Une internaute s’inquiète des accidents de chasse après avoir lu qu’ils auraient fait « 403 morts en vingt ans ». Sa réaction est sincère. Mais notre perception du danger ne suit pas nécessairement les statistiques du danger.
Ca craint quand même…je ne suis pas du tout contre les chasseurs, mais là il y a un vrai problème, on ne peut que le constater. Ou bien les mesures de sécurité sont faiblardes, ou bien elles sont suffisantes mais non respectées, mais il y a un problème, c’est certain ! Les non chasseurs ne doivent pas être les victimes collatérales d’un loisir !
— Florence Avignon (@AvignonFlo32293) September 23, 2026
Je suis tombé sur ce message et je n’ai aucune envie de jeter la pierre à la personne qui l’a écrit. Elle précise d’ailleurs qu’elle n’est « pas du tout contre les chasseurs ». Elle est juste tombée sur un post qui relaye un accident survenu aux Etats-Unis et qui tourne partout (parce que les gens ne cliquent pas sur les articles). Alors, soucieuse, elle s’interroge : soit les règles sont insuffisantes, soit elles ne sont pas respectées. Dans les deux cas, puisqu’on lui explique que la chasse a fait 403 morts et près de 3 000 blessés en vingt ans, elle en conclut qu’il y a « un vrai problème ». C’est humain.
Pourtant, il existe une différence fondamentale entre l’insécurité et le sentiment d’insécurité. Les sociologues, les statisticiens et l’Insee travaillent depuis longtemps sur cette distinction dans le domaine de la délinquance : le sentiment d’insécurité est une réalité en lui-même, mais il n’est pas la mesure réelle du danger. On peut se sentir davantage menacé alors que les chiffres sont à la baisse. L’Insee explique d’ailleurs que ce sentiment peut découler d’une expérience vécue, de phénomènes observés, mais aussi d’un danger simplement « appréhendé ». La propagande n’y est sans doute pas pour rien. Et la chasse offre un magnifique laboratoire de ce phénomène.
Commençons par le chiffre qui déclenche ici la réaction : « 403 morts ». On retrouve effectivement ce chiffre dans un article publié en 2018 à partir des statistiques de l’ancien ONCFS. À cette époque, le cumul depuis 2000 atteignait 403 décès. Le même article recensait 3 058 accidents corporels, dont 403 accidents mortels, soit environ 2 655 blessés non mortels. Autrement dit, même les « 2 920 blessés » du message relayé aujourd’hui ne correspondent pas à cette série. Bon ce n’est pas le cœur du sujet. Mais on est en 2026 : présenter en septembre 2026 un cumul arrêté huit ans auparavant comme « les vingt dernières années » produit forcément une image faussée de la situation actuelle.
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Parce que pendant ce temps-là, l’accidentologie a profondément évolué.
Pour la saison 2025-2026, l’Office français de la biodiversité a recensé 92 accidents corporels et quatre décès. Quatre chasseurs. Trois des quatre décès étaient des auto-accidents. Dix non-chasseurs ont été victimes d’un accident, dont quatre gravement. C’est évidemment dramatique. Mais le tableau n’a plus grand-chose à voir avec celui que produit mentalement l’annonce de « 403 morts ». L’OFB constate par ailleurs une baisse de 49 % du nombre total d’accidents en vingt ans. Vous pouvez retrouver les statistiques officielles de l’OFB ici.
Et c’est là que notre cerveau commence cette tambouille sur laquelle compte bien la sphère anti-chasse.
« 403 morts », c’est ce qu’on appelle un numérateur. Pris isolément, il fait tout le taf. Mais un risque ne se mesure jamais avec un numérateur posé là tout seul. Il faut un dénominateur, c’est à dire une population exposée, une fréquence, ou une évolution dans le temps. 403 morts sur vingt ans ne disent pas si la chasse est aujourd’hui plus ou moins dangereuse qu’hier, ni combien de personnes ont été exposées au risque, ou encore quelle est la part des chasseurs parmi les victimes. « 403 morts en 20 ans », ça sert surtout à fabriquer une impression.
C’est ce qu’on appelle la négligence du dénominateur, l’outil préféré des idéologues.
Ajoutez ensuite un nom, un visage et une histoire. Ici, Morgan Keane, tué en 2020 alors qu’il coupait du bois sur son terrain. Un drame épouvantable.
À partir de là intervient un autre mécanisme qui continue de faire le taf : l’heuristique de disponibilité. C’est un terme compliqué pour décrire ce raccourci mental qui consiste à juger de la probabilité d’un événement selon la facilité avec laquelle des exemples nous viennent à l’esprit. En l’espèce, il nous est présenté par l’idéologue. Pas besoin de se le représenter. Un jeune homme de 25 ans, une photo, et une histoire tragique. Notre cerveau sait parfaitement quoi en faire. Les dizaines de millions de promenades, de sorties de chasse et de journées passées dans les campagnes sans qu’il arrive quoi que ce soit n’ont, elles, ni visage, ni article, ni photo. Elles sont statistiquement essentielles, mais émotionnellement invisibles.
C’est ainsi que naît, sous vos yeux ébaubis, le décalage entre risque et perception du risque.
