Cantal : les chasseurs deviennent secouristes

Chasse Actu
date 04 août 2025
author Léa Massey

Dans le Cantal, les chasseurs de Massiac ont été formés aux premiers secours pour intervenir en pleine nature. Une initiative de terrain, pragmatique, qui force le respect.

Ils chassent, ils protègent, ils sauvent

C’est La Montagne qui raconte – Dans le Cantal, les chasseurs viennent d’endosser un rôle inattendu : celui de secouristes. À Massiac, une trentaine d’entre eux ont suivi une formation aux gestes qui sauvent, dans le cadre d’un partenariat avec les services de secours. Une première en France. Une initiative simple, concrète, qui illustre à merveille ce que certains s’obstinent à ignorer : la chasse est avant tout une école de responsabilité.

L’idée est née d’un constat de terrain. Dans ces territoires ruraux, où les forêts et les collines s’étendent bien au-delà des délais d’intervention des secours, les chasseurs sont souvent les premiers témoins des accidents. Et parfois, comme ce 19 janvier 2025, ils peuvent aussi en être les victimes. Ce jour-là, un chasseur de 53 ans a chuté sur plus de 30 mètres lors d’une battue, nécessitant une évacuation en hélicoptère. Le drame a révélé une urgence : celle de savoir réagir efficacement en attendant les secours.

La ruralité s’organise, sans bruit, sans tambours

C’est ainsi qu’à l’initiative du président de l’ACCA locale, une session de formation a été mise en place. Premiers gestes d’urgence, alerte des secours, techniques de stabilisation en terrain difficile : les chasseurs se sont montrés réceptifs, motivés et prêts à assumer cette nouvelle mission. Car derrière le fusil, il y a des hommes et des femmes de terrain, conscients de leur rôle dans le tissu social local.

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Dans un pays où l’on débat à longueur de colonnes sur la pertinence de la chasse, voilà une preuve éclatante que les chasseurs savent évoluer. Non par suivisme médiatique, mais par bon sens, comme toujours.

Quand la chasse protège la vie

Cette formation n’est pas un gadget communicationnel. Elle peut faire la différence entre la vie et la mort sur un chemin forestier, à des kilomètres du premier hôpital. Elle replace les chasseurs au cœur de leur rôle historique : ceux qui connaissent la nature, qui savent y survivre, et qui veillent sur ceux qui s’y aventurent.

Demain, ces formations pourraient essaimer partout en France. Et il ne s’agira pas de “verdir” artificiellement l’image des chasseurs. Il s’agira de répondre à un besoin vital des campagnes : celui de relocaliser les compétences, de ne pas attendre que tout vienne d’en haut.

Une réponse silencieuse aux donneurs de leçons

Pendant que certains rêvent de campagnes aseptisées, transformées en réserves naturelles interdites aux hommes, les chasseurs, eux, continuent d’agir. Sans slogans, sans hashtags, mais avec efficacité. Cette démarche de secourisme citoyen est la démonstration par l’exemple que la ruralité n’a pas besoin de tutelle idéologique : elle a besoin qu’on la laisse respirer, s’organiser, et protéger les siens à sa manière.

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