Au nom du lièvre, sur le GIC du Val d’Allier

Vieux de 32 ans, le Groupement d’Intérêt Cynégétique (GIC) du Val d’Allier œuvre chaque jour pour le petit gibier. Situé à l’extrême sud de la Réserve Naturelle du Val d’Allier, il baigne non loin de l’une des dernières rivières sauvages d’Europe de l’Ouest. Ancré sur les communes de Pérignat-sur-Allier, Chauriat, Mezel, Saint-Bonnet-lès-Allier et Saint-Georges-lès-Allier ainsi que le domaine privé « La Borie » de Saint-Bonnet-lès-Allier, il s’étend sur près de 4000 ha. Pour ce GIC c’est le lièvre qui est avant tout un cheval de bataille.

Texte et photos : Margaux Huntress

A la fin des années 80, les lâchers de lièvres étaient monnaie courante. L’apogée de cette époque a amené de nombreux territoires aux quatre coins du pays à lâcher pas moins de 200 000 lièvres par an. Venant tout droit des pays de l’Est pour aider les populations affaiblies à retrouver un peu de dynamique, l’effet boomerang de ces lâchers massifs n’a pas été sans conséquence. Ces trente années d’abondance ont décimé à hauteur de 80% les populations de lièvre d’Europe dans la région car de nombreux individus d’importation étaient porteur de la tularémie, zoonose bien connue et mortelle chez le lièvre et transmissible à l’Homme. C’est donc en 1989, que 3 sociétés de chasse communales se sont réunies pour discuter de solutions pouvant être mises en place afin d’inverser la tendance et corriger les erreurs du passé. Le GIC du Val d’Allier nait.

Au départ, seulement une partie des communes de Pérignat-sur-Allier, Chauriat et Saint-Georges-lès-Allier constituaient le GIC. C’est seulement à l’aube des années 2000 que les communes qui constituent le GIC aujourd’hui se sont réunies tout en intégrant la totalité de leur territoire.

Afin de pouvoir donner un nouveau souffle au Lepus europaeus, les chasseurs du GIC ont commencé par arrêter complètement sa chasse pendant près de 10 ans. Mais, ils ont rapidement constaté que cette restriction n’allait pas changer la donne en un claquement de doigt. Petit à petit, des comptages par Indice Kilométrique d’Abondance (IKA) sont mis en place. Cette méthode de comptage, qui s’effectue de nuit sur un parcours prédéfini, permet de mettre en rapport le nombre de lièvres comptés et le nombre de kilomètres parcourus, donnant ainsi un état des populations.

Quand une bête rousse, devient bête noire…

En parallèle, la Fédération Départementale des Chasseurs du Puy-de-Dôme (FDC63) effectue des comptages par point pour consolider les statistiques. Ces comptages ont permis également de mettre le doigt sur une problématique récurrente : goupil est présent, trop présent et trop oppressant. Sa prédation intensive sur le lièvre ne permet pas à la population de décoller. Alors, une armée de piégeurs s’est affairée à poser collets et autres pièges en tout genre pour réduire les effectifs. Aujourd’hui ils ne sont plus que deux à s’occuper de la régulation du renard et autres nuisibles, comme la corneille. Près d’une quinzaine de goupils sont pris chaque année au piège et en tir d’été. La régulation du renard est très importante sur le secteur et ne doit pas être relâchée car l’équipe, et avec le recul de plusieurs années de comptage, s’est rendue compte que si l’IKA renard était supérieur à 1,5 individus, alors la population de lièvre n’augmentait pas. Voyant la population augmenté favorablement, quelques prélèvements anecdotiques ont été autorisés dans les années 2000. Mais la chasse du lièvre a réellement repris en 2015. Thierry Séchal, 51 ans et grand passionné de chasse depuis sa tendre enfance est vice-président du GIC et président de la société de chasse communale de Saint-Georges-lès-Allier. Il explique que pour équilibrer les prélèvements, ceux-ci sont attribués par secteur. Par exemple, sur son secteur de 600 ha, 42 lièvres ont été comptabilisés lors des comptages sur un circuit de 14km. Ils se sont donc autorisés à prélever 8 lièvres pour cette saison 2020-2021.

