin, elle affichait 7 390 contributions. Elle se terminera le 28 septembre.
Soyons précis : ce nombre additionne toutes les observations déposées, favorables comme défavorables, et le site du ministère ne permet pas d’identifier combien de participants sont chasseurs. On ne peut donc pas affirmer que 7 390 chasseurs se sont mobilisés. On peut seulement constater qu’il y a, au total, 7 390 contributions.
C’est vertigineux non ? L’Office français de la biodiversité estime qu’environ un million de personnes valident chaque année leur permis de chasser en France. Même si, par une hypothèse évidemment irréaliste, chacune des contributions enregistrées venait d’un chasseur, cela représenterait moins de 0,75 % de cette population.
On ne parle pourtant pas ici d’un sujet anecdotique. Les deux projets d’arrêtés doivent redéfinir le cadre juridique de la capture des pigeons ramiers et colombins aux pantes et pantières dans cinq départements du Sud-Ouest. Le ministère propose notamment un régime d’autorisation, des obligations de suivi et de contrôle ainsi que des plafonds annuels de 80 000 pigeons ramiers et 5 000 pigeons colombins. Le texte intervient après les réserves exprimées au niveau européen sur la conformité de ces pratiques avec la directive Oiseaux.
Autrement dit, c’est exactement le genre de dossier dont on reparlera ensuite pendant des années, devant les tribunaux, dans les fédérations, dans les associations et sur les réseaux sociaux. Avec, inévitablement, beaucoup de monde pour expliquer après coup ce qu’on aurait dû faire.
A lire aussi : Pantes et pantières : ce que prévoient les projets
Chasses Éternelles avait d’ailleurs présenté ces projets dès le 16 septembre, en détaillant les nouvelles règles envisagées et l’échéance de la consultation. Le sujet n’était donc ni caché au fond d’un Journal officiel ni inaccessible derrière quinze formulaires Cerfa. Il était public, documenté et ouvert aux observations.
Le chiffre des contributions ne dit pas ce que l’administration décidera. Une consultation publique n’est pas un référendum et le nombre brut d’avis favorables ou défavorables ne détermine pas mécaniquement le contenu de l’arrêté. Les observations sont ensuite synthétisées et l’administration indique celles dont elle a tenu compte.
Mais 7 390 contributions disent tout de même quelque chose de beaucoup plus simple : à ce stade, la mobilisation autour d’un texte concernant directement des pratiques cynégétiques traditionnelles reste numériquement ridicule.
La consultation reste ouverte jusqu’au 28 septembre 2026. Consulter le projet sur le site du ministère
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