Après Périgueux et une marche parisienne annulée, One Voice annonce Nantes le 14 novembre. L’association parle au nom d’une majorité de Français que personne n’a encore vue défiler.

Le bouton s’appelle « Participer ». Sur la page d’accueil de One Voice, il est posé sous une nouvelle date : samedi 14 novembre, Nantes, action nationale « La chasse, un problème mortel ». C’est la suite d’une campagne d’automne qui a déjà eu ses rendez-vous. Il suffit de regarder qui est venu.
Le 10 octobre, à Périgueux, One Voice et le Parti animaliste avaient additionné leurs forces. ICI Périgord a compté une vingtaine de militants place André-Maurois, encadrés par une dizaine de policiers. Le défilé annoncé n’a jamais quitté la place. Sud Ouest dénombrait une soixantaine de personnes au total : les agriculteurs et les chasseurs venus leur répondre étaient plus nombreux que les manifestants. Le même jour, le Parti animaliste revendiquait cinq villes sur les quinze annoncées. Nantes, déjà, n’était pas du bilan.
Le 24 octobre devait être le grand rendez-vous. One Voice coorganisait avec l’ASPAS, AVES France et l’ACCT Rambouillet la Marche pour le Vivant « Pas de fusils sur les cendres », de la place Saint-Sulpice au Panthéon. La pétition qui la portait affichait plus de 500 000 signatures. La marche a été annulée quelques jours avant, sur un avis de la préfecture qui l’aurait « fortement déconseillée », selon le communiqué des organisateurs. Aucun arrêté d’interdiction n’y est mentionné.
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One Voice écrit sur sa page de campagne que « partout, y compris dans les zones rurales, les Français sont majoritairement opposés à la chasse ». Le chiffre qui soutient la phrase est un sondage Ipsos de 2023, commandé par One Voice, selon lequel 53 % des Français s’opposeraient à la chasse. Répondre à un sondeur prend deux minutes. Une pétition se signe depuis un canapé. Un samedi après-midi sur une place de Périgueux coûte davantage, et c’est ce que cette majorité ne donne pas.
Le format, lui, s’est réduit au minimum. Pour la séquence d’octobre, le communiqué de One Voice annonçait onze villes, avec presque partout le même programme : un stand, un happening et du tractage, le plus souvent pendant deux heures. Le slogan n’a pas changé depuis la brochure « La chasse, un problème mortel » diffusée par l’association en 2018.
Pourquoi recommencer ? La réponse se lit dans l’agenda de l’association. Fin septembre, pendant qu’elle préparait ses stands, One Voice attaquait en justice l’arrêté de chasse de l’Aude sur les perdrix, ramenait devant le juge la perdrix grise des Pyrénées-Atlantiques et contestait la chasse du lièvre variable, du tétras-lyre et de la bartavelle dans les Alpes-de-Haute-Provence. Devant un tribunal, un avocat et un dossier suffisent. Il n’y a personne à compter.
La rue sert à autre chose. Un stand de deux heures produit une photo, une page d’événement et un bouton « Participer ». L’association se présente elle-même comme un mouvement qui dure « grâce à la générosité des donateurs ». Pour ceux qui donnent, la photo suffit à faire exister la mobilisation, quel que soit le nombre de personnes dans le cadre.
Le 14 novembre à Nantes, il suffira de compter les présents. Au moment où j’écris ces mots, 22 personnes ont répondu.
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