A partir du moment où ils ont pu rechasser le lièvre, les gestionnaires ont pris le taureau par les cornes et ont voulu œuvrer en faveur de deux autres espèces : la perdrix grise et la perdrix rouge. Jusqu’au milieu du 20ème siècle, ces deux oiseaux étaient largement répandus dans le Nord du Massif Central. A la fin des années 1970, les populations de perdrix grises et rouges étaient en revanche dans une situation de fort déclin.

Alors que les paysages ruraux de plaine subissent une intensification de l’agriculture accompagnée d’une simplification des assolements, le secteur connaît plutôt une certaine forme d’appauvrissement de ses agrosystèmes. La spécialisation dans l’élevage devient presque systématique, entraînant une augmentation considérable des prairies naturelles et artificielles. Ces pratiques amènent des fauches régulières, intervention destructrice pour la petite faune sauvage.

Le remembrement a également engendré la destruction de nombreuses haies, n’apportant plus de couvert pour la protection et la reproduction de ces deux espèces. Les hivers rigoureux ne sont pas non plus sans conséquence pour ces oiseaux si fragiles. Et sans se voiler la face, des prélèvements massifs plusieurs années de suite ont participé au déclin des belles des plaines.

Des efforts qui ne paient pas

Sur le GIC du Val d’Allier, les actions commencent réellement en 2015. Mais Thierry Séchal demeure lucide et pragmatique…
On ne va pas se mentir, on s’y casse les dents, lance le gestionnaire Malgré des lâchers d’été entre le 14 juillet et le 15 août, les populations ont du mal à subsister. Chaque année, une quinzaine de compagnies constitué de deux adultes et dix jeunes bagués sont lâchers sur l’ensemble du territoire. La pose d’agrainoirs et d’abreuvoirs et leur alimentation régulière sont des efforts que fait l’équipe pour tenter de subvenir aux besoins des perdrix. Mais le manque de couvert pour la protection et la reproduction des deux espèces freine considérablement l’épanouissement et donc l’augmentation des populations.
Abandonner n’est pas dans les habitudes des gestionnaires. La preuve, ils se sont unis pour réimplanter des haies et reboiser une parcelle de près de 1000m², subventionnées à hauteur de 80% par le Conseil Départemental et à hauteur de 20% par la Fédération Départementale des Chasseurs du Puy-de-Dôme. La commune de Saint-Georges-sur-Allier, consciente de l’impact positif de ce type d’action, a mis à disposition la parcelle. Des essences locales ont été choisies avec soin : sorbier, noisetier et prunelier pour la strate arbustive, et noyer, pommier et érable pour la strate arborescente. Aujourd’hui, ce ne sont pas moins de 2 km qui ont été plantés. Pour éviter d’altérer le moral des troupes, une quinzaine de perdrix sont autorisées au prélèvement. Mais les chasseurs lèvent le pied, car ils sont conscients de l’impact que cela peut avoir et ne veulent pas gâcher tous leurs efforts. Et même si la perdrix se montre plus que timide, la caille quant à elle est une grande surprise. Depuis deux ans, elle est de retour sur le secteur. L’augmentation des CIPAN (Cultures Intermédiaires Pièges à Nitrates) n’y est pas pour rien. L’espèce a besoin de ce type de couvert pour se nourrir car ils abritent de nombreux insectes et ce n’est pas pour en déplaire aux chasseurs.

Malgré des relations qui s’altèrent d’année en année entre les ruraux et agriculteurs, et les nouveaux habitants des campagnes qui débarquent des villes, le GIC a de nouveaux projets en perspectives. Toujours plus motivés, ces messieurs tant passionnés par le petit gibier, veulent s’atteler à œuvrer en faveur du lapin de garenne. Et c’est grâce à cette ténacité que le petit gibier a de beaux jours devant lui, car Thierry en est persuadé : « il faut être clair, un GIC se fait pour les générations futures ». Elémentaire, mon cher Thierry !

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