Le député du Gard Alexandre Allegret-Pilot suggère d’étendre les compétences des fédérations de chasse pour lutter contre les dépôts sauvages, face à un OFB sous-doté et des communes débordées.
💡Renforcer la lutte contre les dépôts sauvages avec les fédérations de chasseurs ?
— Alexandre Allegret-Pilot (@AllegretPilot) November 4, 2025
Je viens de soumettre l'idée à la ministre chargée de la Biodiversité, après discussion avec des chasseurs du Gard.
Alors que les agents de développement des fédérations de chasse sont en… pic.twitter.com/fVa9x9gptS
Dans une question écrite adressée à la ministre de la Transition écologique, le député Alexandre Allegret-Pilot (Union des droites pour la République, Gard) propose de renforcer l’implication des fédérations départementales des chasseurs dans la lutte contre les dépôts sauvages.
Aujourd’hui, la constatation des infractions liées aux déchets abandonnés en milieu naturel relève principalement de l’Office français de la biodiversité (OFB) et, dans une moindre mesure, de la police municipale et des maires, en vertu de leur pouvoir de police. Mais, dans les faits, l’OFB manque d’effectifs, comme l’a rappelé la Cour des comptes en avril 2024 : les ressources affectées à l’établissement « ont été jusqu’en 2023 insuffisantes pour couvrir l’ampleur de ses missions ».
Pendant ce temps, les dépôts sauvages explosent, en bord de route, dans les chemins ruraux, les vallons, les lisières de forêt. Ce n’est un secret pour personne : ce sont les chasseurs, les agriculteurs, les forestiers qui tombent dessus les premiers. Et le plus souvent, ils ne peuvent rien faire, si ce n’est signaler.
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Des agents déjà présents… mais limités dans leurs compétences
Les agents de développement des fédérations de chasse sont assermentés et agréés pour contrôler la pratique de la chasse : permis, règles, espèces, sécurité.
Ils possèdent donc :
- une présence de terrain quotidienne,
- une connaissance fine des secteurs,
- et un cadre légal de contrôle déjà existant.
Ils constatent déjà les dépôts sauvages. Ce qu’ils n’ont pas, c’est le pouvoir de dresser procès-verbal pour ces infractions.
La proposition du député ne vise pas à transformer les fédérations en « police bis », mais à ouvrir la possibilité, dans un cadre strict, qu’elles puissent constater et transmettre ces infractions aux autorités compétentes (maire, préfecture, parquet, OFB).
Un sujet qui dépasse la chasse : l’ordre rural
La question n’est pas seulement technique. Elle touche à la légitimité des acteurs ruraux.
Si l’État reconnaît aux fédérations un rôle dans la lutte contre les dépôts sauvages, il renforce encore l’idée que les chasseurs ne sont pas seulement des « utilisateurs de la nature », mais de véritables acteurs du territoire.
C’est précisément ce que certains groupes militants refusent depuis des années. L’idée qu’un chasseur puisse protéger, gérer, surveiller, contredit leur récit.
Reste une inconnue : la volonté politique du gouvernement
Le ministère peut :
- refuser par principe, pour éviter d’accroître le rôle institutionnel du monde cynégétique ;
- accepter, ce qui constituerait un tournant politique majeur.
Le terrain, lui, ne discute pas. Les dépôts s’accumulent. Et ceux qui y vivent les voient. Cette proposition pose une question simple : Vaut-il mieux laisser la nature se dégrader faute de moyens, ou s’appuyer sur ceux qui y vivent toute l’année ?
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Comme le constate Richard dans le cas évoqué la décision ou la non décision est purement politique.
Donc je pense que qu’elle que soit le choix il faudra des lustres pour qu’un choix soit fait .
Chaque printemps à la journée de nettoyage nous ramassons plus de détritus (poubelles ménagères, bouteilles, vêtements, pièces automobiles etc…). Impliquer les chasseurs, c’est déjà le cas, chez nous personne ne vient nous aider. Institutionnaliser aux Fédé départementales, pourquoi pas dans quel cadre ? La balle est bien dans le camp des politiques.