« Pluie de plomb », l’expression revient à chaque ouverture de la chasse et suffit à mettre les réseaux sociaux en ébullition. On explique ?

Une « pluie de plomb ». Il faut reconnaître que l’expression fait merveille. On imagine une famille prise sous des feux croisés, des projectiles qui sifflent autour des oreilles et une panique générale.
Alors on va expliquer les choses : une cartouche (celle dont on parle) ne contient pas une grosse balle qui poursuit sa route sur plusieurs kilomètres, mais une multitude de petites billes : la grenaille.
Prenons une cartouche lambda à la chasse : calibre 12, plomb de 7, 36gr de plomb. Avec ça on peut à peu près chasser tous les oiseaux. Elle contient autour de 400 petites billes de 2,5 millimètres de diamètre.
À la sortie du canon, elles filent vers le ciel à plusieurs centaines de mètres par seconde. Mais contrairement à une balle de carabine, ces minuscules sphères sont très vite freinées par l’air (aérodynamisme catastrophique). Leur portée réellement efficace pour la chasse tourne autour de 40 mètres (à peine).
Mais bien sûr elles ne disparaissent pas pour autant : elles poursuivent leur trajectoire courbe en ralentissant fortement et peuvent parcourir autour de 200 mètres avant de rejoindre le sol. C’est cette dernière partie du voyage qui peut produire ce que l’on appelle une « pluie de plomb ».
Soyons précis : prendre une gerbe de chasse à courte distance, c’est recevoir des projectiles qui viennent de quitter le canon et qui transportent encore une grande partie de leur énergie. Et ça c’est très dangereux. Si au moment du tir vous passez en deltaplane à moins de 40 mètres au-dessus du chasseur (oui j’échafaude des scénarios), vous risquez une blessure sévère. En revanche, si vous recevez au sol quelques plombs arrivés au bout de leur course, c’est désagréable certes, mais totalement inoffensif.
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Prenez John Isner au service. Quand il vous envoie une balle à plus de 220 km/h, vous n’avez aucune envie d’être devant. Vous risquez un séjour à l’hôpital avec une orbite enfoncée. Mais laissez cette même balle traverser le court, toucher le panneau publicitaire, rebondir plusieurs fois et venir finir sa course contre votre pied : bah c’est toujours exactement la même balle de tennis. Ce qui a changé, c’est son énergie. Pour la grenaille de plomb, c’est pareil. Dire « ce sont toujours des plombs » est correct, mais ça ne suffit absolument pas à décrire le danger.
Alors ça ne dispense évidemment personne des règles de sécurité. Un chasseur doit savoir ce qu’il y a devant lui, derrière son gibier et dans la zone où sa grenaille peut retomber. Recevoir des plombs pendant qu’on se promène n’a rien d’agréable. Mais entre râler après l’indélicat (s’il l’est hein, tout dépend des circonstances), et hurler à l’insécurité dans les campagnes, il y a un pas que seuls les idéologues fâcheux et les scribouillards du dimanche franchissent sans se poser de questions.
Explications par le droit : en janvier 2009, à Montpellier, une mère et ses enfants, ainsi qu’un autre promeneur, disent avoir reçu des plombs sur la tête. Aucun n’est blessé. Le chasseur explique avoir tiré vers le ciel et qu’il s’agit de plombs retombés deux ou trois cents mètres plus loin. Poursuivi pour mise en danger d’autrui, il est relaxé, puis de nouveau relaxé en appel. La cour considère notamment qu’il n’est pas établi qu’il ait tiré en direction du parc ou des habitations, ni qu’il ait violé une règle de sécurité. Voilà qui remet un peu de physique, et accessoirement un peu de droit, derrière l’expression “pluie de plomb”.
On peut donc discuter très sérieusement de la responsabilité d’un chasseur lorsque de la grenaille retombe sur des tiers. On peut enquêter, vérifier les distances, déterminer s’il y a eu imprudence et sanctionner une faute lorsqu’elle existe. Mais rien de tout ça ne nécessite d’arranger la physique.
Vous voyez finalement, le problème avec la « pluie de plomb » ce n’est pas l’expression elle-même. Elle décrit plutôt bien ce qui se produit lorsque de la grenaille retombe en fin de course. Le problème c’est que les adversaires de la chasse et les journalistes de pacotille s’en emparent pour « faire causer », ce qui fait monter artificiellement le fameux « sentiment d’insécurité », arme préférée des idéologues du dimanche.
A voir en vidéo :










Bonsoir, vous avez raison, en un mot, rien de dangereux,mais il me semble que ces fameux plombs qui retombent inoffensifs, doivent théoriquement retomber chez soi,et non sur un chemin ou une route,ou sur le terrain d’autrui, ou était cette famille ?bref!pensons-y!