Le lâcher de gibier de tir en question

Les plumes de Richard
date 09 février 2023
author Richard sur Terre

Est-ce que ce genre de pratiques a encore sa place ? Je ne le crois pas. Vous le savez. Lâcher 350 faisans à 4h du matin pour ensuite les défourailler à partir de 7h, c’est TRES éloigné de ma conception de la chasse.

Texte : Richard sur Terre

Est-ce que c’est « faire du mal à la chasse » que de le dire ? Je ne le crois pas. Peut-être est-il temps d’ouvrir ce débat. La chasse en a besoin. Et si j’en crois les centaines de messages que je reçois, une part non-négligeable de chasseurs en a aussi besoin. Tout comme, je le subodore, tout un tas de gamins qui sont prêts à passer le permis si on prend le temps de leur offrir un minimum de sens.

On peut parler de gestion des territoires toute la journée, de vertu écologique de la chasse ou d’amour de la nature. Mais face à cette « manifestation » qui prend les atours de la chasse, je suis interdit. Quoi répondre…quoi mettre en avant…

Arf oui on peut bien comparer le sort de ces faisans à des poulets de batterie…sans doute…mais restent les faits : on « pose » des oiseaux dans la nature quelques heures avant de leur tirer dessus, comme l’explique l’organisateur lui-même dans cet article du Républicain Sud-Gironde. J’aimerais bien savoir ce que cette « pratique » a de comparable avec le fait de chasser.

D’aucuns viendront m’opposer une forme d’élitisme. Ils viendront me reprocher de ne pas « faire corps ». Eh bien tant pis. Cet engagement de promouvoir la chasse d’animaux sauvages dans leurs milieux naturels, je l’ai pris dès le début de ma prise de parole sur les réseaux sociaux. Je n’ai pas attendu l’avis des excités anti-chasse qui tirent sur tous les fils qui pendouillent autour de la pelote du moment que ça semble efficace.

Je défendrai les chasses traditionnelles, la chasse à courre ; tous les modes de chasse ! Du moment qu’il reste du sens dans le mot « Chasser ».

Traquer, apprendre, échouer, pleurer, recommencer, souffrir, espérer, exulter. C’est ça la chasse. Le reste n’est qu’artificialisation ; pornographisation d’une pratique noble et à la portée de tous.

Ce ball-trap vivant me laisse un gout amer dans la gorge.

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15 Commentaires :
  1. Maison Philippe
    09/02/23

    Bonjour, je ne cautionne pas le lâcher d’oiseaux aussi nombreux sur une petite surface, ni même les lâchers le matin, juste quelques heures avant le début de la sortie.
    Quelques oiseaux lâchés la veille, et assez tôt pour qu’ils se déplacent, et sur une surface suffisante pour que la recherche ne soit pas gagnée d’avance, et que le chien puisse trouver un ou plusieurs oiseaux mais pas simplement.
    Un chien habitué à trouver facilement des oiseaux, sera très perturbé devant la difficulté, à l’inverse un chien ayant l’habitude de chercher longtemps avant de trouver va très vite s’adapter à tant de profusion.
    Les lâchers d’oiseaux surdensitaire peuvent avoir un intérêt pour aider à la reconstruction d’une population d’une autre espèce.
    Je n’ai aucun plaisir à revenir de ma sortie avec deux ou trois oiseaux acquis facilement.
    Mon tableau de l’année est si petit que je suis certainement un extra-terrestre, 3 canards sur une rivière, une bécasse et pigeons ramier et une perdrix rouge, mon jeune braque doit se décarcasser pour trouver et marquer quelques oiseaux.
    C’est à première année, l’année prochaine j’espère avoir plus de rencontre, mais je n’irai pas chercher les oiseaux qui n’ont pas l’odeur du sauvage.

    1. El cazador
      15/02/23

      Je suis complètement d accord avec ce mode de chasse il faut redonner un peu de sens à la chasse au petit gibier même si les rencontres sont assez rares et en même temps une grande satisfaction d avoir pu coincer le gibier convoité.

