Interdire à vie de chasser : la France doit-elle franchir le pas ?

Chasse Actu
date 29 décembre 2025
author Richard sur Terre

Une affaire de braconnage hors norme aux États-Unis relance un débat tabou en France : faut-il, pour les crimes cynégétiques les plus graves, interdire définitivement le droit de chasser ?

Ces derniers jours, une affaire relayée par la presse a frappé par sa violence symbolique autant que par sa portée juridique. Aux États-Unis, un homme a été interdit de chasse à vie après la découverte de cinquante têtes de cerfs issues d’un vaste système de braconnage. Une accumulation d’actes illégaux, méthodiques, assumés, qui a conduit la justice américaine à prononcer la sanction la plus radicale possible : l’exclusion définitive de toute activité cynégétique.

Ce fait divers, aussi choquant soit-il, ne relève pas de l’anecdote. Il pose une question de fond que la France ne peut plus esquiver : que faire des individus qui violent les règles élémentaires de sécurité ? Des braconniers les plus indéfendables ?

Un cas extrême, mais éclairant

Le dossier américain ne laisse place à aucune ambiguïté. Il ne s’agit ni d’une erreur, ni d’un dépassement isolé, ni même d’un simple acte de braconnage opportuniste. Les faits révèlent une activité organisée, répétée, menée parfois alors que l’auteur était déjà sous le coup d’une suspension de permis. Vente de viande de gibier, prélèvements massifs hors cadre légal, accumulation de trophées : tout indique une rupture totale avec l’éthique cynégétique.

La réponse judiciaire a donc été à la hauteur de la transgression. Interdiction à vie de chasser, de pêcher et de piéger. Une sanction qui ne cherche pas la rédemption, mais la protection durable de la faune.

En France, des sanctions… mais un plafond

En droit français, les outils existent : amendes lourdes, peines de prison, retraits temporaires ou annulation du permis de chasser, saisies de matériel. Le Code de l’environnement prévoit déjà des sanctions pénales sévères pour les infractions les plus graves.

Mais dans les faits, le bannissement à vie de la chasse n’existe pas. Même après des condamnations lourdes, la possibilité de retrouver un jour le droit de chasser n’est jamais totalement exclue. La question doit donc être posée sans faux-semblants : peut-on raisonnablement considérer qu’un individu ayant commis des actes de braconnage massif ou mis sciemment la vie des autres en danger, mérite de retrouver un jour ce droit ?

Protéger la chasse en excluant ses ennemis

Poser la question du bannissement à vie n’est pas céder à une logique punitive aveugle. C’est, au contraire, assumer une responsabilité collective.

Car ces profils extrêmes nuisent à tout : à la faune par des prélèvements destructeurs ; à la crédibilité des dispositifs de gestion et de régulation ; à l’image des chasseurs respectueux des règles, majoritaires mais trop souvent amalgamés.

A lire aussi : Braconnage dans le Cher : la fuite en cassation pour éviter le fond

En refusant d’aller au bout des sanctions possibles, la société entretient une confusion dangereuse entre chasse légale et criminalité environnementale. Or la chasse ne peut être défendue durablement que si elle se montre intraitable avec ceux qui la dénaturent.

Une mesure exceptionnelle, pour des cas exceptionnels

Un bannissement à vie ne peut évidemment pas devenir une sanction ordinaire. Il doit rester rarissime, strictement encadré, réservé à des situations cumulant gravité, répétition et intention manifeste.

Il ne s’agit ni de punir l’erreur humaine, ni de répondre à la pression idéologique des opposants à la chasse. Il s’agit de reconnaître qu’à partir d’un certain seuil, le lien de confiance entre l’individu et la société est rompu. À l’image de certaines interdictions professionnelles définitives prononcées dans d’autres domaines, le droit de chasser pourrait alors être considéré comme définitivement perdu.

Un débat que les chasseurs doivent porter eux-mêmes

Ce débat ne doit pas être confisqué par les anti-chasse. Il appartient d’abord au monde cynégétique, aux fédérations, aux chasseurs responsables, de poser ce cadre exigeant.

Car défendre la chasse, ce n’est pas défendre tout et n’importe quoi. C’est défendre une pratique encadrée, héritée, et bénéfique pour les écosystèmes.

L’affaire américaine n’est pas un modèle à copier aveuglément, mais elle agit comme un révélateur. La France devra tôt ou tard trancher, non pour faire un geste politique, mais pour affirmer clairement une chose : la chasse n’est pas un droit absolu, et certains comportements la rendent définitivement indigne d’être pratiquée.

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17 Commentaires :
  1. Thierry
    29/12/25

    Bonjour à tous, bonjour Richard,
    Tu le répètes à l’envi « braconner n’est pas chasser », et nous sommes une grande majorité à le penser.
    Une interdiction de chasser à vie pour quelqu’un qui ne chasse pas ? Selon ta propre définition. Ça sert à quoi ?
    Considérer, dans des cas extrêmes de braconnage comme celui-ci, ces pratiques comme des actes délictueux, un délit en droit français, alors là oui. Il y aurait un vrai impact et la punition est douloureuse. Casier judiciaire, perte de nombreux droits, confiscation des armes, etc, etc.
    Ensuite, un truc à vie… Peut-être pas. Mieux vaut éviter les choses définitives, comme la peine de mort…
    Amicalement,
    Thierry

    1. Quentin
      29/12/25

      Je suis d’accord. Ce n’est en leur supprimant le permis de chasser que les bracos sont raccrocher…
      Je serais d’ailleurs curieux de connaître le taux de récidive, histoire de voir si les sanctions actuelles calment ou pas les bracos ?