Alors évidemment ça ne signifie pas que le sentiment d’insécurité est fabriqué sur une pure invention. Un promeneur qui entend des coups de feu à quelques centaines de mètres peut avoir peur. Un riverain qui découvre un impact sur sa façade n’a pas besoin d’un statisticien pour lui expliquer que la moyenne nationale est rassurante. Et les 122 incidents matériels recensés en 2025-2026 montrent qu’il reste des comportements dangereux à combattre. Les règles de sécurité, la formation ou les contrôles ne deviennent pas inutiles parce que les statistiques s’améliorent.
Mais l’inverse est tout aussi vrai : une émotion sincère ne transforme pas la peur en danger.
Alors évidemment tout ça est piloté par les associations anti-chasse (et leurs proxys) aidées dans leur entreprise par une presse paresseuse ou avide de clics faciles. Tout ce petit monde vous présente ainsi le tout comme une photographie de « l’insécurité liée à la chasse ». Il sélectionne toujours l’unité de mesure qui produit l’impression la plus forte. Il additionne vingt ans plutôt que de montrer la courbe annuelle. Il parle des victimes sans distinguer chasseurs et non-chasseurs. Il met en avant un cas dramatique plutôt que la fréquence statistique. L’idée c’est de court-circuiter la pensée pour se brancher directement sur les émotions.
L’autrice du message écrit : « Il y a un problème, c’est certain. ». Il y a effectivement encore des accidents de chasse. Ils sont devenus très rares, mais ils existent.
Mais il faut comprendre que les adversaires de la chasse sont des marchands de peur qui empilent les faits divers. Et quand ils n’en trouvent pas suffisamment en France pour créer un effet de masse ? ils vont en chercher à l’étranger, en omettant bien sûr de préciser la localisation. C’est le cas qui nous occupe aujourd’hui. Le piège est tendu. Reste à savoir si vous tomberez dedans.
A voir en vidéo :










L’accident de chasse qui a causé la mort de Morgan Keane est survenu dans le Lot en 2020. Il s’agit donc bien d’un accident en France, et non à l’étranger.
Ah, revoilà Eléonore !
Le Midi Libre a publié tout récemment un article avec en gros titre « IL CROIT VOIR UN CERF ET OUVRE LE FEU ».
L’article fait état d’un accident à la chasse aux Etats-Unis, dans le Delaware. Une femme est tuée.
Si on ne lit pas l’article, avec le titre, on pense immédiatement à un accident en France, le Midi-Libre n’ayant pas pour zone d’intérêt privilégié le Delaware.
Sentiment d’insécurité et insécurité : vaste problème.
Ce qui est fou c’est la peur à propos des accidents de chasse que beaucoup montent systématiquement en épingle (journaux, télévisions, sites d’information, associations, influenceurs, etc…) sans comparaison aucune avec les autres accidents, mortels ou non, provoqués par d’autres activités.
On fait monter la peur et le sentiment d’insécurité.
Pourtant, il y a tellement plus d’accidents et d’accidents mortels ailleurs, comme les accidents domestiques (20.000 morts par an), ou les morts par accidents de la route (3.513 morts en 2025) qui sont pourtant moins source de peur, de sentiment d’insécurité.
Si on prend les chiffres des nouvelles mobilités que sont le vélo et la trottinette électrique, on trouve 234 morts pour le vélo et 80 morts pour la trottinette sur l’année 2025. On n’en fait pas un tel foin. Il n’y a pas une telle peur.
Et pour les blessés sur les routes en 2025, c’est 250.000 dont 16.600 grièvement blessés.
Je trouve insensé le sentiment d’insécurité par rapport à la réelle, et relativement modeste, insécurité à la chasse.
Je rapproche ce sentiment d’insécurité à la chasse avec le sentiment d’insécurité qu’ont les gens à propos des attentats terroristes. C’est beaucoup trop, mais en nombre c’est rien du tout.
Pour terminer, malgré les progrès très importants qui sont réalisés année après année, et le nombre relativement modeste des accidents à la chasse, je considère qu’il y a encore beaucoup trop. J’espère, qu’en peu d’années, nous diminuerons ce nombre de trois à quatre fois.
J ajouterai, même si un accident est toujours un de Trop,quelques exemples d accidents par activité de loisirs de plein air, sports d hiver 37 pour cent pour cent(personnes percutées par des inconscients, emportées par une avalanche déclenchée par certains qui font du hors piste ect.),sport nautique 24 pour cent(collisions,nageur percuté,ect.)la chasse c est 4 pour cent et aucun non chasseur depuis quatre ans.et pourtant personne n a peur de prendre le volant ou de chausser des skis donc un peu d objectivité svp.
Pour les assureurs, la chasse n’est pas une activité à risques. Il n’y a pas de surcotisation lors d’un emprunt pour l’achat d’un logement. Par contre, pour le parachutisme, entre autres, il y en a une.
Par ailleurs, le prix de l’assurance pour la validation annuelle n’a presque pas augmenté depuis 15 ou 20 ans. Ce n’est que 22€. Les assurances ne sont pas des philanthropes et nous feraient payer plus cher sans problème si c’était nécessaire.