Une collégienne de 14 ans assassinée dans l’Aisne. En quelques heures, sur Bluesky, quelqu’un imagine que le meurtrier est « sans doute un chasseur et/donc un facho. »

Le 6 mai 2026, Chloé, 14 ans, est tuée à l’arme blanche à Fère-en-Tardenois. Le suspect, Julien B., 23 ans, sera mis en examen pour homicide volontaire avec préméditation et viols sur mineure. Dans les heures qui suivent la découverte du corps, avant que son profil soit public, avant que quiconque sache quoi que ce soit, un post circule sur Bluesky. Entre parenthèses, comme une évidence : « vu le lieu j’imagine que c’est en plus un chasseur et/donc un facho. »
C’est un réflexe qui mérite qu’on s’y arrête une fois de plus parce qu’il dit quelque chose de précis sur la place du chasseur dans l’imaginaire contemporain : le chasseur est un « fond disponible », mobilisable dans les circonstances les plus atroces, surtout quand pas un seul fait n’est encore établi. Le chasseur est, qu’on se le dise, une figure haïssable par défaut pour les moins cortiqués d’entre nous. Une catharsis sans doute.
Ce réflexe-là en est le produit des réseaux sociaux. Ce qu’ils ont fabriqué c’est une catégorie de haine licite. Un groupe d’humains sur lequel il est socialement acceptable de cracher sans qu’aucune voix autorisée ne s’élève pour dire que c’est un problème.
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La distinction mérite d’être faite. Il existait avant les réseaux une bobo-condescendance envers la chasse. Mais ce malaise-là restait dans les silences polis, dans les mauvaises blagues à demi formulées. Il n’était pas encore une posture.
Les réseaux ont changé ça. Ils ont transformé un vague préjugé en performance publique. Cracher sur le chasseur est devenu un signal d’appartenance et de modernité morale. Le post de Bluesky ne cherchait pas à nuire à un chasseur en particulier. Il cherchait à dire quelque chose sur celui qui le postait : je suis le genre de personne qui fait le lien. La haine du chasseur est devenue un marqueur identitaire, et les réseaux en ont fait un geste gratuit, reproductible, et surtout sans aucune conséquence. Jamais.
C’est précisément ce qui le rend difficile à combattre. Face à une attaque organisée, on peut identifier une source, répondre et documenter (c’est ce que je fais sur ma chaine depuis des années). Mais face à cette haine banalisée, répartie sur des milliers d’inconnus qui n’ont même pas conscience de participer à quelque chose de collectif, les outils habituels ne servent à rien. Julien B. n’est pas chasseur.
Oui les chasseurs sont victimes de la haine sur les réseaux sociaux. Mais ce n’est pas la fin de l’histoire. Ce que ce post montre, c’est qu’une société peut construire, sans s’en rendre compte et sans se le reprocher, une catégorie humaine sur laquelle la haine ordinaire peut se déverser. Oui le besoin est pressant, semble-t-il.
A voir en vidéo :










Bonjour, hélas, sur le web(« toile,d’araignée » )beaucoup ont « une araignée au plafond « .La psychiatrie va avoir le vent en poupe dans quelques années à mon avis,et peut-être que l’IA sera utile.