Besançon : un chamois encorne une joggeuse

Faits-divers
date 06 octobre 2026
author Léa Massey

Une joggeuse de 30 ans a été grièvement blessée par un chamois à Besançon. C’est la quatrième attaque recensée dans ce secteur depuis 2018. Un cas très rare.

L’accident s’est produit jeudi 1er octobre sur les pentes de la Chapelle-des-Buis, à Besançon. Une joggeuse de 30 ans, habituée à courir dans le secteur, a été chargée puis percutée par un chamois. La violence du choc lui a fait perdre connaissance pendant plusieurs minutes.

À son réveil, la jeune femme a tenté de redescendre seule avant qu’une autre coureuse ne prévienne les secours. Selon L’Est Républicain, elle souffrait notamment de deux plaies profondes à l’épaule, compatibles avec des coups de cornes. Dix points de suture ont été nécessaires à l’épaule et dix-huit agrafes ont été posées au crâne.

Le fait divers serait déjà suffisamment inhabituel s’il était isolé. Il ne l’est pas. La presse locale recense désormais quatre attaques de chamois contre des coureurs dans le même secteur depuis 2018. Et cette répétition change nettement la nature du sujet.

Deux attaques en 2018, puis une nouvelle charge en 2020

En juin 2018, un premier joggeur avait été encorné chemin de la Petite-Creuse et avait reçu huit points de suture. Début août, un autre coureur de 24 ans avait été attaqué à son tour dans la montée vers la Citadelle : une corne lui avait traversé la cuisse et la blessure avait nécessité douze points de suture.

Face à ces incidents répétés, la préfecture du Doubs avait alors estimé que le comportement observé constituait, dans ce secteur périurbain très fréquenté, un risque avéré pour la sécurité des personnes. Un lieutenant de louveterie avait été mandaté pour identifier et, si nécessaire, prélever un chamois au comportement agressif. Un animal avait finalement été abattu, sans qu’il soit possible d’établir avec certitude qu’il s’agissait de celui impliqué dans les attaques.

A lire aussi : Une joggeuse attaquée par des chiens de protection de troupeaux

Deux ans plus tard, en juillet 2020, un joggeur avait de nouveau été chargé à plusieurs reprises par un chamois à la Chapelle-des-Buis. Il n’avait été que légèrement blessé, mais l’épisode avait relancé les interrogations. Jean-Maurice Boillon, alors président de la Fédération départementale des chasseurs du Doubs, avait qualifié ce comportement de très anormal et évoqué plusieurs hypothèses : animal blessé, femelle défendant un jeune ou individu présentant un comportement atypique.

Un comportement qui ne correspond pas à la réaction habituelle du chamois

C’est précisément ce qui rend la série bisontine difficile à expliquer. Les travaux de l’Office français de la biodiversité sur des chamois confrontés à une forte fréquentation humaine montrent plutôt des comportements d’évitement : lorsque les randonneurs arrivent sur les sentiers, les animaux ont tendance à s’en éloigner. La charge d’un humain n’est donc pas une réaction banale que l’on pourrait généraliser à l’espèce.

Le contexte local est cependant particulier. Les chamois sont installés depuis longtemps sur les reliefs qui entourent Besançon et fréquentent les pentes abruptes jusque sous la Citadelle. Dès 2017, un jeune animal égaré avait même dû être capturé en plein centre-ville puis relâché vers la Chapelle-des-Buis. Cette proximité entre une faune parfaitement sauvage et un espace très fréquenté multiplie mécaniquement les rencontres.

Le chamois reste par ailleurs une espèce gérée dans le Doubs : le préfet fixe chaque année des fourchettes de prélèvement dans le cadre des plans de chasse. Mais la gestion ordinaire d’une population et le traitement ponctuel d’un animal présentant un comportement dangereux sont deux sujets différents. En 2018, c’est bien la sécurité du public, et non la seule présence de chamois, qui avait motivé l’intervention de la louveterie.

L’enjeu n’est donc pas de transformer le chamois en animal dangereux. C’est précisément parce que ces charges sont exceptionnelles que leur répétition dans le même secteur mérite d’être prise au sérieux. Huit ans après les premiers cas, la Chapelle-des-Buis présente désormais un historique suffisamment singulier pour justifier de nouveau une expertise locale et, si un individu au comportement anormal est identifié, une réponse adaptée des services compétents.

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1 Commentaire :
  1. GUILLAUME
    06/10/26

    Il n’y a pas de comportement anormal de ces chamois du côté de la Chapelle-des-Buis, il y a simplement une adaptation à la présence de l’homme qui n’est plus un danger, qu’on ne fuit plus, puisqu’il est inoffensif. On ne chasse plus sur ces terrains trop près des habitations et les chamois sont chez eux, sans nous craindre. Donc, ils défendent même leur territoire, c’est logique.

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