La ruralité & l’espace-temps

L’urbanité tue l’espace-temps.

Non… personne ne tue le temps, elle le cache plutôt. C’est un trompe l’œil pour vivants. Elle rend aveugle ses habitants. Elle éteint leurs capteurs de temps en même temps qu’elle allume ses néons publicitaires rose fluo à la nuit tombée.

Texte : Lauren Bocal

J’en ai pris conscience hier, soulagée de ma découverte, moi qui rêve de foule et de lumière. J’ai passé l’après-midi à brûler des branches dans la brouette, assise sur mon tracteur-tondeuse, à surveiller que le vent n’emporte pas une braise. J avais conscience d’être là et maintenant et que rien d’autre n’avait d’importance que… d’être là et maintenant.

Elle paraît galvaudée cette expression, « là et maintenant » ; mais précisément, je ressentais l’espace et le temps. Et j’étais bien. Ni pressée ni stressée. J’étais alignée avec mes sens, avec mon « capteur d’espace-temps », bien consciente de ma finitude, mais surtout de l’immensité de l’instant.

La ville diminue les distances et l’espace. Il faut seulement quelques heures pour aller à Rome, ou à Tenerife. Quelques minutes pour aller au restaurant, au théâtre ou à l’hôpital. Diminuer les distances, finalement c’est diminuer le temps. Diminuer le temps pour avaler encore plus de distance. Sans le prendre, le temps.

La ville est comme un grand parc d’attraction morbide, où l’on saute d’un manège à l’autre sans faire la queue. Sans perdre son temps. Tout paraît plus proche, parce que tout est plus rapide. La conscience du temps disparaît, et nous avec.

 

La ruralité c’est l’espace

La ruralité c’est l’espace, et il faut du temps pour le parcourir. Les magasins sont loin, le lycée est loin, l’aéroport est loin. Tout est loin, même le voisin. Donc le temps s’impose. Il est incompressible. Mais c’est grâce à la conscience que l’on a de lui que nos sens et nos capteurs fonctionnent.

Les saisons passent, à leurs rythmes et emportent avec elles les couleurs, les feuilles, le froid, les bruits. Mon pommier a fleuri 2 semaines plus tôt que l’année dernière. Je le sais, c’est mon pommier ! Il est là, et je le vois tous les jours ; même si je n’ai pas l’intention de le regarder, il s’impose à moi.

Comme le chevreuil mort sur le coté de la route, la sécheresse des champs alors qu’on est en avril, l’arrivée de Jupiter dans le regroupement déjà formé de Mars Saturne et Venus au petit matin. Je le sais, ma maison est orientée sud-est. Je le vois, ça s’impose à moi. La ruralité nous aiguise, elle nous permet d’être ce que nous sommes : des êtres conscients de l’espace et du temps.

Du gaz radioactif dans le ciel !

Dans une de ses vidéos, le youtubeur Astronogeek raconte qu’une nuit de 2003, des dizaines de new-Yorkais s’étaient inquiétés de voir, alors que la ville était plongée dans le noir total suite à une coupure d’électricité, un nuage blanc étrange au dessus de la ville , radioactif pensaient-ils. Ils avaient saturé la ligne des pompiers. Vous savez ce que c’était ? c’était la voie lactée… LA VOIE LACTEE !

Faut-il être rural pour la connaître ? Je veux dire la connaître avec ses sens ?! Comment peut-on être si déconnecté ? Comment peut-on « apprendre » que le climat change et ne pas l’avoir senti ? Les paysans le savent, et depuis longtemps.

Alors je ne suis plus très sure de vouloir habiter en ville.

Habiter en ville c’est choisir le pays des merveilles et poursuivre le lapin blanc, qui lui même poursuit le temps ; c’est choisir la pilule bleu, c’est vivre dans la matrice ; moi, j’alimente ma brouette et je regarde les braises pendant… pendant le temps qu’il faut pour consumer mes branches mortes.

Les Nouveaux Prédateurs

Comment ils menacent les hommes sans protéger les animaux

Un essai engagé qui met en évidence les dérives de l’écologie radicale et des militants antispécistes.
Protéger les animaux, leur assurer des conditions de vie décentes, consommer autrement en respectant notre environnement… Qui serait en désaccord avec ces principes fondamentaux ? Mais, on le sait, l’enfer est souvent pavé de bonnes intentions. Aujourd’hui, les activistes antispécistes et les militants écologistes les plus radicaux détournent ces idées partagées par le plus grand nombre. Animés par une idéologie radicale, convaincus que l’intimidation peut remplacer l’échange démocratique, ils imposent, peu à peu, leur vision du ” meilleur des mondes ” : une société dans laquelle l’homme et l’animal seraient égaux en droits. Cette rupture philosophique ne peut être que dramatique, pour les humains mais aussi et surtout pour les animaux dont l’existence dépend en grande partie de nous.
Avec cet essai passionné, Charles-Henri Bachelier, spécialiste du monde rural et directeur de revues consacrées à la chasse et la nature, veut rétablir le débat et sortir des anathèmes. Argument contre argument, il met en lumière les limites et les dérives de la mouvance animaliste. Au fil des pages, il rappelle que la relation entre l’homme et l’animal est plus complexe qu’une accumulation de bons sentiments ou de slogans menaçants : il s’agit d’un lien fondamental, reposant sur des siècles de compréhension, de savoir-faire… bref, de civilisation. Un héritage que ce livre nous aide à mieux comprendre et à protéger.

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