      1. Goulet
        12/04/24

        Je suis contre toutes sortes de lâchers de gibier.
        Depuis 3 générations
        500ha de plaine + 4 bois de moins d’1ha
        5 journees a moins de 7 chasseurs: 95 coqs faisans 62 lievres
        Mon gibier est 100%
        Le faisan est un gibier de plaine
        Ça marche!

  2. Vergondy Alain
    09/02/23

    La facilité du lâcher de tir immédiat n’encourage pas la gestion et nuit gravement à l’image à l’image de la chasse. La chasse c’est pas le super marché ou les rayons sont toujours pleins mais plus la loterie par ses aleas .

  3. Rousseau
    09/02/23

    On défend toutes les chasses mais pas celle qui ne nous intéresse pas.
    Moi non plus je ne suis pas adeptes de cette chasse mais je m’interdit de la critiquer sur les réseaux ou sur quelque support que ce soit.
    Peut être que les chasseurs qui pratique celle ci, n’aime pas chasser le chevreuil ou le faon de biche, le canard ou le renard, voir encore le rat gondin (pour ne parler que des chasses françaises). Alors s’il faut mètre à l’échafaud une chasse ou une autre pour faire plaisir à certaines personnes ou certaines associations.. Cette chasse est pratiqué par beaucoup de mes amis et je ne peut comprendre que toi Richard , tu peux avoir de tel propos.
    Une chasse qui ne m’intéresse pas, je n’en parle pas mais je ne la critique pas pour servir les escrolos.
    Bonne fin de saison.
    Que Saint Hubert veille sur vous.
    Amicalement.
    Hervé

    1. damien
      12/02/23

      Tout a fait d’accord avec vous.

  4. Olaaf
    09/02/23

    En fait il faut bien rappeler la distinction à celles et ceux qui ne sont pas au fait de la pratique. Car oui, il y a lâcher et lâcher… et on ne peut pas unanimement condamner l’élevage et la mise en liberté d’oiseaux comme les faisans ou les perdrix.
    Les « remises en nature » qui ont lieu au printemps et les lâchers de repeuplement qui ont lieu au début de l’été (donc au moins 3 mois avant l’ouverture) sont bien plus compréhensibles, acceptables et utiles. Il s’agit de maintenir des effectifs de population dans des endroits où ils manquent. Certes certains oiseaux seront chassés (et heureusement parce que c’est grâce à l’argent des chasseurs que toute l’opération fonctionne, si ceux-ci ne paient plus, qui va se mobiliser ? Hugo Clément avec une cagnotte Leetchi ?)
    En étant ainsi remis en nature suffisamment longtemps avant l’ouverture, les oiseaux ont le temps de prendre leur marque dans leur nouvel habitat, et la chasse reste de la chasse dans ces cas-là. C’est-à-dire la rencontre avec la nature.
    Or, et je suis d’accord avec toi Richard sur ce point, les lâchers le jour J, quelques heures avant l’ouverture… ou pire, les lâchers d’oiseaux dirigés directement vers une ligne de postés qui ont payé cher pour tirer des faisans vénérés par exemple, ce n’est plus de la chasse, c’est du ball-trap à plumes. Et si on défend ce genre de pratique auprès du grand public, on perdra toute crédibilité.
    Donc tant pour le respect d’une certaine idée de la chasse que pour la crédibilité des chasseurs, nous devrions tous nous opposer à ce genre de pratique.

