En Italie, les loups sauvés de l’extinction meurent aujourd’hui empoisonnés. Et si on sortait des postures ?

Dans les montagnes d’Italie, des sacs noirs abandonnés au bord des routes ou dissimulés dans les bois révèlent une réalité glaçante : des meutes entières de loups empoisonnées. Pratique illégale évidemment, cette « méthode de destruction massive » inquiète les défenseurs de la faune, alors que l’assouplissement des protections européennes pourrait, selon eux, encourager de nouvelles exactions.
L’empoisonnement, une menace invisible et incontrôlée
En mai 2023, près de Cocullo, neuf loups – dont une femelle gestante et sept jeunes – ont été retrouvés morts après avoir ingéré des morceaux de viande empoisonnée. « C’était un mauvais jour pour toute l’équipe », témoigne auprès du Guardian, Nicolò Borgianni, agent de terrain spécialisé sur les vautours auprès de Rewilding Apennines.
D’autant que ce massacre n’a pas seulement touché les loups : trois vautours fauves et deux corbeaux ont également été retrouvés morts à proximité, probablement suivis par d’autres animaux ayant succombé loin des regards. « Les vautours sont souvent les sentinelles d’un événement d’empoisonnement », souligne l’agent de terrain. Car le poison ne s’arrête pas aux premières victimes. En se répandant dans leurs carcasses, il contamine les charognards, imprègne les sols et pollue les sources d’eau, rendant ses effets durables et difficiles à contenir.
A lire aussi : Suède : « diviser le nombre de loups par deux »
Comme dans la plupart de ce type de cas, aucune enquête n’a abouti et les responsables restent à ce jour inconnus. Pourtant, ces crimes ne passent pas inaperçus pour ceux qui les traquent. « Si vous enquêtez, vous trouvez ces incidents », insiste Nicolò Borgianni. Depuis 2021, son organisation a recensé 85 carcasses d’animaux morts de cette manière. Mais le phénomène est difficile à quantifier, car de nombreux animaux empoisonnés meurent dans des endroits isolés où leurs corps ne sont jamais retrouvés, ou sont dévorés par d’autres animaux avant d’avoir pu être signalés.
Une loi plus souple, un risque accru
Jusqu’à présent, les loups étaient strictement protégés en Italie, mais depuis le 7 mars 2025, la législation européenne a été assouplie. Leur statut est passé de « strictement protégé » à « protégé », permettant aux États de procéder à des abattages en cas de menace pour les éleveurs. « Les groupes d’éleveurs peuvent se sentir plus libres d’agir contre les loups en raison du changement dans la loi de l’UE », alerte Angela Tavone, de Rewilding Apennines. Les associations redoutent que cette décision alimente une recrudescence des empoisonnements, déjà difficiles à contenir.
Et pour cause : dans certaines régions où la cohabitation est particulièrement difficile, des analyses de fèces ont révélé que le régime des loups pouvait contenir jusqu’à 70 % de bétail en hiver. Sans mesures de protection efficaces ni indemnisations adaptées, ces situations extrêmes aggravent les tensions et alimentent un sentiment d’abandon chez les éleveurs. Ces dernières années, en signe de protestation, des carcasses de loups ont été retrouvées pendues aux bords des routes ou déposées devant des bâtiments publics. Face à des attaques qu’ils jugent incontrôlables et un manque de solutions adaptées, certains considèrent les exécutions clandestines et les empoisonnements comme leur dernier recours.
Il est temps d’écouter la détresse des éleveurs, non pour excuser les massacres, mais pour y mettre fin.
70 % de bétail , c’est fou ! Comment croire qu’en augmentant les indemnisations on va calmer la colère des éleveurs ? Ils n’élèvent pas leurs animaux pour les jeter en pâture aux prédateurs . A force de ne pas êtres écoutés , quand descendre dans la rue ne suffit plus , les gens règlent leurs problèmes par eux même quitte à enfreindre les lois , c’est valable partout dans le monde et dans tout les domaines . Les dirigeants Européens feraient bien d’écouter le petit peuple .
Les pro loups affirment pourtant que tout se passe bien en Italie et en Espagne, où la cohabitation serait merveilleuse, qu’il n’y a qu’en France qu’il y a des problèmes à cause des éleveurs.
Il faut croire que l’agneau italien est meilleur. Si un enfant lors d’une promenade en forêt met les mains dans un sac noir et porte les doigts à la bouche vous imaginez le dégât irréparable pour la famille. Il faut raison gardée et si la population de loups est trop importante demandons aux louvetiers des tirs plus nombreux mais ne risquons pas de tuer des enfants.