      1. Trouillet
        03/01/26

        Tes beau toi mai la moitié des braconnier non pas de permis de chasser donc comment sa se passe tu enlèves le droit de chasser a des personnes qui non aucune droit de chasse

    2. Jean Perarnaud
      05/01/26

      Tu triches, tu perds, tant pis pour toi. D’abord tu paie, ensuite plus d’armes bien évidemment et tu ne chasse plus à Vie. Ces  » crapules » nous pourrissent la vie à nous les chasseurs honnêtes.

  2. Pineau
    30/12/25

    Plutôt que d’attendre que la justice rajoute une sanction d’interdiction à vie, ce serait surtout aux chasseurs de faire évoluer la loi pour pouvoir le faire eux-mêmes. Pourquoi? Parce que ce qui motive la nécéssité d’une sanction radicale c’est toujours d’avoir trahi l’éthique de chasse, et que le code moral des chasseurs est forcément quelque chose d’interne, un ensemble de valeurs qui ne concernera jamais la justice.
    Une sanction qui serait le cas échéant rarissime? Non au début, et espérons oui ensuite par l’effet dissuasif. Mais pratiquement chaque année vous avez des faits scandaleux qui font la une et qui pourrissent notre image, auxquels nous pourrions au moins répondre par une sanction radicale, elle même communiquée au public.

    1. CLAUDE LEFEBVRE
      01/01/26

      Parce que vous croyez qu’en interdisant à vie de chasser , le contrevenant n’ira pas tout de même… combien de personnes roulent sans permis ?

  3. Jean 2
    30/12/25

    Bonjour, un braconnier, reste un braconnier, avec ou sans permis,il continuera. A mon avis.

  4. gui is
    30/12/25

    l interdiction existe déjà il suffit d un délit mineur que se soit a la chasse ou dans la vie de tout les jours pour être inscrit au finidia

  5. FOUGÈRE
    30/12/25

    Le mieux interdire la chasse définitivement, aucun intérêt et surtout cruelle, ces chasseurs ne méritent pas d’être appelés humains…

    1. Richard
      30/12/25

      Comme vous pouvez le constater,ces faits de braconnage sont cités et dénoncer sur un site de chasse par des humains.

    2. Fayet
      30/12/25

      C’est marrant ça, là on voit les antichasse qui ont LA solution. Par contre je suis sûr que vous faites partie des fans des « pauvres petits anges » dont certains n’ont pas de fusils mais qui finissent par tuer quand même.

    3. hugo
      02/01/26

      Hors sujet, fougère. C’est bon on a assez lu de vos « salade vertes ».

  6. Lesueur
    01/01/26

    Interdire une fois pour toute la chay

    1. Hugo
      02/01/26

      Bien-sûr… c’est un argument tout a fait démocratique qui mets en lumière l’extrémisme du courant de pensée qui vous anime. C’est la bonne voie, persistez et vous y arriverez certainement. Bon courage.

  7. Roche
    02/01/26

    La chasse comme toute autre activité humaine exercée sans contrôle, sans règlement, et sans répression est vouée aux délits et crimes irrespectueux d’une minorité d’individus qui se complaisent dans la facilité, l’égoïsme… Une personne qui détruit la gestion, le temps, le plaisir, l’argent de combien autres chasseurs?
    La sanction doit répondre à la gravité des faits. Ici c’est une interdiction de pratiquer à vie dans un état des USA. Libre au sanctionné de pratiquer ailleurs. En déménageant certainement. Je suis en accord avec ce principe. Et en France, ou l’OFB est maintenant plus préoccupés par la question environnementale que cynégétique devrait se poser les bonnes questions à ce sujet. Il n’y a qu’à regarder certaines fédérations ré embaucher des gardes Fédéraux afin de dissuader le braconnage.Quand le chat n’est plus là certaines souris dansent…

  8. GULFSTREAM
    03/01/26

    Bonjour à tous, j ai 75 ans et depuis mes 18 ans mon père m a inculqué le virus de la chasse après avoir chassé de nombreuses années le canard ensuite la palombe et la grive( s ‘ il en reste encore !!)Aujourd’hui je pratique la bécasse au chien d arrêt, en saison les grives au passage, en novembre 2025 étant à l affût , intrigué par un chasseur qui tirait des oiseaux, alors qu a mon affût le ciel était vide… m ‘etant approché je constate que la chasseur avait un appareil enregistreur chant de grives mauvis et litorne !? J e suis parti un peu dépité gardant le souvenir de la chasse à la grive avec mon père qui la veille avait méticuleusement confectionné ses cartouches. Ma conclusion ces personnes l veulent elles remplir le congélateur et ne nous trompons pas s’il n y a pas de prise de position efficace … et bien dans très peu d années on verra 1 grive volée ce sera exceptionnel. Je vous renvoie à un document que j ai lu sur le pigeon américain, en 1920 le dernier pigeon d amérique du Nord a été tué ? Aujourd’hui le pigeon américain n existe plus dans la nature sauf au museum de Newyork.
    ..
    .

  9. Dehaye
    03/01/26

    Les USA, ont toujours l’exécution en point de mire,donc des extrêmes,
    Nous c’est terminé,donc où est l’intérêt de l’interdiction à vie?
    C’est une erreur de condamné un bravo,car pour payer les taxes ou amendes,il vous en tuera plus,!
    Et puis,la braconne, c’est une passion, avec l’adrénaline du défendu.
    Au lieu de condamner,placez le dans un poste à responsabilités !
    Les deux parties seront gagnantes.

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