    1. Alexandre Marcellot
      14/02/23

      Je ne suis franchement pas en encore avec cette article. Je rappelle que cette « volaille » lâchée est nourrit au bon grain, elle grandit avec de l’espace et en extérieur au grand air. Ensuite elle est lâchée et recouvre donc un moment sa liberté ! Je rappelle que à peine 50 % est prélevé, au grand dam des chasseurs … Quid du grand méchant chasseur, qui adopte un jeune chiot, le nourrit, le câline, passe beaucoup d’heures de promenades, de dressages afin d’apprendre à son ami à 4 pattes à maîtriser son instinct et mettre en avant son talent canin ! Enfin , arrive le jour de chasse de gibier lâchés ! Levé à 7h, dernier préparatifs du matériel, on retrouve les amis a 2 et 4 pattes, début de chasse à 8h au 1er rayons de soleil , au grand air, 4h de marche minimum dans les prairies, led herbes hautes, les labours, fossés, forêts ! Le tout en regardant son chien courrir à grande enjambées, faire de magnifiques arrêt, rapporter le gibier avec toute la fierté qu’on peut lire dans les yeux de son maître. Le soir, accompagné de gentilles courbatures voilà l’heure du repas pour les compères puis les caressess et un bon dodo bien mérité ! Voilà ce qu’est la chasse ! Alors oui amis bobobio, il y a le tir ! Le gros mots qui effraye tant de monde car voilà le rapport à la mort en plein visage ! Voilà le vrai fond du problème des antichasse ! Mais expliquez moi amis bobobio, qui est le plus vertueux et le plus proche de la nature ? Le chasseur et son chien, ou vous et votre CB qui faite le gros effort de prendre votre voiture, descendre en grande surface et payer votre poulet !!! Et oui, tellement plus facile de fermer les yeux sur les conditions d’élevage et d’abattage de votre volaille ! Alors amis chasseur soyez fier de votre chasse et amis bobobio, réveillé vous et rejoignez nous !! Des millions de faisans, perdrix qui n’existent que pour la chasse et que par conséquent , les antichasse souhaitent purement et simplement exterminer !!!

  5. GUILLAUME MARKUS
    10/02/23

    La ‘’journée faisans’’ avec lâcher le jour-même ou la veille de volatiles d’élevage c’est une pratique pour citadins ou Parisiens. Pour moi, ce n’est pas de la chasse. C’est du tir. C’est pratiqué par certains. C’est aussi un business. Mais où est l’instinct du chasseur ?

    Et puisqu’on est dans la critique, quand je vois dans des reportages comment se passent certains safaris en Afrique où sont tirés, par exemple, des buffles, je suis gêné. Je n’aime pas. Je ne vois pas l’intérêt sauf pour ceux qui en vivent.

    En France, des paysans gagnent bien et même très bien leur vie avec l’élevage de faisans et perdrix pour la chasse. J’en ai même un dans ma famille par alliance.

    Évidemment, je suis d’accord pour le repeuplement de territoires par lâchers d’animaux d’élevage. Souvent on s’abstient de chasser plusieurs années pour permettre au gibier de bien conquérir son territoire.

    Partir le matin à la chasse en se disant qu’on ne va pas rentrer bredouille me paraît curieux et pas dans ma manière de vivre la chasse. Le gibier sauvage est malin.

    1. GUILLAUME MARKUS
      10/02/23

      Lire : qu’on ne peut pas rentrer bredouille.

  6. GUILLAUME MARKUS
    10/02/23

    Il y a un marché pour l’élevage de faisans et perdrix destinés au repeuplement de ces espèces et aussi à la chasse avec des lâchers plus ou moins proches du jour de chasse.

    Si c’est fait quelques heures seulement avant l’arrivée des chasseurs, ce ne sont pas des journées qui permettent aux chiens de donner tout leur potentiel dans la recherche du gibier, les faisans et perdrix n’ayant pas encore acquis tous les réflexes pour se planquer.

    On peut comprendre cela pour entretenir ou entraîner son chien à la chasse. Pour ce qui est du chasseur, ce n’est pas ce que je recommanderais.

    Dans bien des régions, le petit gibier est plutôt rare. En tout cas, ces faisans sont élevés dans de meilleures conditions que des poulets élevés en batterie et destinés, comme les faisans d’élevage, à garnir les tables des Français.

    Certaines sociétés de chasse participent depuis quelques années à la création de nouvelles haies permettant aux volatiles de nicher et autres animaux d’avoir des terriers. Il faut rappeler que la très large suppression des haies a détruit les lieux de vie de ces gibiers. Les paysans sont chasseurs, mais en ayant supprimé les haies chez eux il ont aussi diminué très fortement le potentiel gibier.

    Et les pesticides, répandus en trop grandes quantités, bousillent beaucoup trop les insectes qui nourrissent tous les oiseaux. Je ne suis pas du métier, mais je me demande si le calcul fait est le bon entre meilleur rendement et le prix des pesticides si on en met un peu trop. Ça coûte un bras ces produits phytosanitaires. En tout cas, ça n’aide pas à avoir des nichées d’oiseaux.

