En donnant la parole à un guide chasseur harcelé par Pierre Rigaux, François Ruffin rappelle qu’il existe une gauche du peuple, enracinée, à mille lieues du dogmatisme virtuel.
« J’ai bossé 35 ans chez Goodyear », raconte ce Picard à François Ruffin lors d’une rencontre en Baie de Somme. L’histoire est simple, belle, terriblement concrète : après un licenciement collectif, après avoir encaissé les coups de la désindustrialisation, cet homme s’est reconverti. Guidé par une passion viscérale pour la Baie et ses oiseaux, il est devenu guide-nature. Avec son sourire, sa fierté retrouvée, et cette envie de transmettre. Voilà un parcours qui dit beaucoup de la résilience populaire, de la capacité à se réinventer sans renier ses racines.
Mais il y a un hic : cet homme est aussi chasseur. Et dans l’univers de Pierre Rigaux, cela suffit à le transformer en suspect. Le militant animaliste ne voit pas un travailleur, un passionné, un guide fier de sa reconversion. Il ne voit qu’une étiquette : chasseur = coupable. Alors, fidèle à ses méthodes, il dégaine l’artillerie habituelle : mafia, représailles, menaces, ambiance de terreur… et une incitation à la délation numérique.
La gauche du concret contre la gauche hors-sol
C’est là que François Ruffin intervient. Dans son post Facebook, le député raconte cette rencontre avec chaleur, avec empathie. Il met en lumière la réalité d’un homme qui aime la Baie de Somme, qui veut la faire découvrir, mais qui subit aujourd’hui le harcèlement numérique de militants incapables d’accepter qu’on puisse, à la fois, aimer les oiseaux et pratiquer une chasse raisonnée. Ruffin ne fait pas de grandes théories : il écoute, il retranscrit, il donne la parole à ceux qui n’ont pas les micros.
Bel effort de ce député pour rendre sympathique un guide touristique administrateur de l’association des chasseurs de la Baie de Somme, après les multiples agressions que nous avons subies par plein de leurs adhérents, notamment par des chasseurs-guides 👌
— Pierre Rigaux (@pierrerigaux.bsky.social) 7 septembre 2025 à 21:00
[image or embed]
Rigaux, lui, réagit sur les réseaux. Son obsession reste la même : réduire un homme à son statut de chasseur, amalgamer des guides à des “agresseurs”, tourner en dérision la rencontre de Ruffin. Il sait très bien où il met les pieds : dans la vraie vie de nos territoires, celle qui n’a ni service de communication ni armée de community managers, et qui réagit souvent maladroitement face à la provocation. Mais ce sont justement ces réactions brutes, ces colères spontanées, qui deviennent le carburant de son activisme. C’est son moteur : susciter l’exaspération, la filmer, puis la transformer en preuve de ce qu’il voulait démontrer.
C’est l’exemple parfait de cette gauche idéologique, hors-sol, qui préfère stigmatiser que comprendre. Une gauche de l’exclusion morale, convaincue que sa vérité doit s’imposer à tous, au prix de la caricature et de l’ostracisme.
Face à elle, Ruffin incarne une gauche qui se souvient encore de ce qu’est le peuple : des ouvriers, des licenciés, des reconvertis, des passionnés, des familles qui veulent travailler et transmettre un savoir. Bref, des gens réels.
La stratégie de la délation
Le cœur du problème, c’est cette mécanique de soupçon qu’installe Rigaux. Il invite les touristes à “vérifier” si un guide est chasseur, à se méfier, à poser des questions comme s’il s’agissait d’un délit honteux à avouer. Et, quand il peut, il pousse plus loin : cibler des pages Facebook, laisser entendre qu’il faudrait faire pression par les avis en ligne, discréditer des professionnels qui ont le tort de ne pas correspondre à son dogme.
A lire aussi : Baie de Somme : Pierre Rigaux tombe dans le harcèlement
On n’est plus dans l’écologie, on est dans le flicage idéologique. On n’est plus dans la défense de la nature, mais dans la traque. Avec des conséquences concrètes : baisse d’activité, menaces sur des emplois locaux, fragilisation de structures déjà précaires. Ruffin le dit bien : là, ce n’est plus seulement un loisir qu’on attaque, c’est aussi un métier. C’est de la discrimination sociale pure et simple.
