Dans un long texte publié le 27 juin sur Village de la Justice, Me Brame, avocat du chien Curtis, entreprend de démonter les conclusions de l’enquête judiciaire dans l’affaire Élisa Pilarski. Mais à trop vouloir faire de Curtis une victime et de la chasse une force obscure, il finit par céder à une rhétorique politique bien plus qu’à une démonstration juridique.

Une thèse construite sur l’effacement de Curtis
Le texte s’ouvre sur un constat récurrent dans les milieux animalistes : le statut juridique de l’animal en France serait inadapté. C’est dans ce cadre que Me Brame tente d’inscrire le cas de Curtis – non pas comme une exception dramatique, mais comme un révélateur du mépris structurel envers les animaux. Il s’agit donc, dès le départ, de déplacer le regard : Curtis n’est plus celui qui a mordu, mais celui que la justice s’apprête à sacrifier.
Pourtant, dans cette affaire, les faits sont là. Curtis est un chien de catégorie 1, interdit en France, importé illégalement, décrit par plusieurs témoins comme instable, et qui a déjà mordu. L’expertise ADN est sans ambiguïté : aucun ADN de chien de chasse, mais celui de Curtis sur les plaies d’Élisa. Aucun élément matériel n’est venu contredire cela.
Or, tout l’effort du plaidoyer de Me Brame consiste à dissoudre cette réalité dans un récit beaucoup plus flou : celui d’une meute de chiens de chasse, rendus invisibles, jamais expertisés correctement, et qui auraient pu, peut-être, être à l’origine du drame. L’argument est fragile sur le plan procédural, mais efficace sur le plan émotionnel.
Le chasseur, coupable par système
Ce glissement n’est pas anodin. Il répond à un schéma rhétorique clair : Curtis n’est pas le bourreau, il est le bouc émissaire ; les chiens de chasse, eux, seraient les vrais bourreaux, mais protégés par le système.
A lire aussi : Affaire Pilarski : Christophe Ellul sera bien jugé
Le texte multiplie les insinuations : disparition des chiens de chasse, proximité d’un gendarme avec le milieu cynégétique, absence de scans poussés sur Curtis, influence des syndicats de chasse… On n’est plus dans la démonstration, mais dans l’accumulation de soupçons, sans faits nouveaux pour les appuyer.
Et surtout, Me Brame ne semble pas mesurer à quel point ce déplacement sert une logique politique plutôt qu’une défense juridique. En refusant de voir dans Curtis un animal potentiellement dangereux, en appelant la justice à traiter ce chien comme une victime, il s’aligne sur une posture militante qui ne cherche plus à comprendre les faits, mais à réécrire le récit.
La logique anti-chasse, moteur implicite
Il est frappant de constater que ce plaidoyer pour Curtis reprend les éléments classiques d’un discours anti-chasse bien rodé. La chasse y est décrite comme un monde de connivence et d’impunité ; la vénerie, comme un théâtre d’archaïsmes violents ; les chiens de chasse, comme des armes dissimulées.
Tout cela sans le moindre élément nouveau dans le dossier, et en occultant totalement la spécificité comportementale et juridique de Curtis. Que ce chien ait été élevé dans des conditions douteuses, qu’il soit issu d’un réseau illégal, qu’il ait été signalé comme instable : ces éléments sont balayés au profit d’une seule certitude — le mal ne peut venir que de la chasse.
Cette posture affaiblit le propos de Me Brame. Car en substituant une cause symbolique (la lutte contre le statut juridique de l’animal, la dénonciation de la chasse) à l’examen rigoureux d’un dossier judiciaire, il tourne le dos à ce qu’il prétend défendre : la vérité des faits et des responsabilités.
Une conclusion qui interroge
En voulant faire de Curtis un étendard pour la cause animale, Me Brame en fait un instrument idéologique, à rebours des éléments matériels. Il ne plaide pas l’innocence du chien au regard des preuves, mais l’injustice structurelle du système à l’égard des animaux.
Mais cette ligne de défense, aussi cohérente soit-elle dans une tribune politique, ne résiste pas à l’examen judiciaire. Elle n’efface ni l’ADN, ni les expertises comportementales, ni l’illégalité manifeste de la détention de Curtis.
Surtout, elle confirme ce que beaucoup avaient déjà compris : l’affaire Pilarski est devenue un cheval de Troie pour les adversaires de la chasse, qui y voient l’opportunité d’imposer une lecture politique d’un drame personnel.
A voir aussi en vidéo :











Ce monsieur mériterait de passer 24 heures au chenil avec les chiens de la meute puis quelques heures dans le box de Curtis pour lui faire comprendre et admettre la différence surtout pas l’inverse ça serait trop difficile.
Excellent !
c’est pas la première fois sur ce site qu’il y a des textes de cette orientation, une façon de se faire de la pub auprès des associations anti-chasse !?! Une des sources lucratives pour les avocats après les divorces …
Même quand il n’y a pas de chasseurs ou de chiens ils sont responsables. Pourquoi ne pas faire payer aux chasseurs les dégâts sur les véhicules en cas de collusion et cela toute l’année même et surtout quand la chasse est fermée. Le phare cassé par le choc avec une perdrix est remboursé par l’association la plus proche, génial non !
« Heureusement » que les populations d’insectes se sont effondrées sinon les chasseurs devraient payer les passages aux stations de lavage. 😦😡
Bah non dommage car j’adorais coller dans les dents du camp du Bien qui dit que « tuer des animaux c’est barbarie d’un autre âge » qu’on peut en discuter à côté de leur véhicule et qu’on comptera les insectes éclatés…..
Impossible de trouver le texte qui semble avoir disparu sur le site du Village de la Justice.
Sans être anti ou pro-chasse, c’est vrai que c’est bizarre si aucune empreinte dentaire d’aucun chien de la meute n’a été prise. Ça veut dire que le procès est construit à charge. Ce qui n’est pas normal. J’imagine que la famille Elliul ou Pilarski n’a pas les moyens de l’asso de chasseurs où y’a souvent des notables. Faut pas se leurrer. Mr Elliul aussi veut connaître la vérité. Il a quand même perdu sa femme et son enfant à venir. J’imagine qu’il ne serait pas prêt à couvrir un chien coupable même si c’est le sien. Tragique histoire en tout cas. Y’a pas de mauvais chiens, que des mauvais maîtres.