    On ne va pas faire de nostalgie avec l’époque où, lorsqu’on roulait de nuit, on avait les pare-brise et les phares couverts d’insectes venant s’y écraser. On pouvait croiser aussi à la belle saison, dans les champs à côté des routes, combien de perdreaux, perdrix et autres qu’on ne croise plus aussi facilement.

    Certains se contentent donc de ces tirs sur faisans lâchés le jour-même ou quelques jours auparavant. Je n’appelle pas cela de la chasse, mais je ne condamne pas, sauf si on peut tirer chaque jour des dizaines de volatiles comme cela est organisé dans certains pays. On mange ce qu’on tire quand on est un chasseur.

  7. Alain PIANTON
    10/02/23

    Bonjour à tous , j’ai été chasseur de petits avant que la santé me dicte de rester posté aux gros , j’ai souvent chassé le perdreau rouge chez moi et la bécasse quand le moment était venu et que la mordorée était arrivée j’ai toujours privilégié la naturel aux oiseaux de lâchers !! Ceci dit si nous arrêtons le lâcher de gibier de tir 70% des chasseurs raccrocheront le fusil . Dans des régions comme la mienne « côté d’azur » le seul et unique gibier (naturel) que l’ont puisse trouver c’est le sanglier le cerf et le chevreuil pas naturel puisque introduit dans les années 80, le gibier de tir doit être lâcher à mon humble avis le vendredi matin ayant une chasse fermée ce jour là !! Chez moi nous avons tout essayé pour rétablir la perdrix rouge mais rien y fait plus de culture que des routes et du béton pour le lapin idem le lièvre se sauve un peu car moins de sangliers ! Les lâchers de reproducteurs en fin de saison tant perdreaux que lapins rien n’y a fait pourtant avec beaucoup d’efforts fait mais les bois sont vides de gibiers mais pleins d’autres utilisateurs de la nature qui ne favorise en rien l’installation de gibier à part le gros !! Et à présent la présence du loup de plus en plus actif fini d’anéantir tout effort !! Alors non je ne suis pas un adepte du lâcher de gibier de tir mais suivant les régions c’est indispensable pour laisser certaines personnes jouir encore de la nature et de son compagnon de chasse !

  8. Mathieu
    10/02/23

    La chasse du petit gibier va mourir si il n y a plus de lâcher. Ç est comme le lapins t à beau faire des garennes, lâcher des animaux vaccinés rien n y fait, les populations n augmente plus.
    Si mon chien ne voit rien de week-end en week-end, il va pas progresser.
    Trop de sauvagine, trop de contraintes pour piéger.

  9. BERNARD BLET
    14/02/23

    Dans les années 50, il existait encore un « sport » pratiqué le plus souvent par le monde de la chasse et apparenté au ball-trap :
    le ball-trap aux pigeons vivants. Cette discipline a été supprimée non pas grâce au militantisme des écolos qui dormaient encore sagement dans l’appareil génital de leurs parents mais par les chasseurs eux-mêmes qui convenaient qu’une telle pratique n’était pas compatible à l’éthique de leur passion.

  10. Jean Philippe Reignoux
    15/02/23

    Parfaitement d’accord avec toi Richard, je hais ce genre de soi disant chasse et la refuse systématiquement.
    La semaine dernière, j’étais au sanglier dans une parcelle de myscanthus de 2 ha ( qui font des ravages dans les cultures alentours), j’ai presque oublié qu’il pouvait y avoir des sangliers quand j’ai vu le résultat de 3 ans de préservation du petit gibier où environ 60 faisans naturels ont décollés de cette parcelle.
    C’était magique, j’en ai pris plein les yeux, j’ai revécu mes débuts de chasseur (j’ai 62 ans), et si un sanglier était sorti je ne l’aurais sûrement pas tiré tellement le spectacle était intense.
    Peut-être que l’an prochain nous chasserons 1 fois à 5 ou 6 fusils et 1 seule pièce par personne, mais ce n’est encore pas garanti.

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