Ruffin, Roussel et les autres : une autre gauche
Ce qui est intéressant, c’est que Ruffin n’est pas seul. D’autres voix, à gauche, refusent de se laisser confisquer par les moralisateurs déracinés. Fabien Roussel, par exemple, défend depuis des années une gauche des terroirs : celle qui assume la convivialité, la gastronomie, la chasse, la pêche, la ruralité. Celle qui n’a pas peur de dire que la France, c’est aussi le vin, le gibier, le saucisson, et que ce n’est pas honteux.
Ruffin et Roussel ne sont pas identiques, mais ils ont en commun une chose essentielle : ils parlent encore aux gens réels, pas aux bulles militantes de Twitter. Ils comprennent qu’un chasseur, un ouvrier, un agriculteur ne sont pas des monstres, mais des citoyens, avec leurs contradictions, leurs passions et leur dignité.
Cette gauche-là ne méprise pas les cultures populaires. Elle ne cherche pas à purifier la société par des dogmes idéologiques. Elle ne traite pas les traditions comme des crimes, ni les pratiques rurales comme des archaïsmes honteux. Elle assume la complexité du réel : on peut aimer un animal et le chasser, on peut protéger un territoire et y vivre de ses ressources.
Une bataille culturelle
Ce contraste dit beaucoup de l’avenir de la gauche en France. D’un côté, une gauche moralisatrice, qui se nourrit d’indignations en série, de feuilletons militants et de campagnes de délation. Une gauche qui rêve d’imposer un modèle unique de rapport à la nature : aseptisé, hors-sol, coupé des usages, des traditions, des pratiques populaires.
De l’autre, une gauche qui se rappelle encore que le peuple n’est pas une abstraction. Que derrière chaque débat idéologique, il y a des vies concrètes. Qu’un guide de Baie de Somme n’est pas une case à cocher “pro” ou “anti”, mais un homme avec une histoire, un métier, une passion.
François Ruffin, en donnant la parole à cet ancien ouvrier devenu guide, a fait plus pour l’écologie humaine que mille posts indignés de militants. Il a rappelé que la justice sociale, c’est aussi ça : protéger les travailleurs contre les attaques injustes, et refuser que des idéologues décident qui a le droit ou non d’exister dans l’espace public.
L’affaire des guides de la Baie de Somme révèle donc bien plus qu’un simple conflit autour de la chasse. Elle met en lumière deux visions de la gauche : l’une, dogmatique et punitive, obsédée par la pureté idéologique ; l’autre, sociale et enracinée, attentive aux réalités humaines et aux cultures populaires.
François Ruffin a choisi son camp : celui du peuple, celui de la Baie, celui des hommes et des femmes qui vivent et travaillent dans nos territoires. En cela, il rejoint la démarche d’un Fabien Roussel, qui assume de défendre le vin, la viande, la chasse, la pêche, non par folklore mais parce que ce sont des morceaux de vie française.
Et au fond, c’est peut-être là que se jouera la bataille culturelle des prochaines années : entre ceux qui veulent imposer une morale à coups de rangers en cuir végétal dans la gueule, et ceux qui préfèrent défendre la dignité des gens réels.
A voir en vidéo :











Très juste. J’ai été définitivement dégouté de cette gauche moralisatrice, donneuse de leçons, méprisante. Bien que je ne sois pas communiste, j’ai voté pour Fabien Roussel dont j’apprécie l’engagement sincère. J’habiterais dans la Somme, je voterais pour F Ruffin.
Je ne suis pas sûre qu’il soit très intéressant de mettre en avant tout ces politiciens qui ont un pied sur la ligne de départ pour les élections , tous autant qu’ils sont seraient prêt à faire la roue dans une coure de ferme avec une plume dans le c.. pour gagner quelques voies . Je ne fait absolument pas confiance à ces bonimenteurs .
Quelques voix …
Il n’y a qu’à voir les commentaires sous la publication de F.Ruffin pour voir que ce n’est pas gagné pour autant….
Bonjour,je crois que nous sommes les derniers indiens de ces contrées, avant de finir dans un musée, tant mieux si certains veulent sauver nos tribus, mais je suis comme st Thomas…………
Sauf que tous ,sauf quelques socialistes,ont défendu,et fait partie de la nupes qui prône l abolition de la chasse.oui AUTREFOIS notamment les communistes défendaient la ruralité et la chasse , aujourd’hui,pour avoir quelques élus ils sont alliés avec eelv,a bon entendeur salut.
