Babiroussa : le cochon-cerf

Parmi les suidés les plus mystérieux au monde se trouve le babiroussa, une créature indonésienne étrange à plus d’un titre qui doit une part de sa popularité au français Maurice Patry. Le célèbre aventurier, naturaliste et guide de chasse a « redécouvert » la bête en 1988…

Par Philippe Aillery

Endémiques des îles d’Indonésie et de Papouasie-Nouvelle-Guinée, les trois sous-espèces de babibroussa (Babyrousa babyruosa) encore vivantes hantent plus particulièrement les terres insulaires des Célèbes, de Tongian, Sula, Buru et Moluques. Elles vivent au cœur des zones humides des forêts tropicales. Marais, roselières, salines, lacs, rivières et fleuves forment son environnement exclusif. Plantes aquatiques, bulbes, feuillages, fruits, petits vertébrés et invertébrés forment le régime alimentaire de cet omnivore à tendance végétarienne. Excellent nageur, le cochon cerf, tel que l’ont baptisé les Malaisiens, est capable de traverser de grandes étendues d’eau pour notamment changer d’île.

Pratiquement glabre (de courtes et rares soies recouvrent sa peau ridée et plissée), son allure générale fait immédiatement penser à un porc ou à un sanglier… nu d’environ un mètre de long pour une hauteur de 80 cm et un poids oscillant selon les sexes de 60 à 100 kilos. Son corps, d’aspect arrondi, ses oreilles pointues, ses courtes pattes dotées chacune de quatre doigts, son groin mobile et obtus confirment qu’il s’agit bien là d’un suidé. Mais il suffit d’observer la tête d’un mâle adulte pour comprendre que l’animal reste tout de même un cas d’école des plus particuliers. En effet, outre le fait d’arborer de très longues canines inférieures bien affûtées, ses incisives supérieures poussent à la verticale de la mâchoire de telle sorte qu’elles perforent celle-ci et poussent sans discontinuer tout au long de la vie du babiroussa jusqu’à faire une boucle complète et parfois transpercer le crâne jusqu’à entrainer la mort.

 Ces quatre dents, très fragiles, n’ont pas de fonction particulière sauf celle d’apparat à l’heure du rut. En aucun cas, les porteurs de ces véritables trophées ne s’en servent pour creuser le sol en quête de nourriture, ni pour se battre. Quand il s’agit de régler des conflits, les mâles se mettent debout sur leurs membres postérieurs et s’affrontent à coups de pattes avant et de groins. Le naturaliste Buffon (1707 – 1788), très surpris par les défenses recourbées des babiroussas et par leur manque d’utilité apparente, avait déduit que ces dents permettaient aux animaux de se suspendre verticalement aux branches pour se reposer…

Ces quatre dents, très fragiles, n’ont pas de fonction particulière sauf celle d’apparat à l’heure du rut.

Actifs particulièrement la nuit et aux périodes crépusculaires, les babiroussas passent le reste de leur temps à dormir. Dotés d’une ouïe et un odorat redoutables, ils sont en toutes circonstances sur le qui-vive et détalent à une vitesse prodigieuse à la moindre alerte. On les dit plus rapides et plus alertes que nos sangliers européens. Victime du braconnage de subsistance, des pythons 

réticulés et de la déforestation, le babiroussa jouit officiellement d’une protection totale depuis 1931 et ses effectifs actuels sont estimés à environ 4000 individus. Il est inscrit à l’Annexe 1 de la CITES depuis 1982 et est classé dans la catégorie « vulnérable » de la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).

Maurice Patry. A l’âge de 13 ans, en 1937, il découvre par hasard l’existence du suidé en flânant au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris.

Bien peu de monde s’est intéressé au babiroussa autant qu’a pu le faire le français Maurice Patry. A l’âge de 13 ans, en 1937, il découvre par hasard l’existence du suidé en flânant au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris. L’adolescent est fasciné et se promet qu’un jour il ira à la rencontre de ces créatures étranges dont personne ne parle jamais puisqu’on le pense disparu depuis plus d’un siècle à l’état naturel. Seuls quelques exemplaires subsistent dans de rares parcs zoologiques. S’ensuit alors un parcours incroyable qui va faire tour à tour du personnage entre 1943 et 1981 un militaire, un agent forestier, un aventurier (il a traversé l’Afrique d’ouest en est en kayak), un guide de grande chasse et un conservateur d’exception de la mythique zone gabonaise de Sette Cama.

Babiroussa, une vie jusqu’au bout du rêve

Ce n’est qu’après cette première partie de vie trépidante que l’homme, de retour en France, se met en quête de l’atypique cochon cerf. Pour ce faire, il réalise une dizaine d’expéditions en Indonésie et finit, en 1988, par photographier et filmer, dans le nord des Célèbes, les babiroussas dans leur environnement. Ses images font sensation. Elles sont publiées dans de très nombreux magazines et leur auteur suscite un véritable intérêt de la part des grands médias. Un film documentaire intitulé « Maurice Patry, l’aventurier au grand cœur » réalisé en 2002 par Antonio Rodriguez pour la chaine thématique Seasons retrace avec brio la vie du personnage. Par ailleurs, l’aventurier avait signé un ouvrage aux éditions Fixot « Babiroussa, une vie jusqu’au bout du rêve » qu’il est encore possible de se procurer au moins d’occasion.

Le Salon de la Chasse et de la Faune Sauvage 2023

Le Salon de la Chasse et de la Faune Sauvage de Rambouillet, qui aura lieu sur l’île Aumône, située en plein milieu de la Seine à Mantes la Jolie est connu comme le salon de chasse couvert le plus grand. Des exposants venus du monde entier se rassemblent pour présenter et démontrer les dernières nouvelles de l’industrie de la chasse en plein air couvrant autant des fusils de chasse que les vêtements à un public qualifié et intéressé. L’événement est une plate-forme de communication et information pour tous les chasseurs et les amateurs offrant d’excellentes occasions pour établir des nouveaux contacts.

Pin It on Pinterest

Share This