Votre propos est inexact. Au titre de la rupture avec la maltraitance animale (LFI et EELV) ont proposé : « Interdire les pratiques de chasse et de « loisirs » cruelles pour les animaux (déterrage, chasses à courre, corrida, combats de coqs, spectacles incluant des animaux sauvages, etc.). Il n’a pas été décidé de prôner l’abolition de la chasse.
Instaurer des jours sans chasse les week-ends, les jours fériés et durant les vacances scolaires ». L’accord qui a été signé par le PS et le PCF précise dans les points qui seront soumis à la sagesse de l’assemblée nationale : « Le Parti socialiste et le Parti communiste français ne soutiendront pas les propositions relatives à la chasse et à la corrida. » En d’autres termes, Fabien Roussel (PCF) ou Olivier Faure (PS) n’ont pas abandonné la ruralité et la chasse. Que les électeurs de gauche, sincères, votent pour un Fabien Roussel à la présidentielle au lieu d’un vote « inefficace » pour un Jean-Luc Mélenchon ou un Yannick Jadot… Les rapports de force dans la désignation permettrait d’avoir plus de députés du PCF que du parti les escrologistes et consorts soumis aux diktats de la bien si bien pensante petite bourgeoise urbaine.
Lafleur,vous êtes sérieux,le programme de la nupes je l’ ai lu interdiction chasse le week end quant on travaille toute la semaine c est terminé.quand on se fait la bise avec madame Tondelier et que l on signé le même programme il faut assumer,tout ça pour avoir des élus car séparément ils auraient peu d élus.seuls quelques socialistes ont refusé d en faire partie.
En gros vous adorez »la gauche » quand elle défend des positions DE DROITE. Bel effort…mais la seule question valable (au delà de l’aspect très contestable de la chasse, pardon du »prélèvement ») c’est: OUI ou NON monsieur Rogaux a-t-il été agressé par des brutes déguisées en guides-chasse? Mais c’est bien pratique : vous évacuée la question, comme monsieur le raciste Ruffin. Qui fera un score MINABLE aux prochaines élections, car les électeurs de droite que vous êtes préférerez toujours l’original Le Pen a la copie Ruffin (ou Roussel).
Tda13 on voit bien l ouverture d esprit de certains gauchistes dont apparemment vous faites partie ,je ne fais que constater des faits réels.quant au score minable je peut vous rappeler celui de Monsieur Roussel,madame hidalgo,monsieur Jadot a la présidentielle si vous voulez.
Bonjour,quand on cherche les »noises »comme cet individu rigaux,c’est pas étonnant !De plus c’est son but! et même son « buffet « et vous le savez très bien!Pas besoin de pleurer ,il sait très bien ce qu’il fait.
Soutenons les élus et candidats qui soutiennent la chasse et la pêche quelle que soit leur obédience politique…
Bonjour , je vous comprend mais le problème est que la vie ce n’est pas seulement la chasse et la pêche , c’est aussi notre beau pays qui est en train de sombrer , il faut avant tout penser à l’avenir de nos enfants , insécurité , chaumage , immigration débordante et tout ce qui va avec et la misère qui guette chacun d’entre nous au moindre accident de parcourt . Le sujet est beaucoup plus vaste que notre passion et notre petite personne .
La gauche qui défend le vivant n’est pas hors sol, elle est au contraire sur le terrain et bien documentée. Et Francois Ruffin, s’il est honnête et cohérent ne peut défendre la chasse qui est une pratique archaïque. Maintenant qu’il y ait des chasseurs sympas et intelligents c’est tout à fait vrai, il y a aussi des gens de gauche odieux et stupides. Donc le débat n’est pas de savoir s’il faut être avec ou contre les chasseurs en tant que personne, mais de réfléchir sur la pratique de la chasse, aujourd’hui en France, et ses conséquences. Il est urgent de rappeler par qui le lobby de la chasse est soutenu : les plus grands industriels et financiers de l’armement notamment. Et ces gens là sauf erreur, Monsieur Ruffin mais ce ne sont pas vos amis e encore moins vos élécteurs… Donc en défendant la chasse, la gauche, que ce soit LFI, Le PC ou PS, s’égare totalement !